Eurosubstrat Callac a sollicité l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du Tribunal des activités économiques de Saint-Brieuc. Le producteur de substrats incubés destinés à la culture de champignons exotiques (pleurotes, shiitakés) indique avoir subi deux "chocs" industriels préjudiciables à sa situation financière.
La PME a subi la défaillance de ses chaudières
"L’année 2025 a été marquée par la défaillance successive de deux équipements critiques et majeurs pour la production : les chaudières historiques assurant la pasteurisation du substrat, étape centrale du processus de fabrication, explique Marie-Laure Jarry, qui est à la tête de l’entreprise costarmoricaine depuis sa reprise, en 2023, par le fonds Breizh Rebond. Ces pannes successives, fin mai puis en août, ont "profondément désorganisé la production, générant des ruptures d’approvisionnement, des difficultés de qualité et des pertes d’exploitation significatives. Malgré la mise en place de solutions temporaires, les limites d’un outil industriel extrêmement vieillissant, insuffisamment modernisé au cours de la dernière décennie, ont amplifié ces difficultés", précise-t-elle.
Un marché jugé porteur
L’objectif pour l’entreprise implantée depuis 30 ans à Callac (Côtes-d’Armor) est de poursuivre son activité tout en restructurant sa situation financière. Car la PME (30 salariés et 5,5 M€ de CA en 2024) s’appuie sur un marché qu’elle juge porteur. "Sur un marché porté par l’évolution des habitudes alimentaires, le développement du végétal et la recherche de produits à forte valeur nutritionnelle, la demande va connaître une croissance soutenue de 8,5 % par an d’ici à 2029 dépassant aujourd’hui les capacités de production européennes", soutient l’entreprise.
Des efforts de près de 2 millions d’euros
Reprise fin 2023 par Breizh Rebond, fonds d’investissement régional dédié à l’accompagnement des entreprises bretonnes en phase de transition ou de consolidation, Eurosubstrat Callac avait engagé une dynamique de relance industrielle et commerciale, soutenue par près de 2 millions d’euros d’investissements. Et symbolisée par un appel d’offres pour rationaliser le transport de ses produits au niveau européen (l’export représente 50 % de l’activité de l’entreprise). Des efforts couronnés par une "progression de notre chiffre d’affaires de 15 %, souligne la dirigeante. Ces premiers résultats étaient encourageants, confirmant la solidité de ses fondamentaux."