À Villefranche-sur-Saône, Rev Bus & Truck industrialise le rétrofit
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À Villefranche-sur-Saône, Rev Bus & Truck industrialise le rétrofit

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La joint-venture entre le groupe Maurin et Rev Mobilities vient d’inaugurer à Villefranche-sur-Saône un site industriel et de R & D de 1 600 m² dédié au rétrofit électrique d’autocars. La capacité de production visée dépasse les 150 kits de rétrofit par an, destinés notamment aux modèles Iveco Crossway et Mercedes Intouro.

Arnaud Pigounides, président de Rev Mobilities — Photo : REV Mobilities

Rev Bus & Truck, la marque de rétrofit de Rev Mobilities change de dimension. La coentreprise fondée par le groupe savoyard de concessions automobiles Maurin (plus de 4 000 salariés, 2,5 Md€ de CA) et le parisien Rev Mobilities a inauguré, le 9 février, son Labo & eFactory à Villefranche-sur-Saône (Rhône), en présence notamment du président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannecoucke. Un site stratégique de 1 600 m², présenté comme un jalon majeur dans le déploiement industriel du rétrofit électrique des autocars pour la filiale de Rev Mobilities, dont le siège est implanté au Mans.

Implanté à 60 kilomètres au nord de Lyon, ce nouvel outil concentre toute la chaîne de valeur du rétrofit : bureau d’études et R & D, prototypage, homologation, production, logistique et centre de formation. Avec l’objectif d’industrialiser une solution alternative au renouvellement complet des flottes, tout en prolongeant la durée de vie des véhicules thermiques existants grâce à leur conversion à l’électrique.

Le rétrofit, une solution économique de décarbonation

"Ce Labo & eFactory incarne notre vision depuis toujours : offrir une solution innovante de rétrofit Made in France pour réduire rapidement l’empreinte carbone du transport", souligne Arnaud Pigounides, président de REV Mobilities. Selon l’entreprise, le rétrofit d’un bus permet d’éviter jusqu’à 360 tonnes de CO₂ par rapport à un véhicule thermique équivalent. Économiquement plus accessible qu’un véhicule électrique neuf et éligible à plusieurs dispositifs d’aides, "le rétrofit s’impose comme une réponse pragmatique aux contraintes budgétaires des collectivités". "Pour un budget de 200 000 euros, il est deux fois et demie moins cher qu’un autocar électrique neuf et permet d’allonger la durée de vie des véhicules de 8 à 12 ans", argumente Arnaud Pigounidès.

Le budget pour "rétrofiter" un autocar scolaire diesel s’élève à 200 000 euros — Photo : DR

REV Bus & Truck, qui emploie 37 salariés, prévoit de porter ses effectifs à 60 collaborateurs d’ici fin 2026, principalement des ingénieurs et techniciens spécialisés. La capacité de production visée dépasse les 150 kits de rétrofit par an, destinés notamment aux modèles Iveco Crossway et Mercedes Intouro, qui représentent plus de 80 % du parc français d’autocars scolaires et interurbains.

Le soutien du groupe Maurin

Une trajectoire qui n’aurait été possible sans le soutien du 5e groupe de concessions automobiles Maurin, actionnaire industriel de référence avec 70 % du capital de Bus & Truck. Les 30 % restants étant dans les mains de Rev Mobilities. "Nous étions à la recherche d’un investisseur pour nous développer dans le rétrofit et nous avons trouvé le groupe chambérien Maurin qui venait de reprendre 5 concessions Iveco appartenant à LVI, basé à Saint-Priest", raconte le président de Rev Mobilities qui avait de son côté repris au Tribunal de Commerces l’activité rétrofit de la société d’ingénierie GreenMot (17 salariés à l’époque) en mai 2025.

Le rapprochement avec Maurin permet de se lancer dans l’aventure, moyennant un investissement de 10 millions d’euros essentiellement porté par le réseau de concessions. Ce dernier apporte aussi dans la corbeille de la mariée des garages pour véhicules industriels, "qui commercialiseront et installeront les kits de rétrofit de Bus & Truck, composés à plus de 80 % de produits fabriqués en Europe", ajoute-t-il.

27 millions de chiffre d'affaires prévu en 2026

La jeune structure a déjà séduit de grands donneurs d’ordres comme Keolis, Transdev ou RATP Dev, ainsi que plusieurs collectivités, à l’image de la Métropole Rouen Normandie, qui a commandé 49 autocars rétrofités. Des acteurs régionaux complètent le portefeuille, dont le groupe Faure (Isère), avec une commande de 12 véhicules. "Nous tablons sur un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros en 2026", prévoit Arnaud Pigounidès.

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