Les producteurs de légumes bretons travaillent à la diversification de leurs cultures. Là où la production historique bretonne a été dominée par le chou-fleur, l’artichaut et la pomme de terre, la gamme s’est étoffée au fil des années.
Regroupant cinq organisations de producteurs de légumes bretons (Sica, les Maraîchers d’Armor, Terre de Saint-Malo, La Bretonne et Plants de Bretagne), l’association Cerafel continue d’œuvrer en faveur de la diversification de l’offre des agriculteurs, qui comprend désormais une gamme de 145 fruits, légumes et plants.
Des endives et des fruits rouges
Cela s’est par exemple matérialisé à la fin de l’année 2023, par la création par la Sica d’une nouvelle endiverie à Kerlouan (Finistère). L’investissement de 4 millions d’euros vise à développer la production d’endives pour répondre à une demande croissante des consommateurs.
L’année 2023 a également été marquée par les premières récoltes de fruits rouges, comme la framboise et la myrtille. La majorité de ces fruits sont aujourd’hui importés. Les premières récoltes sont encore modestes, avec des volumes compris entre une et deux tonnes. "Nous sommes encore en tests, qui ont commencé en 2022", précise Marc Keranguéven, président de Cerafel depuis 2018. "Nous allons continuer à développer cette production avec un potentiel de 20 tonnes en 2024." La culture de fruits rouges demande cependant beaucoup de main-d’œuvre, l’une des difficultés que rencontrent les 1 300 exploitations représentées au Cerafel, dont le manque s’établit actuellement à 2 000 salariés.
Baisse des productions historiques
La stratégie de diversification portée par les producteurs de fruits et légumes bretons est liée à la baisse de la production des légumes historiques, comme le chou-fleur ou encore l’artichaut. La baisse de la production est provoquée par la diminution des surfaces sur certains légumes (chou-fleur, pommes de terre et haricots) et de rendements sur d’autres (chou-fleur, tomate, échalote).
En cause : une baisse de la demande des consommateurs pour certains légumes, comme pour l’artichaut, des problèmes de rentabilité et de production (manque de main d’œuvre, pénibilité du travail).
La production des agriculteurs réunis au sein de Cerafel a ainsi diminué légèrement l’an passé, pour s’établir à 609 000 tonnes. La baisse de la production est notamment liée à la tempête Ciaran de début novembre 2023, qui a entraîné des pertes estimées à 15 % dans le domaine du chou-fleur et occasionné des dégâts sur les lieux de culture. "50 % des abris de culture ont été détruits et les pertes au champ se sont élevées à entre 15 et 17 %", regrette Marc Keranguéven.
Chiffre d’affaires en hausse de 10 %
En matière de chiffre d’affaires, l’association d’organisations de producteurs finistérienne, qui commercialise notamment ses légumes sous la marque Prince de Bretagne et œuvre sur la Bretagne nord, annonce un exercice 2023 en hausse de 10,3 %, à 458 millions d’euros. L’association compte 23 salariés et est basée à Saint-Martin-des Champs dans le Finistère.
Un cadran et des contrats plus longs
Pour répondre encore mieux aux demandes de ses clients, principalement des négociants et des grossistes, Cerafel développe également de nouveaux systèmes de contrats, à l’année, au mois ou même à la semaine, parallèlement à son système historique de ventes au cadran (système d’enchères dégressives, en présentiel ou en ligne depuis 2019), qui représente encore entre 60 et 65 % des ventes. "Ces contrats répondent aux besoins des producteurs en leur garantissant des débouchés, et à ceux des clients, en leur garantissant des volumes", explique le président, qui est également celui de la Sica.