Des étudiants de l’Estaca à Laval ont formé un groupe de travail sur l’hydrogène. Les futurs ingénieurs en mobilités travaillent depuis septembre 2025 au rétrofit de bolide de course à l’hydrogène ; le rétrofit représentant un budget beaucoup plus modeste que de créer un moteur neuf dans l’optique de décarboner l’automobile. Ce projet, baptisé Hyce, rassemble près d’une trentaine d’étudiants répartis par pôles : moteur (simulation, adaptation…), énergie (implantation et circuit d’alimentation, stockage de liquide…), mais aussi communication et recherche de sponsoring.
Sous le regard des experts avant Le Mans 2027
En juin 2026, le projet a reçu un prix des écoles d’ingénieurs et a pu être présenté au salon international de l’automobile SIA Powertrain à Lille devant un parterre de dirigeants et ingénieurs venus échanger sur le futur des transmissions. Les étudiants sont invités à exposer leur projet dans le cadre des 24 Heures du Mans 2027. "Nous espérons d’ici là avoir reçu un moteur afin de pouvoir le présenter au Mans. Cela nous permettra de régler tous les problèmes d’adaptations et de réglages, de choix de pièces, d’architecture, de températures, etc. Nous pourrons alors au moins avancer sur le cheminement, la concentration de l’hydrogène ainsi que sur le réglage de l’électronique et des capteurs", explique William Nicoleau, l’un des étudiants à l’origine du projet Hyce.
Rendre l’hydrogène accessible
Aujourd’hui, les études sur les process à hydrogène sont essentiellement réalisées par de grandes entreprises, observent les étudiants. "C’est donc du rétrofit à grands coûts, des prototypes qui paraissent utopiques, poursuit William Nicoleau. Quand on voit ces technologies, on ne se dit pas que ce sont elles qu’on verra sur les véhicules du quotidien demain. Alors si demain, on parvient à montrer que des étudiants ont réussi à développer une motorisation à hydrogène sur une hypercar, cela montrera qu’il est possible de développer autre chose que l’électrique dans les véhicules."
L’hydrogène a également l’avantage, auprès des passionnés de courses automobiles, de conserver les sensations, les sons comme en thermique, contrairement à l’électrique. Ainsi, l’hydrogène a un avenir dans les courses automobiles. Au Mans, la Mission H24 le prouve. La réussite du projet Hyce permettrait de prouver que des applications sont possibles dans d’autres domaines. Sans doute pas sur les citadines, mais dans les transports, les engins de chantier, les tracteurs, les bateaux, les avions, etc.
Un projet pensé comme un travail d’école
Le projet Hyce est un projet volontaire et n’est pas lié à un projet d’études lié à un cursus. Arrivés en fin d’études, les étudiants à l’origine du projet souhaitent passer le témoin afin que les recherches se poursuivent au sein de l’Estaca.