L’éolien en mer en Bretagne a le vent en poupe. Après le parc offshore de Saint-Brieuc, en exploitation depuis 2024, deux autres projets vont voir le jour au large des contrées bretonnes. Le premier, d’un coût estimé à 3 milliards d’euros et comparé à un "porte-avions bis" dans sa dimension par le président de la Région Bretagne Loïg Chesnais-Girard, verra le jour au large de Roscoff et de l’île de Batz, en Finistère nord. Le second, en Morbihan, porte sur l’extension du parc dit de Belle-île. 25 à 30 éoliennes devraient s’ajouter au projet initial de 19 km² - et ses 13 éoliennes — qui doit entrer en service en 2031, à l’ouest de l’île.
Deux projets, au nord et au sud, et un appel d’offres à venir
"Un prochain appel d’offres (incluant les deux projets) sera publié dans les semaines à venir", a fait savoir Franck Robine, préfet de la région Bretagne à l’issue de la Conférence Régionale de la Mer et du Littoral, le 28 avril, à Rennes. Ils s’inscrivent dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui place l’éolien en mer comme une composante clé du mix énergétique français (un appel d’offres de 10 GW sur toutes les façades maritimes françaises est à l’œuvre).
1,2 GW de production d’électricité attendue en Finistère nord
Si les deux projets éoliens en mer bretons, au nord et au sud, sont projetés pour une mise en service en 2035, c’est celui du Finistère nord qui focalise les attentions, de par sa taille. Le parc, en exploitation sur une zone de 235 km², sera en capacité de produire 1,2 gigawatt d’électricité, soit le triple de la puissance installée sur le parc de Saint-Brieuc. "Ce parc de Bretagne nord ouest va permettre de produire l’électricité correspondant à 20 % de la consommation annuelle actuelle de l’énergie en Bretagne, pour les ménages et les entreprises", informe le préfet. 67 éoliennes de 300 mètres de haut seront érigées. Elles se situeront à 18 kilomètres de l’île de Batz. Une partie de ces monstres d’acier sera implantée sur des structures flottantes.
Plusieurs aménagements du projet ont cependant eu lieu dans le cadre de la concertation menée avec les parties prenantes du projet (collectivités, organisations de pêcheurs, associations environnementales…) : "la zone d’implantation a été réduite, et la puissance installée ramenée à 1,2 GW au lieu de 2 GW initialement", détaille Franck Robine.
Développement d’une filière des EMR
Les deux futurs projets éoliens bretons doivent aussi faire rayonner l’économie bleue en Bretagne, ces activités économiques tournées vers la mer. Selon une étude du cabinet EY commandée par la Région Bretagne, entre 7 500 et 11 000 emplois (directs et indirects) pourraient être créés en Bretagne d’ici à 2050 grâce à la construction des nouveaux parcs éoliens et de projets futurs qui pourraient émerger au Royaume-Uni et qui seraient portés pour partie depuis la Bretagne. "Le sujet porte sur le développement d’une filière en Bretagne liée aux énergies marines renouvelables capables de remplacer le pétrole", insiste Loïg Chesnais-Girard. À proprement parler, pour les deux parcs éoliens bretons à venir, il s’agit de métiers consacrés à la conception, au montage, à l’installation ou à l’entretien des mâts. Les éoliennes montées sur des structures flottantes, en Finistère nord, demanderaient notamment une ingénierie toute particulière et plus de besoin en main-d’œuvre.
Des investissements dans les ports bretons
Les ports bretons vont aussi profiter de ces grands ouvrages offshore. Des investissements à plusieurs dizaines de millions d’euros ont été effectués ou sont en cours sur les ports industriels de Brest et Lorient.
Des ports de plus petite taille, en capacité d’accueillir des activités de maintenance des parcs par exemple, pourraient eux aussi bénéficier de "l’effet EMR" (énergies marines renouvelables). "Nous avons entendu les demandés de Haut Léon Communauté (Saint-Pol de Léon) et de Morlaix Communauté pour que leurs ports de plaisance et de pêche puissent intégrer des activités économiques liées au parc. La Région sera attentive, au moment du choix des industriels, à la prise en compte des écosystèmes locaux", indique le président de la Région Bretagne.
À noter enfin que plusieurs collectivités bretonnes bénéficieront pour partie, aux côtés de l’État, de ressources fiscales liées à la taxe éolien en mer. Une manne à 3 milliards d’euros est déjà évoquée.