Le couperet était tombé en 2019. La direction du groupe auvergnat Michelin (132 200 collaborateurs dans le monde ; 28,3 Md€ de CA en 2023) annonçait sa volonté de fermer son site de La Roche-sur-Yon, crée dans les années 1960 et employant 613 personnes. Fin 2020, l’usine de pneus poids lourds fermait définitivement ses portes, après 48 ans d’existence.
Michelin a reçu une aide publique de 4,3 millions d’euros
Cette fermeture est revenue sur le devant de la scène la semaine dernière au Sénat dans le cadre de la commission d’enquête sénatoriale sur les aides aux entreprises. Florent Menegaux, PDG de Michelin, a été interpellé par le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis, Fabien Gay à propos d’une aide publique de 4,3 millions d’euros touchée en 2017 dans le cadre du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).
"Ce ne serait pas anormal que nous les remboursions"
Cette somme devait servir à moderniser le site de la Roche-sur-Yon, avec la rénovation d’ateliers de cuisson et l’achat de machines d’assemblage. "Oui, l’argent public français doit servir à aider les activités en France", a affirmé Florent Menegaux, président du groupe Michelin, en réponse à la question du sénateur. "On devrait être capable de rembourser si le CICE n’a effectivement pas servi aux machines restées en France. Ce ne serait pas anormal que nous les remboursions", a poursuivi le patron du fabricant de pneus. Ce dernier est en train de se retirer de l’Ouest de la France, avec les annonces de fermeture des usines de Cholet (Maine-et-Loire) et de Vannes (Morbihan).
Un pôle dédié aux énergies renouvelables en Vendée
Affaire à suivre donc, cinq ans après la fermeture du site, au sein duquel Michelin ne s’est pas totalement désengagé. En effet, le lieu vise aujourd’hui à se transformer en pôle d’excellence dédié aux énergies renouvelables et aux mobilités durables. Ce projet d’un montant de 45 millions d’euros, sera financé par Michelin et la Banque des Territoires qui apportent chacun 6 millions d’euros en fonds propres et Oryon, opérateur du projet, qui contribue à hauteur de 1,2 million d’euros, le reste étant financé par des prêts bancaires.