Fin du suspense pour la reprise de Verney-Carron. Le tribunal de commerce de Saint-Etienne a tranché en faveur du distributeur d’armes ligérien Rivolier (320 salariés, 150 M€ de CA en 2024). Associé au tchèque RSBC, ce dernier se proposait de reprendre 55 des 67 salariés de l’armurier stéphanois et d’investir d'ici trois ans dans la construction d’une nouvelle usine dans l’agglomération stéphanoise. Une offre qui a été préférée à celle formulée par le groupe belge FN Browning (3 000 salariés, 908 M€ de CA) pourtant soutenu par l’actionnaire majoritaire de Verney-Carron, le groupe Cybergun.
"FN Browning prévoyait d’investir plus que nous sur le long terme mais nous reprenions plus d’emplois (55 contre 50 salariés, NDLR). Dans son délibéré, le tribunal de commerce a aussi mis en avant le fait que nous étions une entreprise française, implantée dans la Loire, et que nous avions une très bonne connaissance de l’activité de Verney-Carron puisque nous en sommes le distributeur, confie Arnaud Van Robais, le PDG de Rivolier. Il a aussi reconnu que nous avions les contrats en main pour redémarrer immédiatement la production."
2 millions d’euros pour redémarrer
Désormais propriétaire à 65 % du plus ancien manufacturier d’armes français (35 % des parts reviennent à RSBC), le groupe Rivolier va investir 2 millions d’euros pour financer le besoin en fonds de roulement (BFR) et l’achat de nouvelles machines nécessaires au redémarrage de l’activité de Verney-Carron.
"Nous avons un contrat avec le ministère de l’intérieur pour des lanceurs Cobra de 40 mm. Les 150 premiers ont été livrés mais il nous en reste 2 850 à fournir. Or, tout était arrêté depuis des mois car Verney-Carron n’avait plus l’argent nécessaire pour acheter les pièces détachées. Nous avons aussi 650 flash-balls en commande pour les polices municipales que l’on ne pouvait pas livrer faute là aussi de BFR", illustre Arnaud Van Robais.
"4 à 6 millions d’euros" dans une nouvelle usine
Dans un second temps, Rivolier entend discuter avec les interlocuteurs régaliens de Verney-Carron que sont la Direction générale de l’armement (DGA) et le ministère de l’Intérieur "pour connaître leurs besoins dans les 5 à 10 ans et travailler ensuite en R & D avec notre partenaire tchèque pour répondre aux besoins de nos armées", explique le PDG de Rivolier.
Pour développer cette partie Défense, le groupe ligérien prévoit d’investir sous trois ans "entre 4 et 6 millions d’euros dans une nouvelle unité de production qui sera située dans le bassin stéphanois", affirme Arnaud Van Robais. Et d’ajouter : "On ne pourra pas développer le marché de la Défense en restant dans les locaux actuels".
Un changement de statut
Avec cette acquisition, Rivolier renforce son pôle Industrie né avec la reprise en mars dernier du concepteur et fabricant de drones Hexadrone. Une étape qui marque aussi un changement de statut. "Nous ne sommes plus un simple marchand, nous sommes un industriel", affirme haut et fort Arnaud Van Robais.
Le dirigeant ne manque d’ailleurs par d’ambition. "Sur Hexadrone on prévoit de faire rapidement 60 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et sur Verney-Carron, on devrait atteindre les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires. Au final, nous aurons à terme un pôle Industrie qui pèsera 70 millions d’euros et un pôle distribution qui devrait lui osciller entre 130 et 160 millions d’euros". conclut le PDG.