Nouveau rebondissement dans le dossier de l’armurier stéphanois Verney-Carron (67 salariés). Évoquée par l’actionnaire majoritaire Cybergun, dans un communiqué daté du 9 avril, l’hypothèse de "la mise en œuvre d’un plan de cession en cas d’incapacité à présenter un plan de redressement par voie de continuation", est devenue une réalité le 11 avril.
Dépôt des offres de reprise avant le 5 mai
L’administrateur judiciaire, le cabinet AJ UP, qui suit la PME stéphanoise depuis son placement en redressement judiciaire le 12 février, a lancé un appel d’offres de cession des actifs de la société spécialisée dans la "conception, fabrication et vente d’armes, et plus particulièrement : d’armes de chasse pour le marché civil, d’armes de défense pour la sécurité intérieure des États et les particuliers, ainsi que pour les forces armées et les tireurs sportifs", détaille l’offre.
Le document évoque comme "atouts majeurs" de Verney-Carron le "savoir-faire et parc machines". Il rappelle également l’évolution du chiffre d’affaires de la société passé de près de 9,3 millions d’euros en 2021 à un peu plus de 3,2 millions d’euros en 2024. Les candidats intéressés ont jusqu’au 5 mai, 16 heures, pour déposer leur offre.
Le financement du plan de continuation toujours bloqué
Le cabinet AJ UP n’aura donc pas attendu l’audience devant le tribunal de commerce de Saint-Etienne, reportée au 23 avril, pour lancer un appel d’offres de cession. Preuve de la difficulté du groupe Cybergun à boucler le financement d’un plan de continuation qui apparaît de plus en plus improbable.
Et pour cause : bien qu’appuyé par la Délégation Générale pour l’Armement, la Direction de l’Industrie de Défense et le ministère des Armées, Cybergun n’a toujours pas réussi à convaincre Bercy de venir en aide au plus ancien manufacturier français pour pallier les 4,5 millions d’euros manquant à sa restructuration financière. Condition sine qua non, à sa possible reprise par un acteur mondial du petit calibre, qui pourrait être le groupe belge FN Browning (3 000 collaborateurs, 908 M€ de CA), qui se serait montré intéressé, selon plusieurs sources concordantes.
Le PDG de Cybergun dans le viseur de l’AMF
Révélé par le média L’Informé, le récent signalement de l’Autorité des marchés financiers (AMF) auprès du Parquet national financier (PNF), concernant des sociétés gérées par le PDG de Cybergun Hugo Brugière (dont Cybergun) risque de ne pas faciliter cette recherche de fonds. C’est peut-être aussi ce qui a conduit le cabinet AJ UP à accélérer le processus de cession.
Côtés salariés, les représentants du personnel s’estiment "très confiants sur le fait qu’il y aura des candidats à la reprise" de leur entreprise. L’inquiétude réside plus sur "le volet social" et sur "l’urgence" à sortir la société de cette situation qui perdure. En "l’absence de trésorerie pour acheter les matières premières nécessaires à la production", une majorité de salariés sont aujourd’hui en activité partielle. Côté CGT, on évoque le risque de passer à côté de la saison de chasse 2025-2026 "s’il n’y a pas de reprise rapide".