Avec plus de 850 salariés répartis sur six sites industriels en France et un chiffre d’affaires de 571 millions d’euros en 2024, le groupe agroalimentaire Panzani qui fabrique pâtes, semoule et autres sauces, fait face aux mêmes difficultés que nombre d’entreprises industrielles : attirer, engager puis fidéliser ses futurs salariés. À ces enjeux s’ajoute une réalité démographique interne marquée. L’entreprise comptabilise 716 enfants dans les familles des collaborateurs et près d’un salarié sur deux est parent d’au moins un enfant de moins de 18 ans.
Dans ce contexte, la direction des ressources humaines a choisi de structurer une politique parentalité ambitieuse. Elle s’est construite progressivement depuis 2018 et est partie du constat effectué par la direction que les initiatives isolées ne suffisaient pas à répondre aux besoins des salariés parents. "Nous avons fait le choix de ne pas réduire la parentalité à une simple ligne budgétaire, mais de la traiter comme une véritable infrastructure RH", explique Jérémy Mailly, DRH du groupe. L’objectif : apporter des solutions concrètes aux salariés parents tout en évitant une politique réservée aux fonctions tertiaires. "La parentalité n’est pas un avantage de bureau : en usine aussi, on a des enfants. Une politique qui oublie les sites est inégalitaire par construction", souligne-t-il.
Partir du réel plutôt que des symboles
Le groupe décide alors de bâtir un dispositif structuré en partenariat avec l’entreprise Les Parents Zens, spécialisée dans l’accompagnement de la parentalité en entreprise. Ainsi, ils vont aider le groupe à construire et piloter la politique de parentalité auprès des salariés concernés. Première étape : faciliter l’accès aux solutions de garde. Les Parents Zens identifient les besoins des salariés (âge de l’enfant, localisation, horaires) et réserve des « berceaux » dans un réseau de crèches partenaires proches des sites de l’entreprise. Ces places sont financées en partie par l’entreprise. Les salariés de Panzani deviennent donc prioritaires pour ces places.
Dans un contexte où la France ne compte qu’une place en crèche pour cinq enfants selon la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF), cette mesure constitue un avantage pour les familles. En 2024, Panzani fait le choix d’ouvrir ces dispositifs aux salariés des sites industriels. Jusqu’alors, ces mesures étaient seulement réservées aux équipes du siège.
Une plateforme unique pour simplifier l’accès aux services
Au fil des années, le dispositif s’élargit. Panzani décide de regrouper l’ensemble des dispositifs consacrés à la parentalité au sein d’une plateforme unique opérée par Les Parents Zens. Les salariés parents peuvent ainsi accéder à différents services : coaching pour les futurs parents, garde d’urgence, soutien scolaire, accompagnement à l’orientation ou encore soutien psychologique. L’objectif est de proposer un accompagnement sur l’ensemble du parcours parental.
"Si les dispositifs sont dispersés ou trop complexes, l’usage s’effondre, surtout sur le terrain. Nous avons donc voulu une porte d’entrée unique pour rendre les services visibles et faciles à activer", explique Jérémy Mailly. Chaque collaborateur dispose d’un accès à ces services via la plateforme. Cette centralisation permet aussi à l’entreprise de suivre l’utilisation des dispositifs et d’ajuster la politique en fonction des besoins.
Sécuriser les moments clés de la parentalité
Au-delà des services, la politique parentalité de Panzani s’appuie aussi sur des règles RH visant à sécuriser les moments clés : avant, pendant et après les congés liés à la naissance d’un enfant. Avant un départ en congé maternité ou paternité, un entretien spécifique est organisé afin d’anticiper l’organisation du travail et préparer le retour. Un second échange est prévu au moment de la reprise pour accompagner la réintégration.
Le groupe a également instauré plusieurs mesures concrètes, comme le maintien à 100 % de la rémunération pendant le congé paternité. Pour les salariées enceintes, le télétravail peut être élargi jusqu’à trois jours par semaine à partir du sixième mois de grossesse lorsque le poste le permet.
Dans les usines, où le télétravail est rarement possible, les ajustements portent davantage sur l’anticipation des plannings et l’accès équivalent aux services externes, notamment les solutions de garde.
Un levier de fidélisation et de stabilité des équipes
Pour Panzani, la parentalité constitue désormais un levier de gestion des ressources humaines à part entière. L’entreprise suit plusieurs indicateurs pour mesurer l’impact de cette politique : taux d’utilisation des services, qualité des retours de congé, maintien dans l’emploi ou encore engagement des salariés. "Quand la parentalité n’est pas structurée, les équipes subissent des urgences et des désorganisations. Avec un cadre clair, les managers peuvent anticiper et les salariés se sentent sécurisés", observe Jérémy Mailly.
Huit ans après le lancement du dispositif, Panzani revendique une politique parentalité désormais intégrée à son pilotage RH. "Une politique parentalité n’explique pas tout, mais elle doit produire des signaux cohérents : des retours de congé mieux préparés, plus de stabilité opérationnelle et un climat social renforcé", conclut-il.