Filiale du breton Even, Glacière Narbonnaise injecte 12 millions d’euros pour son deuxième site audois
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Filiale du breton Even, Glacière Narbonnaise injecte 12 millions d’euros pour son deuxième site audois

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En avril 2025, la PME centenaire Glacière Narbonnaise, va intégrer son usine neuve à Lézignan-Corbières (Aude), la plus grosse usine à glaçons de France. Cet investissement de 12 millions d’euros doit accompagner la croissance de cette filiale de la coopérative agricole bretonne Even, et lui permettre d’atteindre 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 6 millions aujourd’hui.

La nouvelle usine de Glacière narbonnaise s’étend sur 3 500 m2 sur un terrain de 2,3 ha — Photo : Glacière narbonnaise

Créée en 1894, Glacière Narbonnaise (18 collaborateurs, 6 millions d’euros de chiffre d’affaires 2024) s’apprête à écrire une nouvelle page de sa longue histoire. Productrice de glace, paillettes et glaçons, cette filiale du Groupe coopératif agricole finistérien Even (6 200 salariés) va déménager une partie de son activité dans une usine neuve qu’elle vient de faire bâtir à Lézignan-Corbières, à huit kilomètres de son site actuel de Canet d’Aude. Les premiers tests commencent ces jours-ci pour un démarrage de production envisagé début avril. Even et Glacière Narbonnaise auront injecté 12 millions d’euros dans ce projet (équipement compris).

Une future extension est anticipée

"Avec le temps, notre site de Canet de 2 500 m2 s’est retrouvé au cœur d’un lotissement, sans réelle possibilité d’agrandissement, car sur une emprise au sol de 5 000 m2. Par ailleurs, les voies de circulation ne sont plus adaptées au trafic de poids lourds", explique Frédéric Baeza, nouveau directeur général de la société. Le bâtiment neuf s’étend sur 3 500 m2 sur un terrain de 2,3 ha. Surtout, une extension de 2 000 m2 est envisageable, et envisagée d’ici quelques années si la croissance est au rendez-vous.

Les glaçons constituent 80 % de la production

Le site de Lézignan accueillera la production de glaçons. Ceux-ci représentent 80 % des 15 000 tonnes produites chaque année. L’usine sera équipée de trois génératrices neuves, trois fois plus puissantes que les actuelles : elles seront capables de produire 28 tonnes de glace par jour. Elles sont aussi plus économes en énergie. "Pour la réfrigération, nous allons utiliser de l’ammoniac, qui n’émet aucun gaz à effet de serre. Seul point de vigilance : il peut être dangereux pour l’homme, ce qui implique des coûts de mise en œuvre plus élevés, et de la formation", explique Frédéric Baeza.

La production de blocs de glace à destination de l’industrie ou encore des campings, restera positionnée à Canet où trois génératrices produisent chacune 10 tonnes de glace par jour. La majeure partie du personnel continuera de travailler sur place, l’activité de Lézignan étant largement automatisée.

Frédéric Baeza a pris ses fonctions de directeur de Glacière Narbonnaise fin 2024 — Photo : Glacière narbonnaise

Des perspectives de croissance organique

Glacière Narbonnaise compte sur ce nouvel outil pour porter une croissance solide, afin de générer dix millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq à six ans. "Nous resterons sur nos marchés, mais il y reste encore des possibilités d’évolution importantes", explique le dirigeant. "Nous ne sommes pas présents dans toutes les enseignes de grande distribution, ni dans toutes les chaînes de surgelés. Par exemple, nous sommes chez Picard, mais pas chez Thiriet." La PME espère également profiter du réseau de sa maison mère : le groupe Even possède des filiales de distribution auprès de la restauration hors domicile (dont le réseau Krill), sur lesquelles elle pourrait s’appuyer.

L’argument pour convaincre ses clients est que "nous avons la capacité de produire beaucoup lors des fortes demandes en période de canicule." Par ailleurs, la PME met en avant la qualité de ses produits : "nos glaçons sont beaux, transparents, contrairement à ceux que vous faites chez vous, car ils sont sans oxygène ni minéraux. L’eau utilisée est filtrée et traitée", argumente Frédéric Baeza.

Si la croissance est au rendez-vous, une extension neuve pourra alors être construite à Lézignan, pour rapatrier définitivement les outils du site de Canet.

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