Meurthe-et-Moselle
Transdev exploite le premier car scolaire converti à l’électricité du Grand Est
Meurthe-et-Moselle # Transport-logistique # Transition écologique

Transdev exploite le premier car scolaire converti à l’électricité du Grand Est

S'abonner

Les équipes de l’opérateur de mobilité Transdev viennent de mettre en service le premier car scolaire électrique du Grand Est, à la demande du Syndicat de transport du bassin de Briey, en Meurthe-et-Moselle. Ancien véhicule diesel, le car a été converti à l’énergie électrique par la société savoyarde Rétrofleet.

Le directeur de Transdev Est, Laurent Mahieu, présente le car scolaire rétrofité : le bloc-moteur a laissé la place à une batterie et un convertisseur de puissance — Photo : Jean-François Michel

Parmi les avantages de l’énergie électrique sur le diesel, figure le niveau sonore en fonctionnement. "Mais dans le cadre d’un transport scolaire, ça ne joue vraiment pas beaucoup. Quelle que soit la technologie, les enfants se chargent de couvrir les bruits du véhicule", s’amuse Laurent Mahieu, directeur de Transdev pour le quart Est de la France.

Les équipes de l’opérateur de mobilité Transdev (CA : 9,3 Md€ ; 102 000 salariés) viennent de lancer l’exploitation du premier car scolaire converti à l’énergie électrique dans le Grand Est. Une première à 220 000 €, financée par Transdev avec un coup de pouce de 50 000 € de la région Grand Est, réalisée à la demande du Syndicat de transport du bassin de Briey, en Meurthe-et-Moselle.

Un véhicule cumulant déjà 350 000 kilomètres

"La demande, c’était de limiter l’impact du transport sur l’environnement", retrace Laurent Mahieu. À Briey, le groupe exploite un parc de 80 véhicules, affichant une moyenne d’âge d’environ 12 ans et parcourant chaque année 900 000 kilomètres, pour transporter 5 200 élèves. "L’essentiel des véhicules exploités ici sont à la norme Euro 5", rappelle Eric Lemaitre, responsable du parc pour Transdev Est. Pour ce premier "rétrofit", soit l’opération de conversion à l’énergie électrique, le choix s’est porté sur un véhicule de marque Iveco, de la gamme Crossway, affichant près de 350 000 kilomètres réalisés depuis sa mise en service, en 2015.

La montée en puissance du rétrofit

Les travaux ont été confiés à l’entreprise savoyarde Rétrofleet (CA : 20 M€ ; 50 salariés), filiale du groupe CBM (CA : 176 M€ ; 150 salariés), groupe opérant dans la pièce détachée pour les bus, cars, tramways et métros basé à Rouillon dans la Sarthe. "C’est une opération qui prend 25 jours", précise Vincent Couvreur, administrateur de la société Rétrofleet et responsable de la division rail et bus pour CBM. Autorisé depuis avril 2020, le rétrofit ouvre des perspectives de croissance : "Nous allons terminer 2024 avec 60 bus convertis. Et nous en avons déjà 100 dans les carnets pour 2025 et 250 en 2026", précise Vincent Couvreur. Concrètement, le moteur diesel ainsi que le réservoir du véhicule sont déposés, au profit d’un pack de trois batteries, d’une puissance totale de 190 kWh, assurant une autonomie de 150 à 200 kilomètres à véhicule pesant 19 tonnes.

Une nouvelle vie pour un car scolaire

"C’est amplement suffisant, sachant que la tournée du car pour emmener les enfants à l’école et les ramener chez eux ne fait qu’une dizaine de kilomètres", précise Laurent Mahieu. Ce qui fait figure de première dans le Grand Est se banalise à l’échelle du groupe : "Nous opérons déjà 2 900 bus à zéro émission à travers la planète, par exemple en Australie ou au Canada", rappelle le directeur de Transdev Est. En France, Transdev a lancé en Touraine le premier autocar rétrofité homologué. Le véhicule, intégré au réseau du Centre-Val de Loire, a été mis en service en septembre 2022. "L’élargissement des flottes de bus rétrofités pourra se faire en fonction de la volonté des élus, mais surtout de leurs capacités à financer les opérations", rappelle Laurent Mahieu. Ne disposant pas encore des éléments chiffrés permettant de mesurer la réduction des émissions, notamment de CO2 et de particules, il insiste sur la "nouvelle vie" donnée à ce car scolaire : "En général, les véhicules sont remisés au bout de 12 ans en moyenne. Ce car rétrofité est reparti sur les routes pour au moins 10 ans."

Meurthe-et-Moselle # Transport-logistique # Transition écologique # Innovation