Implanté dans le Port du Rhin strasbourgeois depuis 2013, en face du siège de Soprema, Cafés Reck (47 collaborateurs, CA non communiqué) planchait depuis l’avant-Covid sur son projet d’extension. Celui-ci se concrétise désormais avec la pose symbolique d’une première pierre du futur bâtiment qui doit permettre au torréfacteur alsacien de doubler ses surfaces de production, pour atteindre 4 500 m2, et de rapatrier sa logistique d’ici le premier semestre 2025. À terme l’extension devrait créer entre dix et quinze emplois sur le site.
L’industriel injecte six millions d’euros dans l’opération. Le coût se répartit à parts égales entre le bâti (signé par le cabinet Frög ainsi que par Architecte et Partenaires) et l’investissement dans les lignes de production. L’enveloppe est autofinancée pour moitié.
Se projeter malgré la volatilité des matières premières et la flambée des cours
"L’extension accompagne notre très forte croissance, et notre croissance annoncée", signale Thomas Riegert, à la tête de l’entreprise familiale depuis 2001. Reck affiche une progression de 85 % de son chiffre d’affaires sur les trois dernières années sans pour autant communiquer sur son montant, ni sur son résultat.
Il a tout de même fallu faire face "à la volatilité folle des matières premières et à l’envolée des cours du café, liée à l’impact du climat sur les récoltes", convient le chef d’entreprise qui admet "qu’il y a eu des moments difficiles avec l’explosion du coût du transport et de l’énergie". "Mais nous réinvestissons pour préparer l’entreprise aux enjeux", ajoute-t-il.
1 200 tonnes de cafés de spécialité (premium) ont été produites ici l’an passé à destination de la grande distribution (une centaine de points de vente, essentiellement en Alsace) et des CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants). Cette production est commercialisée à 30 % sous la marque Reck et 70 % pour le compte de tiers. L’entreprise fabrique actuellement 150 000 capsules aluminium par jour, pour une capacité maximale de 40 millions par an. "L’objectif est de passer à 60 millions de capsules par an", détaille Thomas Riegert. Mais puisque le recyclage ne fait pas tout, l’entreprise s’apprête à opérer dès 2025 un virage vers des contenants durables et va investir dans une ligne de capsules en papier.
"Innover dans les alicaments"
Café en grain, moulu, capsules, chaud et froid, cette extension doit permettre à Reck de se développer sur tous les fronts, y compris sur celui du marché de niche des alicaments. Contraction des mots aliment et médicament, ces alicaments sont censés apporter des bienfaits pour la santé. "Nous travaillons sur d’autres manières de consommer le café, en y ajoutant des principes amaigrissants ou contre le cholestérol", laisse entendre Thomas Riegert.
Centenaire et familiale, Reck bénéficie d’un ancrage profond en Alsace
Les Strasbourgeois connaissent bien la boutique du torréfacteur en centre-ville. Car avant de passer à la phase industrielle, l’entreprise artisanale y est née en 1884 alors que l’Alsace était allemande. Elle a été rachetée en 1919 par Emma Reck puis dirigée par le grand-père de Thomas Riegert. Après avoir torréfié au centre-ville de Strasbourg, Cafés Reck s’est éloigné du cœur de l’agglomération pour s’installer dans le quartier de Neudorf avant de s’implanter au Port du Rhin et d’investir il y a dix ans dans une usine flambant neuve. En 2024, c’est donc dans une nouvelle phase de développement que s’engage l’industriel sur cette emprise de 1,4 ha en zone portuaire. Avec une marge foncière. De quoi nourrir encore de futurs projets, soutient Thomas Riegert.