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Terrena signe le pacte Filières "Ici, on cuisine !" avec la Région Pays de la Loire
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Terrena signe le pacte Filières "Ici, on cuisine !" avec la Région Pays de la Loire

À Ancenis, la Région Pays de la Loire et Terrena ont signé le pacte Filières "Ici, on cuisine !", destiné à renforcer l’approvisionnement local des lycées publics. Cette visite sur le site Galliance a aussi permis au président de la coopérative, Olivier Chaillou, d’évoquer le projet de rapprochement avec Agrial, soutenu selon lui par 80 % des adhérents, tandis que la Région a remis en avant son "accélérateur agricole" pour débloquer certains projets du secteur.

Olivier Chaillou, président de Terrena, et Christelle Morançais, présidente de la Région Pays de la Loire, signe le Pacte "Ici, on cuisine" le 28 mai 2026 — Photo : David Pouilloux

Après quelques minutes passées dans l’abattoir de Galliance, à Ancenis, on voit un peu mieux ce qui arrive à un poulet Label Rouge ou Bio, avant qu’il n’arrive dans notre assiette. Dans cette usine d’une filiale de Terrena, près de 460 salariés, dont une centaine d’intérimaires, plument et découpent des milliers de poulets chaque jour. Une bonne partie d’entre eux finira dans les assiettes des lycéens des Pays de la Loire.

La coopérative agricole Terrena a en effet signé, ce 28 mai à Ancenis, le pacte Filières "Ici, on cuisine !" avec la Région Pays de la Loire. La signature s’est déroulée sur le site de l’abattoir Galliance, construit en 2023, en présence notamment de la présidente de Région Christelle Morançais, du président de Terrena Olivier Chaillou et de Lydie Bernard, vice-présidente de la Région en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Un lieu symbolique de l’action régionale auprès des entreprises du secteur, puisque la région a subventionné une partie de l’investissement de 43 millions d’euros qui a permis la construction de cette usine modèle.

Qualité, traçabilité, proximité

Abattoirs de Galliance, de Terrena, à Ancenis. Plus de 360 tonnes de poulet y sont traitées par an. 460 salariés y travaillent — Photo : David Pouilloux

À travers ce pacte Filières, la Région s’engage à accompagner la structuration des filières, promouvoir les produits régionaux dans les menus des lycées publics, former les équipes de restauration avec la Chambre d’agriculture et organiser des rencontres régulières entre producteurs et chefs de restauration scolaire. Les partenaires signataires doivent, de leur côté, garantir la qualité et la traçabilité des produits, développer des offres adaptées aux établissements et proposer des actions pédagogiques autour de l’alimentation et de l’agriculture.

"Nous voulons relier nos producteurs et les lycées publics, du champ à l’assiette. C’est un choix de société fondé sur trois enjeux régionaux : la santé, l’économie et la souveraineté alimentaire", souligne Lydie Bernard. "Chaque année, rappelle Christelle Morançais, la Région sert 9 millions de repas à 57 000 lycéens dans les 116 lycées publics des Pays de la Loire."

Avec Terrena, la collectivité s’appuie désormais sur un poids lourd agroalimentaire régional. Basée à Ancenis, "notre coopérative regroupe 17 000 exploitations agricoles, emploie 13 000 salariés, réalise 5,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont 89 % en France et couvre 12 filières alimentaires et 20 marques principales, comme La Nouvelle Agriculture, Père Dodu, Douce France, Gastronome et Tipiak", liste Olivier Chaillou, président du groupe Terrena, très fortement implanté dans l’ouest de la France.

Fusion Terrena et Agrial au menu

De gauche à droite : Éric Forin, Directeur général de Terrena, Olivier Chaillou, Président de Terrena, Bernard Guillard, Président d’Agrial et Julien Heillaut, Directeur général d’Agrial. Lors de l’annonce du rapprochement des deux coopératives agricoles en septembre 2025 — Photo : DR

Cette signature intervient dans un contexte stratégique important pour Terrena, qui prépare son rapprochement avec la coopérative basée en Normandie Agrial. "Les adhérents des deux groupes devront se prononcer le 16 décembre 2026 sur ce projet d’union lors de l’Assemblée générale", précise Olivier Chaillou. Interrogé sur l’adhésion des sociétaires, le président de Terrena estime qu’environ 80 % des adhérents sont aujourd’hui favorables au rapprochement.

Il reconnaît néanmoins l’existence de certaines interrogations : "Oui, il y a parfois le poids de l’histoire. Certains adhérents se rappellent de fusions passées qui ne se sont pas toujours déroulées dans les meilleures conditions. Il y a aussi une inquiétude sur la proximité : certains craignent qu’en grandissant, on perde ce lien de terrain. Mais pour moi, c’est tout le contraire."

"L’objectif est de densifier notre présence. Ce n’est pas une course à la taille, mais à la cohérence et à la complémentarité. " Olivier Chaillou estime également que les deux groupes, sur le simple sujet des investissements, pourraient faire des économies. "Cela permettrait d’investir ailleurs ou d’apporter un plus à nos adhérents", assure-t-il. Eric Forin, le directeur général, insiste : "ce projet de fusion apportera de la fiabilité et de la robustesse à l’ensemble pour les 15 à 20 ans à venir."

Une consultation digitale

Olivier Chaillou, président de Terrena, indique que 4 000 adhérents ont donné leur avis dans le cadre du rapprochement Terrena-Agrial — Photo : David Pouilloux

Selon le président, les adhérents encore réservés s’interrogent justement sur les conséquences concrètes du projet : "Dans les 20 % qui restent plus réservés, beaucoup se demandent surtout : « Concrètement, demain, qu’est-ce que ça change pour moi ? » À nous de démontrer, et très vite, que ce projet est fait pour les adhérents, qu’il apporte des retombées positives pour eux, mais aussi pour les salariés de Terrena, parce que leur adhésion est essentielle à la performance du groupe."

250 élus des deux coopératives réunis

Le dirigeant souligne par ailleurs le travail de concertation engagé depuis plusieurs mois entre les deux coopératives. "Entre septembre 2025 et aujourd’hui, nous avons réuni environ 250 élus des deux coopératives. Dès le départ, on savait que ce projet ne pouvait pas se construire seulement entre deux présidents et deux directeurs généraux. Il faut embarquer les élus, les adhérents et les salariés. Dès le premier jour, tout le monde doit être dans le projet. " Terrena et Agrial ont aussi organisé une consultation numérique auprès de leurs sociétaires. " Au total, 4 000 adhérents ont participé, moitié chez Agrial, moitié chez Terrena. On aura vraiment tout fait pour que le maximum d’adhérents et de salariés puissent adhérer au projet", assure Olivier Chaillou.

Un accélérateur agricole régional

Visite des abattoirs de Galliance, du groupe Terrena, en mai 2026, dans le cadre du pacte signé avec la région : "Ici, On cuisine". Au premier plan, à gauche, Lydie Bernard, vice-présidente de la région en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire — Photo : David Pouilloux

La visite de Galliance a également été l’occasion pour Lydie Bernard de remettre en avant l'" accélérateur agricole " régional, un dispositif destiné à débloquer certains projets confrontés à des lenteurs administratives ou réglementaires. Ce dispositif a été annoncé en février au salon de l’Agriculture par Christelle Morançais. "Aujourd’hui, des projets bloqués ne peuvent pas sortir de terre pour différentes raisons, il faut qu’on les identifie et qu’on vienne vers nous. Cela peut être la construction de bâtiments ou de réservoirs d’eau, illustre Lydie Bernard. Comme les autres acteurs de la filière, Terrena doit nous dire où ça bloque sur tel ou tel projet. Après, on verra comment on peut agir, toujours dans le dialogue et dans le respect", a expliqué l’élue régionale.

Pour la vice-présidente, l’enjeu est aussi politique : "Les services m’accompagnent, bien sûr, mais c’est aussi à moi de prendre mon bâton de pèlerin, d’écouter et de convaincre."

La présidente Christelle Morançais a d’ailleurs insisté sur ce point : "En Allemagne, il faut trois à six mois pour construire un bâtiment agricole, en France, c’est trois ans. Certains entrepreneurs jettent l’éponge parce qu’ils en ont assez d’attendre et parce qu’ils doivent supporter le coût d’études supplémentaires. Nous devons réduire les normes administratives qui bloquent les projets de nos entreprises et nous empêchent d’être compétitifs, y compris d’ailleurs à l’échelle européenne."

À travers ce type de dispositif de déblocage, salué par le président de Terrena, la Région entend accélérer l’aboutissement de projets agricoles ou agroalimentaires jugés stratégiques pour le maintien des capacités de production régionale et pour la souveraineté alimentaire. "Par exemple, 50 % des fruits et légumes et 50 % des poulets consommés en France sont importés, précise Lydie Bernard. Il y a un grand potentiel de marchés à conquérir ou à reconquérir pour nos agriculteurs."

Pays de la Loire # Agriculture # Agroalimentaire # Écosystème et Territoire