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Présentant des volumes en baisse en 2024, Cerafel se tourne vers de nouveaux produits tendance
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Présentant des volumes en baisse en 2024, Cerafel se tourne vers de nouveaux produits tendance

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Le Cerafel, plus important groupement de producteurs de fruits et légumes français, vient de présenter ses chiffres 2024. Dans un contexte de baisse des surfaces exploitées et d’évolution des consommations, l’association finistérienne doit innover vers de nouveaux produits pour sécuriser son avenir.

Marc Kerangueven, président et Maïwenn Le Pierres, directrice générale de Cerafel — Photo : Cerafel

Basée à Saint-Martin-des-Champs, près de Morlaix (Finistère), l’association d’organisations de producteurs de fruits et légumes Cerafel a connu une année 2024 contrastée. Sur l’activité de production de fruits et légumes, le chiffre d’affaires global progresse par rapport à 2023, passant de 349 à 350 millions d’euros mais les volumes diminuent (330 000 tonnes en 2024 contre 355 000 en 2023). "Environ 40 % de cette production globale de légumes est exportée", précise Marc Kerangueven, président du Cerafel et de sa marque phare Prince de Bretagne. Les légumes bio reculent en tonnage mais progresse de 8 % en valeur avec 32 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 9 % de la production légumière totale. Les plants de pommes de terre, eux, "en constante évolution depuis 20 ans", ont connu une campagne à + 16 % l’an dernier avec 210 000 tonnes produites, dont 60 % sont exportés, essentiellement au Maghreb.

Des départs en retraite qui impactent la production

Au-delà des chiffres, le Cerafel est aujourd’hui un acteur économique au cœur de plusieurs évolutions structurelles et sociétales. L’une des plus signifiante est la diminution du nombre d’agriculteurs qui, en partant à la retraite, ne sont pas compensés par les installations, même si l’une des priorités du groupement est d’accompagner l’installation de nouveaux producteurs. Ainsi, les surfaces de terre cultivées ont diminué : - 15 % sur l’ensemble de la production légumière en pleins champs sur les sept dernières années (20 352 hectares en 2024).

S’adapter aux tendances de consommation

Les ventes de certains légumes progressent, comme celles de la pomme de terre, du brocoli, de la courge ou la salade conditionnée en sachet. D’autres, comme le chou-fleur (- 21 % de surface dans le même temps) et plus encore l’artichaut (- 49 %) diminuent fortement. La faute à des problématiques de main-d’œuvre dans les champs ou à des tendances de consommation qui évoluent. Pour mieux valoriser certains calibres, un atelier de surgélation de fonds d’artichauts a été créé l’an dernier. "Les jeunes générations consomment beaucoup moins d’artichauts, c’est un fait, note Maïwenn Le Pierrès directrice générale de Cerafel. Notre organisation en AOP nous permet de compenser en développant des fruits et légumes qui ont davantage le vent en poupe." La marque commercialise ainsi depuis peu une barquette de tomates-cerises de 200 g, un produit très tendance, et vient de lancer la première vanille de Bretagne. Et ces dernières années, le groupement s’est lancé dans la production de myrtilles après un travail de recherche pour trouver les variétés les mieux adaptées à la Bretagne Nord. "Nous prévoyons une production de 20 tonnes en 2025 et 120 à 130 tonnes en 2028. C’est un nouveau métier", précise le président.

Enfin, le climat, dont le réchauffement se fait clairement ressentir, oblige aussi le Cerafel à préparer l’avenir. "Le cycle des cultures s’accélère, c’est très net, confie Marc Kerangueven. Mais nous sommes confiants car malgré ces évolutions, nous avons le bon climat et un terroir très favorable pour innover et réussir demain."

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