Prince de Bretagne et Engie s’associent pour décarboner les cultures sous serre
# Agriculture # Transition énergétique

Prince de Bretagne et Engie s’associent pour décarboner les cultures sous serre

S'abonner

Prince de Bretagne, acteur emblématique du maraîchage breton, et l’énergéticien Engie annoncent un partenariat pour créer une filière locale de valorisation du CO2 biogénique issu de la méthanisation agricole. Objectif : décarboner les cultures sous serre, sécuriser l’approvisionnement et stabiliser les coûts des producteurs locaux.

Une serre sous marque Prince de Bretagne. Une dizaine de coopérateurs serristes vont bénéficier du CO2 « bio » selon le contrat scellé — Photo : Prince de Bretagne

Le pacte a été scellé au Salon International de l’Agriculture à Paris, le 24 février. Le groupement de producteurs de fruits et légumes finistérien Cerafel (1 300 exploitations pour 2 000 agriculteurs installés, 350 M€ de CA en 2024) et Engie (98 000 collaborateurs), acteur majeur de la transition énergétique, s’associent pour créer une filière locale de valorisation du CO2 biogénique, un coproduit de la méthanisation provenant de la décomposition de matières organiques.
Dès 2026, deux unités de méthanisation opérées par Engie, à Pontivy (Morbihan) et Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), fourniront du CO2 "bio" aux producteurs sous serre de Prince de Bretagne. Ce CO2 s’inscrit dans le cycle naturel du carbone. Injecté dans l’air ambiant des serres chauffées, il stimule la photosynthèse et se substitue au CO2 fossile.
Le partenariat repose sur un contrat de longue durée. Il garantit l’apport annuel de plusieurs milliers de tonnes à une dizaine de coopérateurs serristes. Le gaz, liquéfié, affiche une pureté supérieure à 99 %, conforme aux standards requis pour un usage agricole.

Sécuriser l’approvisionnement et réduire l’empreinte carbone

Pour les maraîchers, l’enjeu est à la fois économique et environnemental. "Le CO2 (fossile) est confronté à la rareté et à l’instabilité de son prix. Avec ce partenariat, le Cerafel permet de développer au sein de la coopérative l’utilisation du bio CO2 issu de la méthanisation pour enrichir l’atmosphère des serres", souligne Marc Kerangueven, président du Cerafel. En plus de sécuriser l’apport et de stabiliser les coûts d’approvisionnement sur plusieurs années, ce partenariat permettra aussi de réduire l’empreinte carbone des maraîchers. "Ce projet illustre notre capacité à proposer des solutions concrètes pour la transition énergétique des filières agricoles. En valorisant le CO2 issu de la méthanisation, nous apportons une réponse durable aux besoins locaux des maraîchers, renforçons l’économie circulaire sur le territoire et améliorons la performance de nos unités", rend compte Pierre Chambon, directeur général d’Engie Gaz Renouvelables.

Une organisation dédiée au transport et à la logistique

Pour piloter le dispositif, les maraîchers et le Cerafel créent une entité spécifique : la SAS Cerafel Dynamic Avenir. Cette société porte les contrats de production et de transport, centralise la logistique (planning des livraisons, installation des cuves, télémétrie, sécurité) et répartit les coûts entre exploitations.
Le modèle repose sur une gouvernance partagée et un ancrage territorial revendiqué comme "100 % régional". Les deux partenaires prévoient "une montée en puissance", derrière cette technologie, dans les deux ans à venir.

Finistère Bretagne # Agriculture # Production et distribution d'énergie # Renouvelable # Transition énergétique