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La Région Grand Est structure son réseau de mobilité pour le désaturer et le développer
Grand Est # Industries du transport # Conjoncture

La Région Grand Est structure son réseau de mobilité pour le désaturer et le développer

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Dans le Grand Est, la Région et les différents acteurs du transport poursuivront les investissements dans les prochaines années, notamment en faveur des petites lignes, des dispositifs modulaires et d’axes saturés comme le Sillon lorrain. Des opérations qui font l’objet d’arbitrages budgétaires, face à une "surface financière qui se tarit".

Les trains ne circulent plus entre Nancy et Contrexéville depuis 2016 — Photo : Jean-François Michel

Plus de 2,1 milliards d’euros d’investissements seront consacrés aux infrastructures de transport régionales sur la période allant de 2023 à 2027, d’après l’avenant du volet "Mobilités" au Contrat de plan État Région du Grand Est, signé en avril dernier par le préfet de région, Jacques Witkowski et le président de la Région Grand Est, Franck Leroy. "Il faut un système de mobilité, dont l’armature est le ferroviaire, mais aussi la route et les transports dans les réseaux urbains", lance Thibaud Philipps, vice-président de la Région Grand Est délégué aux transports et à la mobilité durable.

Présent à Nancy à l’occasion des dix ans du transport en Grand Est, ce dernier mise notamment sur les SERM (Services express régionaux métropolitains), pour améliorer l’infrastructure de transport régionale, dans les prochaines années. "Ils représentent un vrai enjeu. Nous avons des métropoles, il leur faut des interconnexions", avance-t-il. "Les mobilités sont un facteur d’attractivité : il faut prendre en compte la protection de l’environnement et la lutte contre l’ultra métropolisation", complète Valérie Debord, vice-présidente de la Région Grand Est déléguée à l’emploi, la formation, l’orientation, l’apprentissage et l’enseignement supérieur.

Poursuivre les investissements

"L’un des objectifs, c’est de redémarrer les petites lignes, qui sont primordiales", pointe Edouard Henaut, directeur général France de Transdev. Fermée en 2016, la ligne ferroviaire Nancy-Contrexéville a été concédée en juin 2024 par la Région Grand Est au groupement d’entreprises Nova 14, composé de NGE Concessions, Transdev et la Banque des Territoires. Un chantier mobilisant près de 300 collaborateurs, dans l’objectif d’attirer 500 000 voyageurs par an sur le tronçon.

La navette Draisy est développée par l’alsacien Lohr — Photo : Lohr Industrie

"Il faut aussi miser sur les dispositifs modulaires, comme les trains Draisy", poursuit Ronan Bois, directeur régional TER Grand Est. Développé et construit par le groupe alsacien Lohr, le train léger Draisy, fonctionnant grâce à des batteries électriques, est actuellement en expérimentation. Son utilisation devrait coûter 30 % de moins qu’un train classique.

Désaturer le Sillon lorrain

L’une des autres priorités de la Région et des acteurs du transport dans le Grand Est sera de désaturer le Sillon lorrain. "Plus de 100 000 transfrontaliers font le trajet vers le Luxembourg chaque jour", chiffre Ronan Bois. À cet effet, des rames supplémentaires sont ajoutées pour renforcer la flotte de train régionale, et des investissements sont engagés dans les infrastructures de maintenance. Par ailleurs, la manière d’exploiter les rails est optimisée, avec par exemple des augmentations de nombre de sièges dans les trains.

Thibaud Philipps est le vice-président de la Région Grand Est délégué aux transports et à la mobilité durable — Photo : Anabelle Filoche

Des investissements malgré une surface financière limitée

"Nous faisons face à une surface financière qui se tarit. Pour continuer notre politique financière, il faut faire des choix. Nous voulons continuer à développer le nombre de trains qui circulent. Aujourd’hui, 11 % des titres sont vendus aux guichets. Un guichet coûte 200 000 euros, ce qui équivaut au prix de deux circulations ferroviaires. Il faut faire des arbitrages budgétaires", décrit Thibaud Philipps. En janvier 2026, la SNCF prévoit en effet la fermeture de treize guichets dans la Région.

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