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Après une année 2025 stable, la Sica de Saint-Pol-de-Léon demande à retrouver de la compétitivité
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Après une année 2025 stable, la Sica de Saint-Pol-de-Léon demande à retrouver de la compétitivité

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La Sica de Saint-Pol-de-Léon a réussi à stabiliser son activité en 2025, malgré un contexte agricole et économique sous tension. La coopérative légumière finistérienne espère un retour à plus de compétitivité en 2026 et pour cela, elle mise sur l’innovation et une nouvelle stratégie d’accompagnement des producteurs.

Olivier Sinquin, directeur SICA Saint-Pol-de-Léon, Marc Kerangueven, président de la SICA de Saint-Pol-de-Léon, et Thomas Quillévéré, secrétaire général — Photo : Sica

Dans un environnement agricole particulièrement chahuté l’an passé, la Sica de Saint-Pol-de-Léon a réussi à maintenir son niveau d’activité. Après une année 2024 où elle avait vu son chiffre d’affaires augmenter de 2 %, la coopérative finistérienne a enregistré un chiffre d’affaires stable à 230 millions d’euros en 2025. Si l’année précédente elle avait été portée par l’activité légumière (qui avait crû de + 5 %), elle a pu cette fois-ci maintenir son niveau grâce à l’horticulture. La Sica a en effet réalisé 188 millions d’euros de chiffre d’affaires avec ses légumes (soit -1 %) et 42 millions d’euros en l’horticulture (soit + 3 %). Au total, 177 800 tonnes de légumes ont été commercialisées grâce aux 686 producteurs et 485 exploitations adhérentes, représentant plus de 3 000 emplois sur le territoire breton.

Des résultats contrastés selon les filières

Toutefois, cette stabilité masque des situations contrastées selon les filières. La tomate tire nettement son épingle du jeu, avec une progression de 14 % du chiffre d’affaires et les produits biologiques maintiennent leurs positions grâce aux circuits spécialisés. À l’inverse, le chou-fleur recule de 31 %, pénalisé par des prix jugés insuffisants pour couvrir la hausse des charges. La pomme de terre primeur chute également de 41 %, victime d’une surproduction européenne, et l’artichaut perd 14 %, encore boudé par les consommateurs.

"La France recule parce qu’elle ne joue plus avec les mêmes règles que ses voisins".

Face à ces résultats en demi-teinte, le président de la Sica, Marc Kerangueven, alerte les pouvoirs publics sur le contexte agricole français. "Nous ne demandons pas des aides, nous ne souhaitons pas vivre sous perfusion : nous voulons de la compétitivité, appelle-t-il. La France recule parce qu’elle ne joue plus avec les mêmes règles que ses voisins". Lors de l’assemblée générale de la coopérative, qui s’est tenue le 13 mars, il a pointé notamment "l’accumulation des normes, les distorsions de concurrence européennes, et l’absence d’un cap politique clair sur la souveraineté alimentaire."

Accompagner les exploitations et innover pour résister

Pour 2026, la Sica entend renforcer son accompagnement aux exploitations du territoire, afin de sécuriser leur activité durablement. Pour cela, elle a dévoilé un plan stratégique. La coopérative prévoit notamment de faciliter l’installation et la transmission des fermes, d’apporter un soutien administratif accru (montage de dossier de financement, renfort de personnel administratif sur les exploitations) et de développer des solutions pour le recrutement de main-d’œuvre saisonnière. La Sica investit également dans le logement pour les travailleurs agricoles, avec un objectif de 144 lits disponibles d’ici à 2027 (elle en propose déjà 82 aujourd’hui). Enfin, la coopérative incite ses adhérents à innover et à diversifier leurs cultures pour se développer. Elle accompagne ainsi les producteurs dans le passage à plus de robotique et à l’IA par exemple, notamment pour les prévisions de récolte.

Finistère # Agroalimentaire # Agriculture # Conjoncture # Stratégie # PME