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Après 150 ans d’existence, le charcutier alsacien Maurer Tempé a été placé en liquidation judiciaire
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Après 150 ans d’existence, le charcutier alsacien Maurer Tempé a été placé en liquidation judiciaire

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Aucune offre n’a été retenue par le tribunal judiciaire de Mulhouse qui a prononcé, mercredi 3 juin 2026, la liquidation judiciaire de la SCOP Maurer Tempé implantée à Kingersheim dans le Haut-Rhin. Les 110 salariés de la plus ancienne charcuterie alsacienne en activité seront licenciés.

La charcuterie Maurer Tempé a été placée en liquidation judiciaire, mercredi 3 juin 2026, par le tribunal judiciaire de Mulhouse — Photo : Fabrice Voné

C’est un 150e anniversaire au goût particulièrement amer pour le plus vieux charcutier alsacien. La chambre commerciale du tribunal judiciaire de Mulhouse a prononcé, mercredi 3 juin 2026, la liquidation judiciaire à l’encontre de la société Maurer Tempé, emblématique fabricant de charcuterie alsacienne implanté à Kingersheim (Haut-Rhin). Cette décision entraînera le licenciement des 110 salariés de l’entreprise fondée en 1876 et transformée en Scop en 2019.

Placée à sa demande en redressement judiciaire, début mai, la PME haut-rhinoise qui a réalisé en chiffre d’affaires de 25,4 millions d’euros en 2025, n’est pas parvenue à séduire d’éventuels investisseurs ou repreneurs durant ce laps de temps.

Pénalisé par le coût des matières premières et de l’énergie

Elle avait pourtant mobilisé ses fidèles consommateurs par le biais de cagnottes en ligne et l’aide du réseau des Scop du Grand Est. Pour récolter au final près de 600 000 euros alors que Maurer Tempé cherchait à lever près de 2 millions d’euros pour retrouver un peu d’air au niveau de sa trésorerie. Celle-ci ayant consécutivement souffert des hausses des tarifs de l’énergie et du coût des matières premières au gré des récentes crises géopolitiques.

Un "crève-cœur" pour les salariés associés de la Scop

"C’est un crève-cœur", expliquait Mathieu Rouillard, PDG de la Scop Maurer Tempé à sa sortie du tribunal. "On pensait qu’il y aurait eu un sursaut de la part de l’écosystème alsacien qui nous permette de continuer mais il n’est jamais venu", déplorait le dirigeant. Une dizaine de candidats potentiels s’étaient manifestés dans un premier temps tandis que les quelques offres formulées à la barre du tribunal judiciaire de Mulhouse n’ont pas convaincu l’administrateur en charge du dossier.

"C’est aussi triste pour les savoir-faire alsaciens. Nous étions les seuls industriels à produire de la colmette ou des fleischnaka par exemple."

Ce placement en liquidation judiciaire siffle la fin brutale d’une aventure collective entamée en 2019, au lendemain d’un premier redressement judiciaire, pour une soixantaine d’anciens salariés ayant consenti à verser leurs indemnités de licenciement en vue de la création de la Scop.

Un coup dur pour le terroir culinaire alsacien

"C’est aussi une tristesse pour les marques et les savoir-faire alsaciens. On était les seuls industriels à produire de la colmette (une saucisse à tartiner, NDLR), des fleischnaka (escargots de viande et de légumes, NDLR) et des gendarmes (saucisses fumées à base de viande et de gras de bœuf et de porc, NDLR)", poursuit Mathieu Rouillard. "C’est tout un terroir culinaire qui s’en va, regrettait Vincent Boeglin, secrétaire du CSE de Maurer Tempé. D’autant que la moyenne d’âge dans l’entreprise dépasse la cinquantaine, c’est très dur".

Les derniers produits fabriqués par la plus vieille charcuterie alsacienne seront écoulés ces prochains jours via la plateforme Too Good To Go qui œuvre pour éviter le gaspillage alimentaire.

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