Vous êtes à la tête du cluster Eden Bretagne dont la mission est d’accompagner les PME et ETI régionales de la Défense dans leurs développements. Quel est le niveau d’activité des entreprises du secteur ?
C’est inédit et très hétérogène. Nous avons des entreprises qui se retrouvent avec énormément de travail mais d'autres pour lesquelles c'est plus difficiles notamment celles qui souhaiteraient pivoter sur plus d'activités liées à la défense alors qu'elles travaillent surtout pour l'automobile et l'aéronautique qui sont en recul.
Pour ceux qui sont dans la Base industrielle et technologique de défense (BITD), nous n’avons jamais eu autant de demandes de grands donneurs d’ordres. Pour certaines entreprises, nous pouvons même parler de suractivité. Les commandes pour La Défense sont au rendez-vous.
Plus précisément ?
L’armée a des besoins énormes. Les grands groupes ont eu des marchés. Les commandes sont au rendez-vous. Nous devrions avoir du travail pour 7 à 10 ans. Nous retrouvons un rythme très important. Si je prends l’exemple de mon entreprise, Obsam (24 salariés et 1,25 M€ de CA en 2024), spécialisée en gestion et de la veille de l’obsolescence, nous avons fait, en un trimestre et en bons de commande, environ 80 % d’une année entière. Nous visons les 3 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2025.
Quels liens entretenez-vous avec la Région Bretagne, la Direction Générale de l’Armement et les forces armées ?
Nous avons des liens très proches. La Région Bretagne a signé un partenariat avec la Défense pour soutenir les entreprises du secteur auprès des armées. Elle est aussi très active en matière de subventions à l’innovation dans la Défense. C’est un engagement important dont nous bénéficions en matière d’innovation ; ceci en lien avec Bpifrance.
Pour la DGA, elle est vraiment aux côtés des entreprises de la Défense. Il y a une vraie proximité entre nous et elle. Elle a une mission d’accompagnement dans nos phases de développement.
Pour l’armée, c’est aussi un lien très proche. Preuve en est, nous avons organisé le dernier temps fort d’Eden au sein des écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan). Cet événement rassemblait les donneurs d’ordres, les grands groupes et les PME du territoire. Nous avions 600 inscrits pour 250 places !
Quels sont les défis des entreprises bretonnes sur le marché de la Défense ?
Il y a un enjeu de formation. Nous avons une grosse activité mais nous avons besoin de main-d’œuvre. Nous devons former pour demain et après-demain, à tous les niveaux. C’est un message que je porte et qui est partagé par Loïg Chesnais-Girard, le président de la Région Bretagne.
Il y a un autre levier que nous allons pouvoir saisir et je veux faire passer un message d’espoir. Nous finissons de payer nos PGE (prêts garantis par l’Etat, NDLR). Pour la plupart d’entre nous, fin 2025, nous n’aurons plus cette charge qui nous aura coûté très cher. Les entreprises vont donc pouvoir de nouveau investir car elles vont retrouver de la capacité financière. Ceci dans une bonne conjoncture. J’ai bon espoir que nous allons pouvoir réinvestir et innover.