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Vauconsant utilise la RSE pour sortir de la "compétitivité prix"
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Vauconsant utilise la RSE pour sortir de la "compétitivité prix"

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Face aux mutations profondes du secteur de la restauration, la PME lorraine Vauconsant transforme son modèle. Sous l’impulsion de son directeur général, Paul Mora, l’entreprise de Dombasle-sur-Meurthe mise sur la RSE pour mieux faire comprendre à ses clients la réelle valeur de ses produits.

Paul Mora est le directeur général de Vauconsant — Photo : Jean-François Michel

Le fabricant de solutions pour la distribution de repas Vauconsant, installé à Dombasle-sur-Meurthe en Meurthe-et-Moselle, ne se contente plus de fabriquer des vitrines réfrigérées et des comptoirs. Filiale du groupe francilien Matfer Bourgeat (CA : 200 M€ ; 900 salariés) la PME, qui emploie 110 salariés pour 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, a entamé une démarche RSE synonyme de transformation profonde. "Nous sommes déjà aujourd’hui dans cette dynamique visant à sortir de la logique de la compétitivité prix. Nous raisonnons uniquement par des produits différenciants", indique Paul Mora, le directeur général de Vauconsant.

50 % des fournisseurs de Vauconsant sont basés dans le Grand Est

Concrètement, "différenciant" dans la bouche du directeur général signifie des produits fabriqués en France, avec des matériaux sourcés en France ou "recyclé à 98 %" pour l’acier inoxydable utilisé chez Vauconsant, le tout avec un haut niveau de service. "Plus de 50 % de nos fournisseurs se situent dans le Grand Est", rappelle Marine Bassenne, responsable QSE chez Vauconsant, en citant par exemple la PME mosellane Verrissima ou encore le vosgien Egger. "Nous vendons des produits très haut de gamme", rappelle Paul Mora. "Ce que nous devons réussir à faire percevoir à nos clients, c’est la valeur de nos produits. Et cette valeur, ce n’est pas le prix, mais comment il va être posé, en combien de temps il va être livré, avec quels matériaux il est fabriqué."

Les produits de Vauconsant se retrouvent du Ritz aux espaces de restauration d’Ikea — Photo : Jean-François Michel

Du Ritz aux espaces restauration d’Ikea

Les produits Vauconsant se retrouvent au sein de l’hôtel Ritz à Paris, dans les espaces de restauration de la Tour The Link à la Défense mais aussi dans toutes les cantines d’Ikea ou encore dans les restaurants sous enseigne Flunch. À l’échelle du groupe Matfer Bourgeat, qui exploite 5 usines et 30 entreprises, le chantier est ouvert pour mesurer l’impact carbone et trouver les bons leviers pour le minimiser : "Nous explorons déjà deux pistes, à savoir réinternaliser des process, mais aussi mutualiser des process industriels entre nos usines", livre le directeur général de Vauconsant. Parmi les pistes de réflexion figure la question du réemploi : le groupe Matfer Bourgeat a ainsi entamé une collaboration avec Vesto, une start-up parisienne qui opère dans le matériel de restauration reconditionné.

Premiers pas avec la CCI Grand Est

Si Paul Mora concède volontiers que Vauconsant a fait ses premiers pas dans la RSE à l’occasion de la crise énergétique déclenchée par l’agression russe en Ukraine, la PME a aujourd’hui "mis le doigt dans un engrenage très vertueux", estime le directeur général de Vauconsant. Soucieuse de se faire épauler dans cette démarche, l’équipe de Vauconsant a contacté les services de la CCI Grand Est. En partenariat avec l’Ademe et la Région Grand Est, la CCI a lancé un programme, baptisé Noée, pour Nouvelles opportunités économiques et environnementales. Un programme dédié à la transition écologique et énergétique des entreprises, financé à hauteur de 3,5 millions d’euros par la Région Grand Est et l’Ademe pour permettre à une douzaine d’ingénieurs de mener des audits dans les entreprises régionales, avant de proposer des solutions très concrètes.

Abriter le bâtiment face aux fortes chaleurs

"Après l’audit, une trentaine d’actions nous ont été proposées", se souvient Marine Bassenne. Un audit qui a entraîné quelques investissements : le passage aux Leds pour éclairer les 7 500 m2 de l’atelier de production, la mise en terre d’une rangée d’arbres pour faire de l’ombre au bâtiment ou encore la mise en place de films UV sur les verrières laissant passer le soleil en plein été. "Les films UV nous ont coûté seulement 3 000 € et ont permis d’abaisser très nettement la sensation de chaleur en été", souligne Marine Bassenne.

La nouvelle plieuse à 500 000 € a été mise en service en mars 2025 — Photo : Jean-François Michel

Quand l’outil de production améliore les conditions de travail

Le budget mobilisé est sans rapport avec les investissements engagés dans l’outil de production. Là, Vauconsant a choisi de placer ses outils au meilleur état de l’art pour améliorer les conditions de travail des salariés. Au sortir du Covid, la reprise étant à peine actée, que la PME investissait 800 000 € dans une machine à découper les tôles d’inox, machine totalement automatisée rendant cette opération délicate beaucoup moins dangereuse pour les opérateurs. En mars 2025, ce sont 500 000 € qui ont été injectés dans une plieuse automatique : rare dans le Grand Est, cette machine est capable d’aller chercher toute seule les outils nécessaires aux opérations de pliage. Derrière, l’opérateur n’a plus qu’à présenter les tôles.

L’innovation produit au cœur de la transition

Un des piliers de la stratégie RSE de la Vauconsant réside dans l’éco-conception. Les vitrines réfrigérées, produits phares de la marque, sont repensées pour minimiser leur empreinte carbone. Cela passe par l’utilisation de fluides frigorigènes plus propres et une isolation renforcée. "Nos produits utilisent désormais du fluide R455 à la place du R452. Mais demain, la réglementation nous demandera peut-être de changer une nouvelle fois", souligne Marine Bassenne.

La RSE, moteur de la relation client

Cette démarche RSE devient un argument commercial de premier plan. Les grands comptes de la restauration collective et commerciale intègrent désormais des critères RSE stricts dans leurs appels d’offres. En étant capable de justifier de son bilan carbone et de ses engagements sociaux, Vauconsant s’assure une place de choix sur le marché. "Ce n’est pas une option, c’est devenu une exigence de nos partenaires", indique le directeur général de Vauconsant, qui travaille à 60 % pour le public, quand les clients privés représentent 40 % de l’activité.

Meurthe-et-Moselle # Agroalimentaire # Banque # Industrie # Restauration # Services aux entreprises # Transition écologique # Investissement industriel # PME