Deux ans après le lancement du chantier, le groupe strasbourgeois Soprema (5 600 salariés, CA 2024 : 5,1 Md€), spécialiste de l’étanchéité, de l’isolation et de la couverture, inaugure sa nouvelle usine située à Saint-Gilles (Gard), près de Nîmes. Fruit de 50 millions d’euros d’investissement, ce complexe de 26 000 m2 s’ajoute aux 11 unités de production du groupe en France, en se focalisant sur la fabrication d’isolants thermiques en mousse de polyuréthane.
"Notre site historiquement dédié à ce produit, situé dans l’Yonne, est arrivé à saturation. Nous disposons d’autres usines du même type – en Italie, Allemagne et Grande-Bretagne –, mais notre volonté avec celle de Saint-Gilles était de nous rapprocher de certains clients, en réduisant nos coûts de transport, et d’aller sur de nouveaux marchés tels que l’Espagne et l’Italie", resitue Ronan Gelu, responsable à la direction industrielle du groupe.
Une technicité à garantir
Sur l’investissement global, une enveloppe de 26 millions d’euros a été fléchée sur l’achat du parc machines et de divers équipements. Le "bloc tertiaire" de l’usine, outre les bureaux, accueille ainsi un laboratoire qualité : Soprema y contrôle tous ses produits en continu, vérifiant divers paramètres tels que la conductivité thermique, la résistance aux arrachages, etc. Une étape jugée stratégique pour la mousse de polyuréthane, un produit haute performance certifié, dont le groupe veut garantir la performance optimale "jusqu’à 15 ou 20 ans selon les applications". "Notre isolant en mousse de polyuréthane est le meilleur du marché, car sa conductivité thermique est meilleure que les produits fabriqués en laine de roche ou de verre", affirme Ronan Gelu, tout en rappelant que Soprema développe une large gamme de produits en isolation et étanchéité (PVC, ouate de cellulose, fibre de bois, etc.).
Priorité à la décarbonation
La halle de production, d’une surface de 8 000 m2, accueille une seule ligne de fabrication à ce jour. En amont, les matières premières chimiques sont stockées en cuverie (capacité totale de 75 t), avant d’être mises en œuvre dans la ligne de production. Divers process s’enchaînent (calibrage, découpe, profilage, etc.) jusqu’aux phases d’emballage et de palettisation. "Nous utilisons un four 100 % électrique, muni d’un système de récupération de chaleur. En rajoutant le toit solarisé (soit une puissance de 1 600 KWc, NDLR), nous disposons ici de la première usine du groupe intégralement décarbonée et autonome en énergie", souligne Ronan Gelu.
Un potentiel industriel évolutif
Mise en service en janvier 2025, l’usine emploie pour l’heure 25 collaborateurs, avec une projection à 80 personnes une fois entrée en vitesse de croisière. Et Soprema a déjà programmé la suite : la halle dispose de la place nécessaire pour installer une deuxième ligne de production, à moyen terme. "Nous la destinons à un produit préfabriqué en Allemagne, que nous souhaitons industrialiser ici", évoque le responsable.
Mieux, le groupe strasbourgeois veut continuer à investir dans la zone. Sur un terrain voisin, il ambitionne de construire un deuxième bâtiment industriel de 3 000 à 4 000 m2 destiné à la production d’isolants naturels. "Notre direction industrielle travaille sur de nouveaux procédés pour réduire notre dépendance au pétrole et pour nous orienter toujours plus vers les matières premières écosourcées. L’une des pistes explorées est le recyclage des déchets de déconstruction. Une fois que le procédé sera mis en œuvre dans notre usine de Strasbourg, nous pourrons le déployer dans ce nouveau bâtiment", dévoile le PDG de Soprema, Pierre-Étienne Bindschedler. Le projet évoqué pourrait sortir de terre dans les deux ans.