Filiale de Terrena, Elivia investit 8 millions d’euros pour son site de Villers-Bocage, dans le Calvados
# Agroalimentaire # Investissement industriel

Filiale de Terrena, Elivia investit 8 millions d’euros pour son site de Villers-Bocage, dans le Calvados

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Elivia, la filiale viande bovine de la coopérative agricole Terrena (Loire-Atlantique), vient d’investir 8 millions d’euros sur son site de Villers-Bocage (Calvados). Ce nouvel investissement vise à rendre le site autonome en froid, dès avril 2026, et à répondre à ses objectifs de développement en produits élaborés surgelés.

Une photo du site de Villers-Bocage (Calvados) d'Elivia — Photo : Terrena

Filiale de la coopérative agricole d’Ancenis (Loire-Atlantique) Terrena, Elivia, acteur majeur de la viande de bœuf en France, continue à moderniser son site de Villers-Bocage. Après un investissement de 20 millions d’euros, en 2015, pour augmenter la production de steak haché surgelé, 8 millions d’euros viennent d’être injectés pour créer une salle des machines, destinée à la production de froid. D’une surface de 260 m², cette salle centrale alimente toutes les installations du site, de l’abattoir à la découpe. Ce nouvel équipement, conçu par l’entreprise tricolore Matal, spécialisée dans les solutions de réfrigération industrielle, répond à plusieurs objectifs.

Une installation plus performante

"D’abord, reprendre notre indépendance. Jusqu’à maintenant, notre site faisait appel à Sofrilog pour la production de froid. Nous souhaitons être les patrons chez nous !", revendique Jean-Philippe Lewandowski, directeur de l’unité industrielle de Villers-Bocage (550 salariés). Il s’agit également de doter le site d’un nouvel outil de production de froid, plus moderne, afin d’en tirer de meilleures performances énergétiques. La salle des machines s’appuie sur un fluide frigorigène naturel, l’ammoniac, reconnu pour son efficacité énergétique. "Nous produisons ainsi du froid avec du matériel récent, et nous récupérons cette chaleur pour chauffer notre eau, afin de nettoyer tous les process de l’usine. Notre impact CO₂ est réduit de 2 900 tonnes par an, on économise du gaz et on augmente notre capacité d’eau chaude. Un cercle vertueux, en somme", démontre Jean-Philippe Lewandowski. Les chiffres sont significatifs : une réduction de 8 % des coûts énergétiques, une baisse de la consommation d’eau de 6 000 m3 et 300 m3 d’eau chaude disponibles, contre 60 m3.

Une volonté de développement de la production

Ce nouvel équipement s’inscrit également dans la démarche de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE), développée depuis 2017. "Dire, c’est bien. Faire, c’est mieux. Chez Elivia, la RSE n’est pas qu’une façade, soutient le directeur. Nous améliorons nos outils au regard de nos obligations sociétales et écologiques, en prenant en compte notre écosystème".

Jean-Philippe Lewandowski, directeur de l'unité industrielle de Villers-Bocage d'Elivia — Photo : Terrena

Outre les économies d’énergie et le défi environnemental, cette imposante machine de production de froid répond à un besoin industriel, celui de maintenir les outils de manière efficiente et répondre aux volontés de développement du groupe, sur le segment du steak haché burger.

Viande hachée et plats cuisinés

Le réseau des Chambres d’agriculture rappelle d’ailleurs, sur son site internet, que plus de 50 % de la viande consommée dans l’Hexagone l’est sous forme hachée. Une aubaine pour le site de Villers-Bocage, le seul parmi les douze sites d’Elivia répartis en France, à concevoir des produits élaborés surgelés. D’un côté, les steaks hachés, destinés aux grandes et moyennes surfaces, ainsi qu’à la restauration hors domicile, de l’autre, de l’égrené pour les industriels. Le site de Villers-Bocage, qui traite 30 000 tonnes de viande chaque année, est d’ailleurs le seul à réunir les "4 T" de la transformation : l’abattage de bovins, le désossage, l’élaboration de steaks hachés et celle de produits cuits.

Ces derniers, commercialisés sous la marque Tendre & Plus, sont des plats cuisinés destinés à la grande distribution. Ces plats individuels, en barquettes, connaissent une croissance structurelle, portée par une tendance de fond, la recherche du gain de temps. Soumis à une réglementation précise, compte tenu du niveau d’ammoniac, et à une enquête publique, le site de Villers-Bocage attend désormais la promulgation de l’arrêté, certainement en avril, pour lancer officiellement la salle des machines de production de froid.

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