À Bouxwiller (Bas-Rhin), le projet est prêt. Le terrain est acquis, le permis de construire obtenu et les autorisations administratives validées. Pourtant, Diroy a choisi de repousser de quelques mois le lancement de son projet d'agrandissement industriel.
Estimé entre 7 et 8 millions d'euros, l'investissement doit permettre au fabricant de literie de doubler la surface de son site grâce à la construction d'environ 6 000 mètres carrés supplémentaires. "Nous allons le faire, mais nous avons préféré attendre un peu", résume Guillaume Joly, directeur général de Diroy.
Ce décalage ne traduit pas un ralentissement de l'activité. Bien au contraire. L'entreprise, qui emploie 55 salariés, affiche encore une croissance de 9 % fin mai. Son chiffre d'affaires atteint désormais 8 millions d'euros, contre 2,8 millions lors de la reprise de la société par Guillaume Joly en 2015. "Nos volumes de production ont augmenté et notre chiffre d'affaires est passé de 3 à 8 millions d'euros en dix ans", souligne le dirigeant.
Une entreprise qui pousse les murs
Fondée il y a près de 80 ans, Diroy s'est spécialisé dans la fabrication de literie moyen et haut de gamme. L'entreprise produit chaque année près de 30 000 matelas, 15 000 sommiers et transforme environ 800 tonnes de mousse.
Elle travaille aujourd'hui avec près de 1 000 clients, allant des magasins spécialisés aux hôteliers, en passant par les collectivités et les professionnels de l'aménagement.
Au fil des années, l'entreprise a également développé une activité de transformation de mousse pour d'autres secteurs industriels. Cette diversification lui permet de mieux absorber les fluctuations de marché tout en valorisant son savoir-faire.
"Nous avons encore de la place pour grandir, mais l'extension nous permettra de travailler de manière beaucoup plus fluide", explique Guillaume Joly.
L'objectif n'est pas seulement d'augmenter les capacités de production, mais aussi de gagner en efficacité logistique et en productivité. L'entreprise n'a d'ailleurs pas attendu son futur bâtiment pour moderniser son outil de production. Ces dernières années, plusieurs équipements ont été renouvelés afin d'automatiser certaines opérations de découpe, de manutention et de conditionnement. Ces investissements ont permis d'accompagner la montée en cadence du site, tout en limitant les tâches les plus pénibles pour les opérateurs.
Retrouver un peu de stabilité
Le report du chantier s'explique davantage par le contexte économique que par les performances de l'entreprise. Ces derniers mois, Diroy a subi deux hausses de prix successives d'environ 20 % sur certaines mousses utilisées dans ses produits, soit près de 40 % d'augmentation en quelques semaines. Les coûts du transport ont également progressé.
"Nous avons connu beaucoup de variations en très peu de temps. Aujourd'hui, nous avons surtout besoin de retrouver de la stabilité", observe le dirigeant.
Dans ce contexte, l'entreprise préfère temporiser avant d'engager un chantier de plusieurs millions d'euros. Une décision qui ne remet pas en cause sa stratégie de développement.