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OPALimpact veut permettre aux collectivités et aux entreprises de prévoir et gérer les catastrophes climatiques
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OPALimpact veut permettre aux collectivités et aux entreprises de prévoir et gérer les catastrophes climatiques

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La start-up basée à Lannion OPALimpact travaille sur des solutions technologiques de prédiction et de gestion des catastrophes naturelles et d’anticipation et d’adaptation de ses clients : les collectivités mais aussi les assurances et les industries agroalimentaires. Des pilotes sont en phase de test en Afrique et une levée de fonds est prévue fin 2027.

Emmanuel Letouzé-Lallinec a cofondé l’ONG Data-Pop Alliance puis la start-up OPALimpact, basée à Lannion — Photo : OPALimpact

C’est une start-up ambitieuse qui a été créée en octobre 2025 à Lannion. Baptisée OPALimpact, elle a pour vocation de permettre aux acteurs économiques, comme les assurances ou l’industrie agroalimentaire, mais aussi les États et collectivités territoriales, de mieux prédire et gérer les effets du changement climatique.

"Les impacts des inondations, canicules, ouragans… sont de plus en plus fréquents et seront dramatiques à l’échelle des 20 à 25 ans prochains, estime l’économiste du développement Emmanuel Letouzé-Lallinec, qui a cofondé OPALimpact (15 salariés, 300 000 € de CA attendus en 2026) à partir de son ONG Data-Pop Alliance. Les pertes humaines et économiques qui en découlent sont aujourd’hui acceptées comme une fatalité. OPALimpact a la vocation de les rendre inexcusables, comme la ceinture de sécurité l’a apporté à la sécurité routière."

Quatre modules forment la solution technologique

La start-up costarmoricaine a développé une technologie qui analyse ces risques et propose des solutions pour limiter leurs conséquences. Quatre modules sont proposés. Le premier permet de quantifier et de comprendre les impacts potentiels des catastrophes climatiques pour une zone géographique ou une entreprise. Le second représente un outil d’aide à la décision pour renforcer les capacités d’adaptation et d’anticipation du client.

"Si la technologie intervient massivement, la décision reste toujours humaine", précise Emmanuel Letouzé-Lallinec.

De l’argent pour déplacer le bétail

Un autre module aide à piloter les actions à réaliser en anticipation. "Il s’agit par exemple, dans un pays comme le Sénégal où nous avons développé notre premier pilote, de déterminer les sommes à allouer et les populations bénéficiaires pour acheter de la nourriture, prendre le bus si la maison va être inondée ou acheter de l’essence pour déplacer le bétail, énumère Emmanuel Letouzé-Lallinec. En Bretagne, il s’agira de sommes plus importantes pour protéger le matériel des inondations ou les cultures d’une vague de chaleur."

Enfin, le dernier module est celui du suivi, évaluation et apprentissage, pour améliorer sans cesse la solution.

Les assurances et l’industrie agroalimentaire ciblées

Outre les collectivités, les cibles sont constituées notamment des sociétés d’assurance. "Une meilleure analyse des risques et des impacts leur permettra de mettre en œuvre des assurances paramétriques ou indicielles avec des paiements en anticipation ou juste après les catastrophes", affirme Emmanuel Letouzé-Lallinec. Le secteur de l’agroalimentaire et les distributeurs avec une chaîne de valeur intégrée sont aussi ciblés, "pour qu’ils puissent se protéger à court terme, dans l’anticipation, et à moyen terme, dans l’adaptation."

L’avantage pour ces clients a été quantifié. Une étude des Nations Unies a conclu qu’un euro investi dans l’anticipation des catastrophes climatiques permettait d’économiser 7 à 8 euros de pertes. "L’aspect psychologique de confiance dans les alertes joue également un grand rôle. En les inscrivant dans des données de rationalisation économique et de santé, ces alertes seront mieux reçues", estime le chef d'entreprise breton, diplômé de Sciences Po et des universités américaines de Colombia et de Berkeley.

Une deuxième levée de fonds d'ici 2028

OPALimpact a déjà levé 500 000 euros en 2025. Membre de la technopole lannionnaise Anticipa, de la French Tech, accompagné par l’incubateur Emergys Bretagne et par Bpifrance (750 000 euros d’aide au développement en cours de signature), la start-up envisage une nouvelle levée de fonds d’ici 2028, pour réunir entre 1,5 et 3 million d’euros. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires 10 millions d’euros en 2030.

En attendant, OPALimpact a signé un contrat de recherche et de conseil auprès de la GSMA, association internationale des opérateurs télécoms, intéressés au premier chef par le système d’alerte précoce imaginée par OPALimpact, et un contrat de recherche avec l’Agence française de développement (AFD), pour développer des indicateurs de vulnérabilité climatique en Afrique du Sud.

Un pilote de la plateforme de la start-up est testé sur une partie du territoire du Sénégal, pour modéliser les impacts des inondations, et un autre en Sierra Leone. "Nous aimerions également avoir un pilote en Bretagne", annonce Emmanuel Letouzé-Lallinec.

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