L’actualité bretonne a été jalonnée ces derniers mois par plusieurs annonces majeures dans le secteur de la Défense. En avril, au bord de la liquidation judiciaire, la Fonderie de Bretagne était reprise par le groupe landais Europlasma. Auparavant centrée sur l’automobile, l’entreprise morbihannaise de 266 salariés se lance dans la production de corps creux pour la fabrication d’obus de mortier.
Une usine Safran va voir le jour près de Rennes
Le 11 juillet, Safran (100 000 collaborateurs, 27,7 Md€ de CA en 2024) posait, près de Rennes, la première pierre de son futur site industriel de 23 000 m². Il produira des pièces pour avions militaires et civils et comprendra un atelier de réparation de pièces de moteur. D’ici 2032, le groupe prévoit de créer 500 emplois supplémentaires en Bretagne, alors qu’il en compte déjà 1 300 répartis sur cinq sites.
Quelques jours plus tôt, le groupe Lumibird (1 000 salariés, 207 M€ de CA en 2024), leader européen des technologies laser, annonçait avoir remporté un nouveau contrat auprès de la Marine danoise pour 57 télémètres laser Vidar, destinés aux systèmes de contrôle de tir naval des frégates. Le chiffre d’affaires de l’activité Défense/Spatial de l’ETI basée à Lannion a crû de 38 % au premier trimestre 2025.
Une antenne du cluster Eden en Bretagne
Enfin, le 12 septembre, le troisième colloque national de Souveraine Tech, dédié à l’innovation pour le secteur militaire, était organisé à Saint-Malo. Parmi les intervenants, figurait Nathalie Barat-Vandamme, présidente de l’antenne bretonne du cluster dédié au secteur, Eden, et dirigeante d’Obsam (24 salariés et 1,25 M€ de CA en 2024), spécialiste costarmoricain de la gestion de l’obsolescence industrielle, particulièrement actif dans le domaine de la Défense.
16 000 emplois en Bretagne
L’économie de la guerre profite de la montée en puissance des commandes publiques. Longtemps stabilisés autour de 30 milliards d’euros par an, les crédits alloués à la Défense au niveau national ont atteint 57 milliards en 2024. Le 9 août dernier, Sébastien Lecornu, ministre des armées, a communiqué sur la Défense en Bretagne, avec ses chiffres clés : "16 374 emplois dans les 246 PME et ETI sous-traitantes de l’industrie de défense, pour un total de 3,6 milliards d’euros de paiements directs du ministère des Armées aux entreprises en 2025". Mais aussi 30 306 personnels du ministère présents, qui génèrent avec leurs familles 22 299 emplois dans les services et commerces de proximité, 350,6 millions d’euros investis dans les infrastructures, et 976 PME et ETI fournisseurs directs du ministère sur le territoire.
Les locomotives Naval Group, Thales et Safran
Les trois locomotives du secteur en Bretagne — Naval Group, Thales et Safran — font déjà ruisseler sur les PME sous-traitantes une partie de leurs contrats, souvent discrètement. Ce ruissellement devrait s’intensifier en 2026 et dans les années suivantes. Exemple de cette montée en charge de l’économie de guerre, le Rafale, pour lequel 400 sociétés travaillent dont plusieurs PME bretonnes, a vu sa cadence de production augmenter d’un exemplaire par mois en 2020 à trois à la fin 2025. De quoi donner de l’appétit aux entreprises bretonnes présentes sur le marché de la Défense.