La miroiterie lorraine Verrissima perce le plafond de verre qui l'empêchait de gagner de nouveaux marchés. Le groupe familial de 220 salariés (35 M€ de CA en 2025) va mettre en service en mai prochain à Rohrbach-lès-Bitche (Moselle) une usine flambante neuve de 700 m² de bureaux et 5 300 m² d'atelier.
"Nous n'étions plus en mesure séduire de nouveaux industriels, faute d'outils à la pointe de la technologie"
Le fabricant de produits verriers pour le bâtiment (menuiseries, garde-corps, etc.) mais aussi pour l'ameublement (cuisine, dressing) était à l'étroit sur son siège de Goetzenbruck et ses ateliers de Lemberg, tous deux situés en Moselle. "Nous n'étions plus en mesure séduire de nouveaux industriels, faute d'outils à la pointe de la technologie. De même, nous ne pouvions répondre à certaines demandes de clients dans le bâtiment, en quête de produits plus grands, plus hauts, offrant davantage de fluidité", détaille Jonathan Metz, président de Verrissima.
Douze métiers parmi lesquels la décoration de vitraux
La nouvelle usine est dotée de nouvelles capacités tout en améliorant les conditions de travail des 100 salariés employés dans ses ateliers. Le site maitrisera douze métiers, soit l'ensemble de la chaine de fabrication ; depuis la découpe, en passant par le façonnage, la trempe, l'impression numérique, le sablage et l'assemblage des doubles vitrages. Verrissima a également conservé ses ateliers d'argenture, de vitraux et de décors à la main qui lui valent son classement en "Entreprise du patrimoine vivant". Au total, un investissement de 10,5 millions d'euros a été mobilisé dans ce projet via notamment une ouverture de 20 % du capital à laquelle ont souscrit Bpifrance, Groupe ILP et Crédit agricole régions investissement.
Plus de 100 références de plaques de verre entreposées
A Rohrbach-lès-Bitche, le plus lourd investissement industriel de Verrissima demeure les 1,2 million d'euros injectés dans un parc machines de stockage et de coupe 100 % automatisé. Un transstockeur capable d'entreposer plus de 100 références transfère les immenses plaques de verre vers deux tables de coupe, l'une pour verres standards, l'autre pour les plaques feuilletées.
Cette concentration de savoir-faire et de technologies sur un site unique devrait permettre à la miroiterie lorraine de servir ses clients – principalement localisés dans le Grand Est – en 24 à 48 heures. De plus, l'investissement dans un four de trempe évitera les allers-retours entre l'usine et sa filiale AGC Vertal située à 50 Km, à Haguenau (Bas-Rhin) pour les besoins en verre trempé.
Eau pluviale réutilisées pour le façonnage du verre
Le site flambant neuf a également fait l'objet d'une attention particulière à l'environnement. L'électricité produite par 2 000 m² de panneaux photovoltaïques sera en partie autoconsommée, tandis que les eaux pluviales seront récupérées et réutilisées en boucle fermée pour le façonnage du verre.
Par ailleurs, les déchets verriers seront triés plus finement dans le cadre d'un partenariat avec Saint-Gobain, avec séparation des verres blanc, feuilleté et miroir. Auparavant ces qualités étaient mélangées et utilisées pour la fabrication de bouteilles.
Accélérer dans la production de verre bas-carbone
Vitrailliste de formation, passé par tous les métiers du groupe, le président de Verrissima compte enfin accélérer dans la production de verres bas-carbone, des produits fabriqués à 60 % à partir de verre recyclé, contre 15 à 20 % pour un verre standard. Il ne cache pas non plus son ambition de séduire un grand cuisiniste frontalier, du calibre de l'Alsacien Schmidt Groupe, son principal client pour lequel il produit notamment 4 000 joues de tiroir par jour.