À l’occasion de son assemblée générale organisée le 30 avril 2026, le Club ETI Bretagne a mis le sujet du mécénat au cœur de ses débats. Selon le dernier rapport d’Admical, l’expert du mécénat d’entreprise en France, les ETI bretonnes tiennent un rôle particulièrement important en contribuant à elles seules à 45 % du volume global des dons déclarés (contre 27,6 % à l’échelle nationale). Elles prennent ainsi le pas sur les grandes entreprises, peu nombreuses et moins contributrices. "Avec 50 millions d’euros versés en mécénat (sur un total de 112 millions d’euros en Bretagne), nos ETI s’affirment comme les grandes mécènes de proximité. Elles contribuent ainsi à la vitalité et au dynamisme de notre territoire", se réjouit Caroline Hilliet Le Branchu, présidente du Club ETI Bretagne et PDG de La Belle-Iloise, elle-même mécène.
40 nouvelles ETI mécènes en deux ans
Entre 2021 et 2023, 40 nouvelles ETI bretonnes sont devenues mécènes, apportant un volume de dons non négligeable (6,8 millions d’euros). Les réalités de l’engagement sont nombreuses. Comme le soutien apporté depuis 20 ans par le groupe finistérien Quéguiner (1 165 salariés, 311 M€ de CA) au Festival des Vieilles Charrues à Carhaix. Depuis trois générations, le groupe s’attache à faire vivre la culture bretonne au travers d’un mécénat fidèle à ce festival, qui a su évoluer au fil du temps pour rayonner au-delà du territoire, tout en étant un rendez-vous attendu des Bretons. "Ce festival a une signification toute particulière pour moi. Depuis 19 ans, j’y suis bénévole et, pour l’anecdote, j’y ai même été salarié en 2011", sourit Clément Quéguiner, PDG de l’entreprise de Landivisiau.
"Imprégnation plus forte au territoire"
Pour le groupe agroalimentaire costarmoricain Le Graët (800 salariés, 250 M€ de CA), l’engagement philanthropique s’illustre derrière une fondation hébergée par la Fondation de France depuis deux ans. L’entreprise donne jusqu’à 100 000 euros annuels pour des associations qui œuvrent à l’insertion professionnelle des personnes éloignées de l’emploi. "Nous avons eu la chance, mes sœurs et moi, de recevoir gratuitement 99 % des actions de l’entreprise familiale de notre père. Tout le monde n’a pas notre chance. En nous engageant derrière cette fondation, ça permet d’avoir une imprégnation et un lien plus fort au territoire", rend compte Valérie Le Graët, directrice générale de l’ETI.
Le groupe immobilier rennais Legendre (2 500 salariés, 1 Md€ de CA), encore, combine son expertise de la construction immobilière avec ses valeurs de responsabilité et de solidarité. Il participe ainsi à Rennes à la construction de la première Maison Lazare, visant à créer des appartements partagés entre personnes sans domicile et jeunes actifs, grâce à un mécénat de compétences des équipes de Legendre Construction.
Faire du mécénat "l’une des solutions du prochain quinquennat"
Présent aux débats par l’intermédiaire de Philippe d’Ornano, co-président du METI, président de l’ETI Sisley, et Alexandre Montay, son délégué général, le METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire) a lancé un appel à faire du mécénat "l’une des solutions du prochain quinquennat" pour encourager l’engagement et les solutions locales. "Il faut permettre aux entreprises qui le peuvent d’aller jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires alors que la limite de dons est aujourd’hui plafonnée à 0,5 %", plaide notamment Alexandre Montay. La sanctuarisation du dispositif Aillagon (loi de 2003 qui favorise le mécénat des entreprises par un allègement de la fiscalité, NDLR) figure également parmi les attendus de l’organisation professionnelle.