La coopérative agroalimentaire costarmoricaine Cooperl (7 500 collaborateurs, 2,56 Md€ de CA en 2025), qui fête cette année ses 60 ans, a inauguré le 11 juin 2026 son nouveau siège social, à Lamballe-Armor. Le bâtiment de 6 900 m² de plancher sur trois niveaux et 2 500 m² de façade, construit sur une parcelle de 18 000 m², regroupe les 350 salariés des services supports des 10 branches que compte la coopérative, du groupement d’élevage à la commercialisation des produits qu’elle fabrique, comme les produits de salaison. Outre les 350 postes de travail, Il comprend une cafétéria de 100 places et 72 salles de réunion.
De la place libérée sur d’autres sites de la coopérative
L’ancien siège social accueillera d’ici 2028 une usine de production de biocarburant à base de graisse de porc développé par la Cooperl. Celle-ci va également récupérer de la place dans 3 bâtiments qui lui appartiennent et trois plateaux de bureau loués qui accueillaient certains des salariés, qui sont désormais présents dans le nouveau siège, baptisé La Passerelle.
Un bâtiment du cabinet finistérien Brulé Architectes Associés
Dessiné par le cabinet Brulé Architectes Associés (17 salariés, 2 M€ de CA en 2025), basé à Quimper et qui possède des bureaux à Rennes et Clisson (Loire-Atlantique), le bâtiment passif, avec une réduction de 34 % d’émissions de gaz à effet de serre par rapport aux exigences normatives actuelles. "Cette performance résulte de plusieurs choix forts : nous avons valorisé 70 m3 de la terre crue du site pour la transformer en 17 000 briques, cite par exemple Pierre-Edern Brulé, gérant du cabinet quimpérois. L’isolation des façades a été réalisée en paille locale et celle de l’intérieure en chanvre, lin et coton, tandis que celle de la toiture l’est en laine de bois."
Des moquettes en filets de pêche recyclés
Autres caractéristiques communiquées par la Cooperl, la mixité bois et béton a été choisie pour les planchers, trois fois plus légers qu’une dalle classique, réduisant de 37 % le besoin en murs porteurs. À l’intérieur, le béton est apparent, comme certains murs dont l’un en terre cuite et paille (technique de la bauge). Le réemploi a été privilégié pour le mobilier (les anciens plateaux de bureau ont servi à fabriquer les armoires). "Tous les salariés ont les mêmes modèles de bureaux", souligne Anne-Marie Boullier, secrétaire générale de la Cooperl. Les moquettes sont constituées, elles, de filets de pêche recyclés.
Deux ans de construction et 22 lots pour les entreprises
70 à 80 % de l’eau des sanitaires proviennent de la récupération de l’eau de pluie. Enfin, sept centrales de ventilation d’air double flux transversante et la conception bioclimatique des lieux (orientation est-ouest, triple vitrage…) permettent au bâtiment de pouvoir se priver de climatisation et possède des besoins en chauffage "minimes".
Le chantier, qui a duré deux ans et dont le coût n’a pas été dévoilé, a été décomposé en 22 lots. Les principaux ont été attribués à SRTP (Lamballe, terrassement), Scobat (Trégueux, gros œuvre), Cruard Charpente (Mayenne, charpentes, isolation, bardages), Quémard (Quessoy, étanchéité), Cimeo (Jugon-les-Lacs, cloisons), Menuiserie Cardinal (Maure-de-Bretagne, menuiseries intérieures), Armor Peinture (Plélo, peintures), Le Coq (faux plafonds)…