Salti, loueur de matériel professionnel de chantier, mise désormais sur les engins électriques ou hybrides. Basée à Marcq-en-Barœul (Nord), l’entreprise a accusé la période du Covid en revoyant sa politique d’achats. "Nous en avons profité pour voir les choses autrement, se souvient Jean-Sébastien Guiot, le PDG. Nous avons décidé d’allouer 50 % de nos investissements annuels (de l’ordre de 50 millions d’euros par an, NDLR) dans l’achat de matériels électriques ou hybrides. Quand la solution n’existe pas en hybride, nous optons pour du diesel stage V", ajoute-t-il.
En 2024, la proportion des achats durables augmente même puisque sur les 50 millions d’euros investis, 32 l’ont été sur des gammes de matériels électriques ou hybrides, soit 71 % du budget global des investissements. "Nous aimerions accélérer davantage ce volet mais nous sommes limités par le fait que certains matériels n’existent pas encore en électrique ou sont en phase de test", déplore le dirigeant.
Acheter plus durable et réparer
L’autre levier sur lequel s’appuie l’entreprise est la prolongation de la durée de vie des machines. "L’idée n’est donc pas de remplacer à une fréquence trop rapprochée le matériel, cela n’aurait pas de sens si ce dernier est toujours en bon état de marche et qu’il n’est pas polluant. Cela veut donc dire mieux acheter et travailler ensuite avec le bon prestataire", analyse le PDG.
"En 2024, nous avons investi 32 millions d’euros dans du matériel électrique et/ou hybride."
Pour réduire des interventions techniques inopportunes, 1 000 dépannages à distance ont eu lieu en 2023. L’ambition est de les tripler à l’horizon 2027. L’entreprise a également développé une application qui facilite les échanges dématérialisés et réduit les interventions non nécessaires.
Embarquer les clients dans la démarche
Jean-Sébastien Guiot insiste sur la nécessité d’une vision à long terme. "La stratégie doit se concevoir dans la durée pour être pertinente. Moderniser une entreprise requiert des investissements mais aussi des outils de digitalisation et une relation de confiance avec les prestataires", estime-t-il. 75 nouvelles références "vertueuses" sont venues enrichir le catalogue en 2024, sur un parc total de 15 500 machines. Le dirigeant nourrit l’ambition de proposer une gamme 100 % électrique et/ou hybride d’ici dix ans. Mais il le concède volontiers, cet engagement a un coût. "Un surcoût même, de l’ordre de 30 %, lâche-t-il. Cela nous oblige à faire des sur investissements pour rester compétitifs. Mais c’est fondamental aujourd’hui. Si nous ne le faisons pas, nous prenons le risque de ne plus exister demain."
Pour convaincre les clients, Salti met en avant plusieurs arguments. Le premier est la réduction de leur empreinte carbone grâce à ces matériels électriques. L’entreprise propose désormais le calcul de l’empreinte carbone pour chaque machine louée, annuellement ou par chantier. Même si ces matériels à faible consommation énergétique coûtent plus cher à l’achat, les clients se disent prêts à amortir le prix. "Il y a une vraie demande de la part des clients, observe Jean-Sébastien Guiot. C’est notre rôle de les aider à réussir leur transition énergétique."
Il rappelle aussi, comme argument ultime, le coût de l’énergie en faveur de l’électrique et en veut pour preuve l’étude menée par le constructeur Manitou sur les modèles de nacelles 200 ATJ-e et 200 ATJ. "Elle révèle une économie de 90 % sur le budget carburant pour la version électrique, par rapport à la nacelle thermique", tranche-t-il.
Certification et label comme garanties
Convaincu, le dirigeant ambitionne même d’acquérir d’ici 2027 une soixantaine de véhicules commerciaux électriques ou hybrides. Avec 20 000 clients en France et 50 agences, Salti projette un chiffre d’affaires de 141 millions d’euros en 2024 et emploie 530 salariés. "Notre chiffre d’affaires consolidé en 2023 était de 132 millions d’euros. Cette progression valide, si besoin. nos décisions et nos engagements RSE", estime le PDG.
Il mentionne également les certifications obtenues qui renforcent ces choix. En effet, depuis 2010, l’entreprise est certifiée MASE (Manuel d’amélioration sécurité des entreprises), un système de management dont l’objectif est l’amélioration permanente et continue des performances sécurité, santé et environnement en entreprise. Et en 2024, l’entreprise a obtenu le label Positive Company, pour avoir embarqué ses parties prenantes (collaborateurs, clients, fournisseurs) dans une stratégie de développement durable. Le prochain audit aura lieu à l’été 2025. "Ce sont des gages de confiance qui rassurent les clients et qui nous permettent de nous démarquer. Cela nous motive à poursuivre dans ce sens", assure-t-il.