Après Lille et Nantes l’an passé, Hoplunch (CA : 2,6 millions d’euros ; 30 collaborateurs) veut désormais s’implanter en propre à Montpellier, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse afin d’y déployer son activité d’offre de repas traiteurs, via des frigos connectés, à destination notamment des entreprises. Freinée dans son développement en 2023, elle a dû se repenser en profondeur. Car à l’origine, la start-up strasbourgeoise était partie sur un tout autre modèle.
Un développement rapide et de fortes ambitions
Hoplunch est né d’une insatisfaction. Auditeur chez PWC à Luxembourg, Matthieu Diebold se rend chez ses clients et refuse de "passer deux heures au restaurant sur la pause de midi", mais souhaite bien manger et des menus diversifiés.
En 2017, il crée Hoplunch, une plateforme de commandes de repas en ligne sans frais de livraison et sans minimum de commandes. "Nous avons séduit grâce à une offre très différenciante avec des plats de chefs, des cartes modifiées et actualisées", affirme-t-il. Il livre rapidement les entreprises de l’Espace européen de Schiltigheim au nord de Strasbourg en collaboration avec cinq restaurants et traiteurs. La liste des restaurants partenaires s’étoffe en même temps que les zones d’activité desservies. La dynamique se poursuit après Covid jusqu’à couvrir les principaux pôles d’affaires de l’agglomération strasbourgeoise. Les implantations à Metz en 2022, à Lille et à Nantes en 2023 emboîtent le pas. Hoplunch, qui recrute ses livreurs en CDI, a des ambitions à en revendre.
L’an passé, Sébastien Chapalain, un ancien de chez Pizza Hut et Class’croûte, entrait ainsi au capital et rejoignait l’entreprise. Avec une feuille de route très claire : s’implanter dans 28 métropoles d’ici 2027.
La start-up tombe sur un os… et doit se repenser
Une levée de fonds de 3 millions d’euros dont la moitié en dilutif vient alors conforter la stratégie d’Hoplunch. Mais la start-up tombe sur une difficulté qui va lui imposer de revoir radicalement son développement. "Nous avons obtenu l’agrément pour les titres-restaurant pour nos plateformes de livraison de Strasbourg et Metz, mais pas pour Lille", déplore Matthieu Diebold. La start-up se retrouve en procédure avec la commission des titres-restaurant, elle espère une solution à la rentrée de septembre. "On avait entamé un référé qui n’a pas été tranché donc on en est resté là", précise Sébastien Chapalain.
Viser les deuxièmes périphéries de ville
L’entreprise a donc été contrainte de repenser profondément son modèle et sa stratégie. Pas de quoi lui couper l’appétit, la solution viendra de la réglementation sur la distribution automatique… dont dépendent les frigos connectés, approvisionnés en produits traiteurs, pour laquelle la start-up a décroché le fameux sésame.
Anticipant sa diversification, elle a rapidement planché sur son sujet jusqu’à proposer une solution au printemps. "Avec les frigos connectés, notre modèle nous permet de livrer dans un rayon de vingt kilomètres, nous démarchons les entreprises, l’industrie qui tourne en trois huit, les écoles, les universités et l’hôtellerie", souligne Matthieu Diebold. Hoplunch parie sur son savoir-faire de livraison, et l’expérience de son directeur général chez Class’croûte, pour viser les deuxièmes périphéries de ville, encore relativement épargnées par la concurrence des acteurs déjà présents sur le marché tels que Foodles.
Pour l’instant, Hoplunch a installé quatre frigos. Mais se dit confiant pour la suite. "L’objectif partagé avec les investisseurs est d’avoir une progression de trois à quatre villes par an d’ici 2028", signale Sébastien Chapalain.