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Les nouveaux chefs de file de France Industrie Grand Est veulent s’attaquer aux "problématiques locales"
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Les nouveaux chefs de file de France Industrie Grand Est veulent s’attaquer aux "problématiques locales"

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Pilotée depuis sa création en 2019 par Hervé Bauduin, la représentation régionale de France Industrie dans le Grand Est voit deux nouveaux dirigeants d’entreprise s’installer aux commandes, Arnaud Bernier et Sébastien Renault. Leur feuille de route tient en une phrase : agir de manière concrète.

Arnaud Bernier (à droite) et Sébastien Renault sont les nouveaux chefs de file de France Industrie dans le Grand Est — Photo : Jean-François Michel

L’équipe est restreinte, les moyens sont limités. Mais l’ambition est affichée : "Nous voulons agir de manière concrète, traiter les problématiques territoriales de l’industrie du Grand Est". Adoubés par l’ancien pilote de France Industrie Grand Est, Hervé Bauduin, ce sont deux dirigeants d’entreprises installées dans en Champagne-Ardenne qui ont accepté de reprendre les rênes de la représentation au niveau du Grand Est de France Industrie : Arnaud Bernier et Sébastien Renault. Le premier est le directeur général de la Fonte Ardennaise, fonderie basée dans les Ardennes employant 1 600 salariés pour un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros. Sébastien Bernier assure pour sa part la direction générale d’Albéa Tubes France, société basée à Sainte-Menehould, dans la Marne, fabricant d’emballages plastiques en tube employant 650 salariés, pour un chiffre d’affaires de 155 millions d’euros.

Le poids de 300 000 emplois dans le Grand Est

Les deux chefs de file seront soutenus dans leurs travaux liés à France Industrie par Marie Olivier, déléguée régionale chez Polyvia, le syndicat national des industriels de la plasturgie et des composites, ainsi que Sébastien Guenet, le délégué général de l’UIMM Champagne Ardenne. Sans renier le travail lancé par Hervé Bauduin, Arnaud Bernier et Sébastien Renault entendent "relancer" les travaux de France Industrie dans le Grand Est, rassemblant 26 fédérations sectorielles de l’industrie et les présidents de 45 grandes entreprises privées et publiques, pour un total de près de 300 000 emplois.

Une feuille de route autour de quatre axes

"Le lobbying au plus haut niveau de l’État est assuré par notre président national, Alexandre Saubot. Notre objectif, c’est de faire remonter des problématiques territoriales, des sujets qui touchent les entreprises locales", précise Arnaud Bernier. Ensemble, les deux chefs de file ont commencé à bâtir une feuille de route qui s’articule autour de quatre axes : influencer les politiques locales, accompagner les transformations des entreprises industrielles, valoriser les métiers de l’industrie et favoriser les coopérations entre le monde académique et les industriels.

Taxer deux fois sur le même sujet

Parmi les premiers sujets portés par les nouveaux chefs de file de France Industrie Grand Est, figure la pression fiscale. Si la région Grand Est a choisi de ne pas appliquer le mécanisme du versement mobilité, Arnaud Bernier et Sébastien Renault se disent vigilants à ce sujet, et pointent une autre taxe, la taxe transport. "Dans le secteur de la métallurgie, les textes au niveau de la branche prévoient déjà de défrayer les salariés pour les trajets domicile-travail. Avec la taxe transport, les entreprises paient deux fois", regrette Arnaud Bernier, en soulignant que seuls "3 % des salariés de la métallurgie prennent les transports en commun", du fait notamment des prises de poste très matinales.

Une voie unique, même sur les sujets complexes ?

Évoquant le MACF — pour mécanisme d’ajustement carbone aux frontières- les chefs de file de France Industrie Grand Est reconnaissent qu’il sera compliqué de parler d’une seule voie sur tous les sujets. Imaginé par le législateur européen pour lutter contre le dumping environnemental et imposant aux importations de produits fortement émetteurs de CO2 de s’acquitter d’un prix carbone équivalent à celui supporté par les industriels européens, ce mécanisme avantage les industries allant de la matière au produit fini sur le sol européen, quand les importations de produits semi-finis, tels que de la fonte ou de l’acier, en pénalisent d’autres. "Là aussi, c’est à nous de bien comprendre qui est avantagé et qui est pénalisé par ce mécanisme", précise Arnaud Bernier, qui souligne que le dispositif s’appuie sur un système administratif unanimement reconnu comme "trop complexe".

Grand Est # Industrie # Plasturgie # Métallurgie # Réseaux d'accompagnement # Collectivités territoriales