Que représente aujourd’hui la filière brassicole en Alsace ?
C’est déjà la plus grande filière brassicole en France car nous produisons plus de 50 % des volumes nationaux depuis l’Alsace. C’est une tradition séculaire car, non seulement l’Alsace est une grande région productrice mais elle est aussi une grande région consommatrice, même si le marché français est actuellement à la baisse au niveau du segment des bières de consommation.
Qu’est-ce que le tourisme brassicole, également porté par Alsace Destination Tourisme et actuellement en plein essor et défendu, pourrait apporter à votre filière ?
C’est une question qu’on ne s’est jamais posée jusqu’à ces dernières années. Par définition, l’Alsace est historiquement une terre brassicole. Il y a 20 ans, nous n’étions que six brasseurs. Chacun faisait sa vie et on était loin de s’imaginer créer un attrait touristique autour de la bière. Cela s’est fait petit à petit avec l’émergence de brasseries artisanales et, comme le vin autour de l’œnotourisme, on s’est dit qu’on pourrait gagner en attractivité avec une offre de tourisme brassicole. Comme cela se fait dans des pays comme l’Allemagne et l’Autriche.
Comment les brasseurs peuvent-ils se faire une place au sein d’une destination touristique comme l’Alsace, déjà fortement prisée pour ses atouts patrimoniaux et ses richesses gastronomiques ?
C’est évidemment compliqué mais on dispose d’un avantage énorme avec la présence de touristes à l’année. À nous de différencier l’offre en trouvant notre positionnement. Celui-ci peut se distinguer par notre aspect agricole avec les houblons français qui sont produits à 95 % chez nous. Beaucoup de gens viennent en Alsace pour bien manger, il faut juste qu’on arrive à trouver notre place dans les offres proposées actuellement.
L’Alsace se distingue également par la présence de brasseries historiques et industrielles telles que Kronenbourg, Meteor ou encore la vôtre, Licorne, en complément de brasseries artisanales. Ces trois fers de lance doivent-ils servir de locomotives au reste de la filière régionale ?
Je pense que chacun doit apporter sa pierre à l’édifice. Nous compris. Si je prends l’exemple de Licorne, notre brasserie n’est aujourd’hui pas structurée pour être apte à avoir une offre autour du tourisme brassicole en accueillant des visiteurs. Même si nous avons développé, avec la Ville de Saverne, une fête de la bière qui est l’une des plus grandes de France avec la présence de 50 000 visiteurs sur un week-end, fin août, il ne faut pas qu’on néglige cet aspect-là. Il convient que chaque brasserie ait son offre afin qu’on anime notre filière avec nos signatures respectives pour gagner en attractivité.