Haute-Garonne

Restauration

Coronavirus : les restaurateurs toulousains estiment déjà leurs pertes

Par Fleur Olagnier, le 16 mars 2020

Suite à la fermeture obligatoire de tous les lieux publics « non essentiels » jusqu’à nouvel ordre dans le cadre de la crise sanitaire du coronavirus, les restaurateurs toulousains estiment déjà leurs pertes. Thomas Fantini (groupe Esprit Pergo) et Tommy Soula (Tommy’s Diner) témoignent des actions mises en place et chiffrent leur futur manque à gagner.

Tommy Soula, directeur d'exploitation, et Patrick Soula, PDG de la chaine de restauration toulousaine Tommy's Diner.
Tommy Soula, directeur d'exploitation, et Patrick Soula, PDG de la chaine de restauration toulousaine Tommy's Diner, anticipent un manque à gagner d'au moins 380 000 € pour leur restaurant principal de Labège. — Photo : Tommy's Diner

Depuis le 14 mars minuit, tous les lieux publics « non essentiels » à la vie du pays doivent rester clos face à la crise sanitaire du coronavirus. En première ligne, des restaurateurs plus ou moins bien préparés à l'annonce. Thomas Fantini, gérant du groupe toulousain Esprit Pergo (80 à 100 collaborateurs ; CA 2019 : 7 M€), n’a pas été surpris par cette décision : « Dès la semaine du 2 mars, notre filiale traiteur a subi de nombreuses annulations d’événements et cela nous a alerté sur ce qui allait se passer par la suite pour nos cinq restaurants ».

Depuis bientôt quinze jours, le groupe a ainsi réfléchi à la mise en place du chômage partiel pour tous ses employés, diminué les stocks de ses établissements et effectué des demandes de décalage de charges. « La priorité est de protéger les équipes et l’entreprise, appuie Thomas Fantini. Nous avons donc décidé de compenser tous les salaires, qui devraient être pris en charge à 70 % du brut par l’État. De plus, nous travaillons étroitement avec les banques sur le report d’échéances et la possibilité de réaliser avec elles des levées de besoin en fonds de roulement ».

Le groupe Esprit Pergo prévoit plus de 200 000 euros de pertes en trésorerie et marchandises à la fin mai, et entre 1,5 M€ et 2 M€ en chiffre d'affaires. « Sans compter qu'en juin, la reprise ne sera pas immédiate. J'ai peur que certains autres restaurateurs ne tiennent pas le coup », confie Thomas Fantini. En outre, malgré ses inquiétudes, le chef d'entreprise tient à insister positivement sur la réactivité des institutions locales.

« Au moins un mois sans trésorerie »

Du côté de la chaîne de restaurants Tommy's Diner (400 salariés ; CA 2019 : env. 19 M€), dont le siège est à Labège, près de Toulouse, la fermeture des établissements a été légèrement plus surprenante. « La priorité est évidemment le risque sanitaire. Toutefois, je reproche la fermeture annoncée le samedi soir à 20 heures pour une mise en application seulement quatre heures plus tard, en plein weekend, quand nos stocks étaient au complet », partage Tommy Soula, directeur d'exploitation de la chaîne de diners à l'américaine. L'entreprise, qui observait une baisse de fréquentation croissante depuis trois semaines, a dans l'urgence redistribué un maximum de marchandises à ses collaborateurs.

Tommy Soula, gérant de la branche événementiel du Tommy's Diner, qualifie la situation de "catastrophique".
Tommy Soula, gérant de la branche événementiel du Tommy's Diner, qualifie la situation de "catastrophique". - Photo : Tommy's Diner

« Nous prévoyons au moins 380 000 € de manque à gagner pour notre restaurant principal de Labège (5 M€ de CA annuel, NDLR), d'autant que nous allions entrer en période de vacances scolaires, qui boostent habituellement les recettes, analyse Tommy Soula. Le chiffre d'affaires de notre branche événementiel est quant à lui catastrophique, avec entre 50 000 et 60 000 € de pertes à prévoir d'ici la mi-avril ».

Le Tommy's Diner organise depuis ce dimanche des réunions de crise concernant la mise en place du chômage partiel : « Nous allons être confrontés à au moins un mois sans rentrée d'argent. Au vu des circonstances difficiles, nous attendons avec impatience les annonces de l'État, notamment concernant la confirmation des 70 % de prise en charge du chômage partiel ».

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