Chez Michelin, la mobilité interne pourrait être plus importante que dans d’autres groupes qui ferment des sites. À Vannes, le fabricant de pneumatiques a réalisé 42 sessions d’entretiens collectifs ou individuels, à Cholet 62 sessions, dans les jours qui ont suivi l’annonce de fermeture des deux usines du Morbihan (299 salariés) et du Maine-et-Loire (955 salariés) le 5 novembre.
Des intentions de mobilité interne plus fortes qu’ailleurs
"Déjà 15 % des personnes envisagent une mobilité interne. Et même davantage sur le site de Cholet. Rien n’est sûr, rien n’est signé, à ce stade, les gens se renseignent. Mais je vois quand même une différence avec d’autres entreprises qui ferment des sites, pour lesquelles le taux de mobilité habituel est plutôt de 3 à 4 %. C’est d’autant plus notable que le groupe ne possédera plus de sites à proximité de la région Ouest", expose Charles Bardon, directeur général adjoint au développement de Randstad Risesmart France, l’un des deux cabinets qui accompagnent Michelin dans son plan social, avec Alterhego en conseil RH.
Pour le directeur des relations sociales de Michelin France, Alain Robbe, ces éventuelles intentions de mobilité au sein du groupe peuvent être une marque de confiance. Comprendre : l’employeur soutient ses collaborateurs, même en phase de licenciements et de cession d’activité d’usines. "De nombreux salariés de Cholet et surtout de Vannes ont connu des mobilités après des fermetures au sein du groupe", souligne Alain Robbe.
Un suivi jusqu’à l’obtention d’un CDI
La première session des négociations aura lieu les 17 et 18 décembre ; la phase des négociations prendra fin à la mi-mars 2025. "Plusieurs centaines de postes sont à pourvoir en instantané au sein du groupe, indique Pierre-Alexandre Anstett, directeur du personnel de Michelin France. Nous pouvons accompagner le salarié dans son déménagement, y compris aider son conjoint à trouver un nouvel emploi dans leur nouvelle région. Nous suivrons les salariés pour faire en sorte que chacun trouve le poste qui lui convienne, chez nous, ou dans une autre entreprise. Nous ne les lâcherons pas tant qu’ils n’auront pas un CDI ou réalisé leur troisième exercice comptable pour ceux qui veulent se reconvertir en créant leur entreprise."
Plus de 300 millions provisionnés
Le groupe Michelin a provisionné 330 millions d’euros pour couvrir l’intégralité des mesures d’accompagnement de son plan. Cela comprend aussi le reconditionnement des sites pour "accompagner la transition dans les territoires concernés".
Toute activité de production cessera à Vannes en 2025 et à la fin du printemps 2026 à Cholet. "Pour autant, nous saurons nous adapter en fonction de chacun des salariés concernés, y compris en faisant évoluer ce planning", assure encore la direction du groupe.