À Laval, Gruau adaptera 2 000 utilitaires par an en moteur électrique pour la start-up provençale Qinomic
# Automobile # Transition énergétique

À Laval, Gruau adaptera 2 000 utilitaires par an en moteur électrique pour la start-up provençale Qinomic

S'abonner

Le carrossier mayennais Gruau va transformer en série des véhicules utilitaires légers selon le procédé de rétrofit de la start-up Qinomic. L’entreprise d’Aix-en-Provence créée en 2021 a développé une ingénierie de solutions pour une mobilité zéro émission qu’elle veut désormais industrialiser.

L’usine Gruau de Laval va transformer à partir de 2025 des véhicules utilitaires en modèles électriques selon le procédé de rétrofit mis au point par la start-up Qinomic — Photo : Frédéric Gérard

Le carrossier mayennais Gruau et la start-up provençale Qinomic vont rouler ensemble. Dans son usine de Laval (Mayenne), Gruau va industrialiser les solutions de rétrofit mises au point par la start-up d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Ce procédé consiste à transformer la motorisation thermique d’un véhicule en électrique.

Les premières séries à partir d’avril 2025

Le contrat devrait entrer en phase opérationnelle au cours du premier semestre 2025. Il porte sur la transformation de véhicules utilitaires légers à rétrofiter. "Pour les premières séries, nous allons démarrer sur un rythme d’environ 2 000 véhicules par an", indique Patrick Buchard, directeur général du pôle Mobilités urbaines du groupe Gruau (1 400 collaborateurs, 270 M€ de CA en 2023). Ce qui va représenter 45 emplois.

"On table sur 3 500 véhicules en régime de croisière, complète Frédéric Strady, fondateur et directeur général de Qinomic. On évalue pouvoir atteindre ce niveau en 2028. Aujourd’hui, seule la France a un texte clair sur l’industrialisation du rétrofit. Mais l’homologation de la réglementation sur le rétrofit au niveau européen doit entrer en vigueur en 2026. Cela élargira alors énormément le potentiel de notre marché."

Des grandes flottes en priorité

Dans un premier temps, la production se limitera à de petites séries. Les utilitaires transformés par Gruau seront "des véhicules de démonstration", indique Frédéric Strady. "Notre cible privilégiée, ce sont des grands comptes, privés ou publics. Des gestionnaires propriétaires de leur flotte, que ce soit pour une utilisation en propre ou en location, qui voudront tester à l’usage ces nouvelles motorisations avec quelques unités. Et ils se rendront compte que c’est une offre complètement pertinente", est persuadé le dirigeant de Qinomic.

Face aux prix des véhicules électriques neufs, le rétrofit est une alternative "deux fois moins cher", poursuit-il. Le procédé permet de prolonger la durée de vie d’un véhicule en circulation "de cinq à dix ans". Les deux partenaires soulignent encore, chiffres de l’Ademe à l’appui, qu’un véhicule rétrofité "permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50 % par rapport à l’achat d’un véhicule électrique neuf".

Des véhicules simples

Une seule motorisation électrique est prévue au démarrage "avec une puissance de batterie de 75 kWh". "À partir de 2026, nous proposerons aussi une plus petite capacité de batterie de 50 kWh, pour répondre à tous les cas d’usage", précise Frédéric Strady. Toutefois, il s’agira en grande partie de fourgons. "Nous ne voulons pas nous lancer sur les options trop techniques et des gammes trop restreintes", ajoute encore le dirigeant. Par exemple, les camions frigorifiques.

Le siège de Qinomic, à Venelles près d’Aix-en-Provence — Photo : DR

Chez Gruau, "nous allons dimensionner progressivement notre usine, avec une équipe au départ, explique Patric Buchard. C’est un nouveau marché mais nous savons que la demande va augmenter et s’inscrire dans la durée. Nous adapterons nos effectifs en conséquence, en recrutant des profils techniques, notamment sur les méthodes d’industrialisation après la phase de réception des kits de Qinomic."

Le groupe lavallois avait déjà travaillé sur des modèles électriques "de manière significative", rappelle Patrick Buchard. "Nous avons arrêté la production de notre modèle Electron, et toute la phase de développement. Nous avons concentré nos moyens sur le corps de notre business, la transformation de véhicules. Mais nous savons industrialiser ces techniques."

Un marché équivalent à celui avec Stellantis

Depuis sa création en 2021, Qinomic a la certitude que sa R & D a conçu des solutions qui vont répondre à un marché amené à se développer. La start-up cherche pour cela des partenaires industriels pour donner forme à son ingénierie. Fin 2022, Qinomic avait ainsi conclu un premier partenariat industriel avec Stellantis pour le rétrofit d’utilitaires. "Nous sommes potentiellement sur un marché équivalent" en termes de retombées financières, croit Frédéric Strady.
Employant 40 personnes, Qinomic a réalisé un chiffre d’affaires en 2023 "d’un peu plus d’un million d’euros". Si tout se passe bien, voit Frédéric Strady, "il atteindra des dizaines de millions d’euros d’ici cinq ans".

Laval Aix-en-Provence # Automobile # Transition énergétique # ETI # Start-up # Greentech