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FLS hisse ses nacelles et engins de la Provence à l’échelle nationale
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FLS hisse ses nacelles et engins de la Provence à l’échelle nationale

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Près de 60 ans après sa création à Vitrolles, la PME FLS franchit un cap historique avec le rachat des actifs de Locamod. L’entreprise provençale, désormais forte de 33 agences et près de 300 salariés, s’affirme comme un acteur national de la location d’engins, tout en préparant la relève avec la quatrième génération aux commandes.

L’entreprise FLS est dirigée par la 3e génération, Laurence et Eric Freche (au centre). Ils sont épaulés par la 4e génération, Thomas Ichai, responsable des moyens généraux et Justine Freche, chargée de mission contrôle de gestion et performance — Photo : Hélène Lascols

FLS, l’ex-Freche Location, vient de franchir une étape décisive dans son histoire presque sexagénaire. En reprenant, à la barre du tribunal de commerce, les actifs du groupe Locamod, "un opérateur historique du secteur", l’entreprise familiale consolide sa place parmi les loueurs multirégionaux. "Nous devenons une entreprise d’envergure nationale", résume Éric Freche, dirigeant du groupe. Avec cette opération, FLS intègre huit nouvelles agences, une quarantaine de collaborateurs et un parc de 750 machines supplémentaires.

D’Alger à Morlaas

"En début d’année, nous couvrions quatre régions, aujourd’hui sept, à travers 33 agences", poursuit-il. Dans la foulée, le groupe a ouvert deux nouvelles agences, à Niort (Deux-Sèvres) et Morlaas dans les Pyrénées-Atlantiques, confirmant une année 2025 "exceptionnelle", selon les mots du chef d’entreprise.

Cette croissance accélérée coïncide avec l’arrivée d’une quatrième génération dans l’aventure familiale : Justine Freche, fille d’Éric, rejoint son cousin Thomas Ichai, entré en 2018 aux côtés de sa mère Laurence. "L’acquisition des actifs de Locamod a libéré des opportunités pour intégrer la nouvelle génération", confie Éric Freche, heureux de poursuivre cette tradition de transmission.

Si l’histoire de FLS s’écrit officiellement depuis 1966, ses racines sont plus anciennes. Avant l’indépendance de l’Algérie, Alexis et Alain Freche, le grand-père et le père d’Éric, louent déjà des engins de travaux publics dans le désert. Revenus en France en 1962, ils repartent de zéro. "Ils font feu de tout bois, font du négoce de matériels américains, ceux du plan Marshall, puis deviennent agents pour Mills, fabricant français d’échafaudages", raconte Éric Freche. Ainsi naît à Vitrolles l’entreprise Freche Père & Fils, qui se lance rapidement dans la location de chariots élévateurs, puis des premières nacelles en 1982, avant d’élargir son offre au matériel de travaux publics dans les années 2000.

Première sortie hors Paca

Dans les années 1990, l’entreprise reste de taille modeste, comptant huit collaborateurs et deux agences à Vitrolles et La Garde, à l’est de Toulon. Avec l’arrivée d’Éric, qui a grandi dans l’entreprise familiale, y a fait ses stages dès l’âge de 15 ans, l’entreprise commence à changer de dimension.

En 1999, il ouvre une première agence hors de Provence-Alpes-Côte d'Azur, à Toulouse. D’autres suivront, au rythme d’une diversification géographique continue, d’une à deux nouvelles agences chaque année. Sa sœur Laurence rejoint l’aventure en 2005 pour prendre en charge finances et RH, tandis qu’il garde la direction commerciale et la gestion du parc. Leur père, Alain Freche, prépare sa succession, pour tenir sa promesse de se retirer à ses 70 ans, en 2007.

Croissance externe et nouveaux métiers

À partir des années 2000, FLS accélère, mêlant croissance organique et premières acquisitions. Trois sociétés sont intégrées, une dans le Médoc, un fonds de commerce de location à La Valentine (Marseille) et la société FBL avec deux implantations à Fos-sur-Mer et Martigues. Avec cette dernière, "une opération stratégique" intervenue en 2015, le groupe FLS met la main sur une entreprise certifiée MASE, lui ouvrant les portes des sites pétrochimiques du pourtour de l’étang de Berre. "Nous avons aussi diversifié nos secteurs d’intervention avec le rachat de matériels permettant de maintenir l’activité des usines lors d’opérations de maintenance, d’installer des réseaux parallèles d’électricité, d’eau, de gaz pour faciliter le travail des sous-traitants", précise Éric Freche. Mais le véritable tournant reste l’acquisition de Locamod, qui fait passer FLS dans une nouvelle dimension, capable désormais de couvrir la quasi-totalité du territoire national.

Le cap des 60 millions d’euros

Malgré sa taille croissante, près de 300 collaborateurs et plus de 6 000 machines, FLS revendique une gestion de proximité et des valeurs familiales, qui "ne sont pas des paroles en l’air, selon l’entrepreneur : "esprit d’équipe, loyauté et responsabilité". Chaque ouverture d’agence se prépare longuement : deux ans de réflexion, quatre à cinq créations d’emplois dès le départ, puis rapidement dix, avec 2 millions d’euros d’investissements matériels dès la première année.

Côté chiffre d’affaires, l’objectif est clair : franchir la barre des 60 millions d’euros. "Nous sommes des développeurs", souligne Eric Freche. Avec une zone de chalandise de 30 à 50 kilomètres autour de chaque agence, il reste encore des espaces à conquérir. "Nous savons que d’autres territoires restent à investir, nous sommes à l’écoute de toute autre opportunité de croissance", ajoute le dirigeant, qui assume son ambition de vouloir faire rayonner le savoir-faire de FLS à l’échelle nationale. Sur le marché, FLS est un acteur reconnu, avec du potentiel pour grandir encore, tout en restant guidé, depuis quelques années, par des enjeux environnementaux.

Médaillé d’argent EcoVadis pour ses performances RSE, le groupe électrifie progressivement son parc, utilise du biocarburant et installe des panneaux photovoltaïques sur ses agences. "Nous savons que nous ne pourrons pas avoir une activité neutre en carbone, mais nous essayons d’être un peu plus vertueux chaque jour", insiste son dirigeant.

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