"Le secteur représente 18 000 entreprises, 42 000 salariés, et 6 000 jeunes en formation", pose Patrick Chatrieux, président de Mobilians Sud-Paca. Une filière très majoritairement composée de services, mais où émergent aujourd’hui des technologies stratégiques : rétrofit, hydrogène, micro-électronique, logiciels embarqués. "L’avenir réside dans les véhicules décarbonés et intelligents. Et pourquoi pas les faire émerger ici ?", avance François Mathieu, chargé de développement à la DREETS en région Paca, à l’origine de ce premier rendez-vous de filière.
Des investissements dans l’hydrogène
À cette occasion, les dirigeants ont dévoilé leurs feuilles de route industrielles, souvent soutenues par la R & D. À Venelles, près d’Aix-en-Provence, Solution F, filiale du groupe GCK (environ 30 salariés), développe son moteur thermique hydrogène de 300 chevaux, destiné à un futur autocar démonstrateur. "On garde tout le savoir-faire de la motorisation thermique, mais avec un carburant décarboné", précise Stéphane Zinola, responsable projets moteurs thermiques H2 et responsable du projet H2ICE. Une stratégie financée par les autres activités du groupe, notamment aéronautiques, qui assurent une partie du chiffre d’affaires en attendant l’essor du marché hydrogène.
Installée également à Venelles, Qinomic, spécialiste du retrofit des VUL, finalise l’homologation du Renault Trafic et prépare une commercialisation en 2026. "L’événement permet de revoir nos partenaires, mais aussi d’identifier de futures coopérations", résume Cyril Miquelajauregui, directeur général adjoint.
Dans l’électronique automobile, Cetrac revendique une activité en croissance. "Avec la conduite autonome, il faut du débit, de la faible latence, un maximum de cybersécurité. C’est exactement notre cœur de métier", souligne Gerulf Kinkelin, associé de Cetrac, chargé de la stratégie et du développement. L’entreprise, basée à Aix et à Paris, qui travaille déjà avec Hyundai, réalise environ 20 % de son chiffre d’affaires dans l’automobile et vise à devenir un acteur de référence des réseaux embarqués.
Le rêve des 24 Heures du Mans
L’hydrogène était également à l’honneur : H24 Project, bureau d’ingénierie d’une dizaine de salariés, installé sur le plateau de Signes, développe la voiture de course hydrogène engagée dans la Mission H24. "On prépare le terrain de jeu des constructeurs. Le rêve, c’est qu’une voiture hydrogène gagne Le Mans en 2028", annonce Nicolas Pérez, chef de projet. Les pôles de compétitivité étaient eux aussi dans les starting-blocks. Aktentis (ex SCS) a insisté sur le rôle central de la cybersécurité, de l’IA embarquée et des puces électroniques. Une quarantaine de ses membres travaillent déjà pour le secteur automobile. Le pôle Capenergies, de son côté, fédère 520 membres, dont 300 entreprises axées sur l’innovation énergie et mobilité. "La transition énergétique passe autant par la technologie que par les usages", rappelle Raphaël Rinaldi, directeur Europe, International et réfèrent systèmes énergétiques au sein de Capenergies.