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Les Pieds sur Terre projettent de créer une filière pour valoriser les déchets alimentaires en Mayenne
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Les Pieds sur Terre projettent de créer une filière pour valoriser les déchets alimentaires en Mayenne

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Deux amis ont créé une start-up pour transformer les déchets alimentaires en compost, servant à amender les terres agricoles en Mayenne. Leur projet pourrait se transformer en véritable filière locale.

Anne-Sophie Bréhin et Maxime Hautbois, se sont lancés dans la récupération des déchets de cuisine et repas qui, mélangés à des déchets verts, vont produire du compost — Photo : Les Pieds sur Terre

En Mayenne, la start-up Les Pieds sur Terre propose aux entreprises de collecter les déchets de repas pour les valoriser en compost quelques semaines plus tard, avec de la traçabilité. Cela leur permet notamment de répondre aux exigences de la loi Agec.

Créateurs des Pieds sur Terre, Anne-Sophie Bréhin et Maxime Hautbois ont voulu apporter une solution environnementale locale : les déchets agroalimentaires viennent du département et vont in fine valoriser le sol du territoire mayennais. Le compost est épandu dans une moyenne de quinze tonnes à l’hectare (variable en fonction de la nature des sols et du type de production des receveurs) sur des parcelles agricoles situées dans un rayon de trente kilomètres autour de Bouchamps-lès-Craon ; c’est dans cette petite commune au sud de la Mayenne que la plateforme de compostage a été installée en décembre 2023 et inaugurée le 14 octobre dernier.

Un décollage de l'activité avec la nouvelle plateforme

Sur ce premier exercice, la start-up évalue son chiffre d'affaires à 240 000 euros. "Entre janvier et août, l’activité a doublé. Cette année, nous allons valoriser 750 tonnes sur les 1 300 tonnes au total depuis la création en 2021", indique Anne-Sophie Bréhin. Les Pieds sur Terre disposent des bacs chez les clients avec du bois déchiqueté issu des déchets verts d'élagueurs et paysagistes. Cela évite de stopper la fermentation, le carbone des végétaux s’activant avec l’azote des déchets de cuisine. Deux types de bacs de ramassage sont proposés en conséquence, l’un de 120 litres et l’autre de 530 litres, pour correspondre aux besoins, volumes de déchets et éloignement géographique des clients. L’entreprise intervient dans toute la Mayenne, mis à part au nord-est du département, et dans des zones limitrophes, à Segré, Pouancé (Maine-et-Loire) et Châteaubriant (Loire-Atlantique).

Une centaine de clients

Au total, 120 clients fournisseurs font appel à la jeune entreprise : des cuisines centrales, des hôpitaux, des restaurants d’entreprise, comme chez Thalès et Wilo à Laval. "Nous avons aussi noué un partenariat avec Le Lièvre à Vélo (un service de livraison urbaine éco-responsable à Laval et dans une partie de l’agglomération, NDLR). Nous sommes ainsi capables de récupérer les déchets d’une trentaine de petits points de collecte, cafés, petits restaurants, fruits et légumes invendables des petites épiceries du centre-ville de Laval, etc. Ce que ne pourraient pas faire de grands opérateurs", souligne Anne-Sophie Bréhin.

En 2023, deux salariés ont intégré l’entreprise, dont un chauffeur. L’entreprise possède un camion en propre pour gérer ses collectes, qui tourne quatre jours par semaine. Tout le modèle économique repose sur la gestion des flux. "Nous optimisons nos déplacements. Nous pouvons passer toutes les semaines chez des clients à proximité, ou toutes les quatre semaines chez des clients situés à 80 kilomètres dans le nord du département."

Vers une filière avec un acteur nantais

Créer une filière dans le département est le prochain projet des deux associés. "Aujourd’hui, nous ne traitons que les déchets des plats cuisinés, poursuit Anne-Sophie Bréhin. Avec De l’Assiette au Champ, nous pourrions développer nos actions auprès des industriels de l’agroalimentaire et surtout de la grande distribution." L’entreprise nantaise a effet mis en place une stratégie similaire à celle de Les Pieds sur Terre, mais sur un autre segment de marchés : grâce à un déconditionneur, les produits emballés peuvent être récupérés une fois extraits de leur emballage. Dix tonnes par jour arrivent sur la plateforme de Rezé. En Mayenne, Les Pieds sur Terre pourrait optimiser encore ses flux avec cette nouvelle filière, dans laquelle son rôle consisterait à apporter sa connaissance du terrain et à faire de la pédagogie auprès des clients. L’entreprise d’insertion lavalloise Alternatri 53 s’occuperait alors du tri des déchets et de la manutention. Des discussions avancent, mais Anne-Sophie Bréhin avertit : "Cela ne pourra se faire avant 2026".

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