Réunis le 6 janvier à Saint-Malo par l’association finistérienne d’organisations de producteurs Cerafel-Prince de Bretagne (350 M€ de CA en 2024, 2 000 producteurs adhérents), les acteurs de la filière légumière bretonne ont livré un message commun : le prix des légumes frais ne reflète plus leur coût réel. Dans une tribune, producteurs, expéditeurs, logisticiens, fabricants d’emballages et distributeurs alertent sur un modèle économique fragilisé. "En cinq ans, les charges se sont envolées à tous les niveaux : + 25 % sur les exploitations, + 30 % sur le matériel agricole, + 20 % sur la logistique... [...] Aujourd’hui, l’équation économique ne tient plus", résument les signataires. Les producteurs bretons de choux-fleurs avaient déjà fait parler d’eux avant les fêtes. Contrairement aux critiques récurrentes, les acteurs de la filière réfutent toute spéculation : "Les variations de prix observées ne relèvent pas de la spéculation, mais de la saisonnalité, de la météo et des volumes disponibles". Le secteur plaide ainsi pour un rééquilibrage assumé. "Ce que nous demandons aujourd’hui, ce n’est pas un prix élevé, mais un prix juste, afin de préserver emplois, investissements et souveraineté alimentaire." La filière appelle consommateurs et distributeurs à devenir des "consomacteurs" responsables, garants de la pérennité du modèle agricole français.