C’est ce lundi 5 mai, à 16 heures, que se clôturait l’appel d’offres de cession des actifs de l’armurier stéphanois Verney-Carron. Parmi les candidats à la reprise du plus ancien manufacturier d’armes français, on trouve le groupe Rivolier (320 salariés ; 150 M€ de CA en 2024).
Un tandem avec le tchèque RSBC
Basé à Saint-Just-Saint-Rambert, le distributeur d’armes et systémier ligérien a déposé, ce lundi, une offre de reprise des actifs de Verney-Carron, placé en redressement judiciaire depuis février dernier. Rivolier, qui a fait récemment l’acquisition de l’altiligérien Hexadrone, s’était déjà penché sur le dossier Verney-Carron au printemps 2022, avant sa prise de contrôle majoritaire en juin par le groupe Cybergun. À l’époque, le prix d’acquisition demandé avait quelque peu refroidi les ardeurs du distributeur ligérien.
"Il y a urgence à sortir la tête de Verney-Carron de l’eau."
Le contexte est désormais différent. "Il y a urgence à sortir la tête de Verney-Carron de l’eau", insiste Arnaud Van Robais, PDG du groupe Rivolier. Pour tenter de l’emporter, le groupe ligérien s’est allié au familly office tchèque RSBC, qui avait racheté en 2017 le fabricant slovène d’armes de petit calibre Arex, et l’autrichien Steyr en 2024. Au sein de ce tandem, Rivolier devrait être majoritaire à hauteur de 65 %, permettant ainsi à Verney-Carron de rester sous pavillon français. "Conserver un savoir-faire français, qui plus est dans la Loire, est un des points que nous défendons dans le dossier que nous avons déposé auprès de l’administrateur judiciaire", confie encore Arnaud Van Robais.
Un accord unit Rivolier et Verney-Carron
Le second point, c’est l’accord de commercialisation qui unit déjà les deux entités. Depuis septembre 2023, Rivolier est le distributeur exclusif sur le marché français de "l’ensemble de la gamme de fusils et carabines de chasse fabriquée et mise sur le marché par la société Verney-Carron et les lanceurs sublétaux de balles de défense Flash-Ball", selon un communiqué.
Cet accord de distribution prévoyait un ambitieux plan de développement allant de près d’un million d’euros de chiffre d’affaires dès 2023 à près de 7 millions d’euros en 2026. En septembre 2024, le directeur général de Rivolier nous avait confié que l’on était bien en deçà des prévisions annoncées lors de la signature de l’accord de distribution.
Pour autant, Rivolier croit toujours au potentiel de la marque Verney-Carron, tant sur la chasse que sur les armes sublétales. "Nous avons des contrats en cours avec le ministère de l’Intérieur et un certain nombre de Polices Municipales et encore bien d’autres projets de marchés dans les tuyaux", insiste Arnaud Van Robais.
Un plan de continuation toujours espéré par Cybergun
L’offre de reprise du tandem Rivolier-RSBC sera étudiée par le tribunal de commerce de Saint-Etienne le 28 mai. Au même titre que l’ensemble des autres offres qui seront déposées avant 16 heures ce 5 mai. "Une dizaine d’acteurs sont intéressés, des Français et des étrangers", avait confié le PDG de Cybergun, Hugo Brugière au micro d’Ici Saint-Etienne.
Dans un communiqué, daté du 30 avril, l’actionnaire majoritaire de Verney-Carron, le groupe francilien Cybergun, annonçait toutefois son intention de mettre à profit la prolongation de la période d’observation "pour poursuivre la préparation d’un plan de continuation pour lequel la recherche d’un financement est toujours en cours". "Dans l’intervalle, Cybergun se voit dans l’incapacité d’arrêter et auditer ses comptes annuels 2024, faute de visibilité sur le traitement comptable de la participation majoritaire dans Verney-Carron, et espère pouvoir publier au plus tard fin juin 2025", précise le communiqué.