L’entreprise allopneus a vingt ans. Comment l’entreprise, fondée par Didier Blaise, a-t-elle évolué depuis sa création ?
Nous avons changé de cap à plusieurs reprises. En 2015, notre avantage était d’être exclusivement en ligne et les moins chers. Cet avantage prix a disparu. Aujourd’hui, nous nous positionnons davantage comme un stockiste offrant un service à valeur ajouté. Cette stratégie s’appuie notamment sur un entrepôt de 66 000 m² construit en 2017, à Valence, capable d’accueillir plus d’un million de pneus multimarques, soit le plus grand stock de France.
Quels services avez-vous développés pour accompagner ce repositionnement ?
Nous avons construit un maillage de 6 000 garages partenaires, des garagistes indépendants et des centres autos, à l’image d’Euromaster ou Feu Vert, permettant aux clients de faire monter leurs pneus en moyenne à moins de dix kilomètres de chez eux. Nous avons par ailleurs lancé dès 2010 un service exclusif de montage à domicile via des camions-ateliers : ils sont 62 aujourd’hui et ont installé plus de 250 000 pneus en 2024.
Vous misez beaucoup sur la franchise. Quels sont vos objectifs ?
Nous comptons aujourd’hui 42 franchisés. Nous voulons en recruter 10 de plus en 2025, et viser 80 partenaires en 2027, avec 120 camions-ateliers couvrant 85 % du territoire et 95 % du parc roulant. L’investissement de départ reste limité et nous accompagnons chaque franchisé : ils bénéficient d’un volant d’affaires, d’une marque puissante et de véhicules de dernière génération. L’objectif est aussi de doubler le nombre de ventes avec prise de rendez-vous, qui représentent actuellement 10 % de nos ventes (CA 2024 : 307M€).
L’intelligence artificielle occupe une place croissante dans votre stratégie. De quelle manière l’utilisez-vous ?
Notre valeur, c’est de guider le client vers le bon pneu. Grâce à l’IA, nous pouvons analyser finement son besoin, en fonction du véhicule et de ses usages, et lui proposer une sélection pertinente et personnalisée parmi nos 25 000 références. Mais l’IA ne s’arrête pas à la relation client.
Nous l’utilisons aussi en interne pour rationaliser le catalogue, éviter les références inutiles, inciter les manufacturiers à maintenir certaines gammes et ainsi réduire leurs émissions de CO2. Ces investissements se chiffrent en millions d’euros, ils mobilisent une cinquantaine de collaborateurs et s’appuient sur des partenariats avec des start-up.
Quel rôle joue Michelin, qui a racheté allopneus en 2021 ?
Michelin a ce souci des personnes et de la planète. Cela s’est par exemple traduit concrètement chez allopneus : nos 300 collaborateurs ont tous bénéficié d’un bonus basé sur les résultats du groupe et disposent d’un salaire qui va au-delà du salaire minimum. Cet attachement à l’humain est une clé de notre succès sur le long terme.
Qu’attendez-vous de 2025 ?
C’est une année d’accélération. Avec l’IA et la franchise, nous voulons renforcer notre rôle de leader et simplifier encore l’expérience client. Nous avons décloisonné l’univers complexe du pneu pour en faire un produit de consommation comme les autres. L’enjeu, désormais, est de le rendre toujours plus accessible et personnalisé.