Place de la Gare à Strasbourg, le siège historique de la banque - elle y était installée depuis 1954 - et ses extensions successives ont disparu. En lieu et place, une gigantesque dent creuse attend d'être comblée. Le chantier évalué à plus de 70 millions d'euros constitue un casse-tête logistique assumé par son commanditaire qui a fait le choix de demeurer en centre-ville et de reconstruire plutôt que de réhabiliter. "Nous avons fait le choix de déconstruire et reconstruire en coeur de ville pour faciliter la vie à nos collaborateurs, nombreux sont ceux qui viennent en train, afin d'optimiser aussi le bilan carbone. Pour nous, déconstruire et reconstruire en ayant un bilan vertueux, c'était la meilleure solution: nous prolongeons l'histoire en nous adaptant à l'époque dans laquelle on est", pose Thierry Cornille, directeur général du Crédit Agricole Alsace Vosges (1 500 collaborateurs, 254 millions d'euros de produit net bancaire).
5 000 m² d'espaces tertiaires destinés à la location
D'ici 2026, plus de 13 000 m² de bureaux et services répartis sur 7 niveaux sortiront de terre en plein centre de la capitale alsacienne. A terme, le nouveau siège du Crédit Agricole s'y déploiera sur 8 000 m². 5 000 m² d'espaces tertiaires, dont un auditorium de 290 places, seront mis en location. Le coût prévisionnel du projet démarré en 2022 est désormais chiffré à plus 70 millions d'euros, l'enveloppe a pris un peu d'embonpoint par rapport aux 60 millions annoncé en début de parcours.
Ce lundi 23 septembre a eu lieu la pose de la première pierre après 18 mois de déconstruction des anciens bâtiments. Le projet se veut à la fois "exemplaire" et représentatif de l'engagement durable de la banque au sein de son territoire ont rappelé de concert Bernard Sion, président du Crédit Agricole, et Thierry Cornille son directeur général.
Une déconstruction "méticulause"
De fait, la déconstruction "méticuleuse", "à la petite cueillère, de l'ancien siège du Crédit Agricole Alsace Vosges à Strasbourg, réparti sur un vaste ensemble immobilier, vient de s'achever. Supervisée par l'entreprise Lingenheld (600 collaborateurs, 220 millions d'euros de CA 2022), celle-ci a permis de démonter 19 200 tonnes de matériaux dont plus de 97% ont été recyclés et 2% réemployés. 88 tonnes de mobilier ont également été redistribuées.
Conçu par le cabinet d'architectes Denu Paradon & Associés, le bâtiment à venir vise quant à lui une quadruple certification : BREEAM (bâtiment à faible impact environnemental de la conception à l'utilisation), Passivhaus (bâtiment passif), BBCA (bâtiment bas carbone) et R2S (bâtiment connecté).
Béton bas carbone, acier et ossature bois
Confiés à Demathieu Bard Construction, basé à Metz (près de 700 millions d'euros de CA en 2022), en groupement avec le cabinet d'architectes Projex, Diagobat, Probim et Terrell, les travaux mobilisent des entreprises du territoire alsacien et vosgien pour 80% d'entre elles. Pour les grandes lignes, l'entreprise Mathis (Muttersholtz) fournira notamment l'ossature bois du complexe (plus de 2000 m3 de bois). 50% du béton employé sera bas carbone. Le bâtiment sera alimenté en géothermie (60 mètres) et équipé de 150 panneaux solaires.
400 collaborateurs de la caisse sont appelés à intégrer mi-2026 leurs nouveaux locaux.