Reprise en 2022 par Coisne et Lambert (basé à Laval), spécialiste des tissus techniques pour vêtements professionnels et protection individuelle, la société Teintures et Apprêts Danjoux (TAD) va investir 1 million d’euros dans le remplacement de 2 de ses 21 machines de teintures.
5 % de consommation d’eau
Prévu courant 2026, cet investissement va permettre à la PME basée au Coteau (59 salariés ; 7,2 M€ de CA), près de Roanne, de répondre à la demande croissante de ses clients avec à la clé une augmentation de ses capacités de production. "Nous allons passer d’une capacité de 800 kg à 1,4 tonne en remplaçant deux machines en fin de vie", explique José Bairros, le directeur général de TAD.
Sur l’ensemble du parc machines dédiées à la teinture, TAD va augmenter au final de 5 % ses capacités de production. Une augmentation somme toute relative mais qui s’accompagne d’un impact sur la consommation d’eau de son usine de 9 000 m². "Aujourd'hui, nous consommons environ 600 m3 d’eau par jour. En investissant dans ces nouvelles machines plus performantes, et qui nécessiteront moins de bains, nous allons réduire notre consommation d’eau de l’ordre de 5 %", estime José Bairros.
Capter la pollution à l’origine pour consommer moins d’eau
Parallèlement à ce renouvellement de machines, TAD planche sur "une solution qui permettra de capter la pollution à l’origine et de réduire notre consommation d’eau de l’ordre de 20 à 25 %", confie le dirigeant. Un projet qui devrait mobiliser, là encore, un investissement de l’ordre d’un million d’euros.
Une économie en eau permise notamment par une évolution du process. "Nous avons fait des essais sur des pièces d’écrus et nous avons retiré près de 5 % d’huile. Sur une pièce de 20 kg, on a sorti un litre d’huile. Ces huiles sont problématiques pour nous, elles engendrent des hydrocarbures mais aussi l’utilisation de détergents qui ont une très mauvaise DCO (demande chimique en oxygène, quantité d'oxygène nécessaire pour oxyder les matières dans l'eau et dépolluer). Et en plus, nous sommes obligés de faire 2 ou 3 bains d’eau pour retirer cette huile avant d’attaquer la teinture", détaille José Bairros.
La Reuse, l’étape ultime
Pour aller encore plus loin dans la sobriété hydrique, rendue nécessaire par le changement de climat et les arrêtés préfectoraux, qui pourraient contraindre TAD à stopper son activité en cas de sécheresse prolongée, le dirigeant réfléchit aussi à la Reuse (réutilisation des eaux usées traitées).
"Pour aller vers cette solution il faudrait mettre a minima 3 millions d’euros sur la table. Techniquement, nous sommes en mesure de le faire car nous avons investi 1 million d’euros en 2015 dans l’installation d’un dispositif de traitement de nos rejets, qui est une première étape vers la Reuse. Cela nous a déjà permis de réduire de 50 % la charge de pollution de nos effluents et de plus de 80 % nos hydrocarbures", explique José Bairros.
Problème, outre le coût de la Reuse, fonctionner en quasi-circuit fermé, priverait la station d’épuration de la Roannaise des Eaux d’un volume conséquent d’eaux à assainir et donc de ressources financières nécessaires pour remettre à niveau un réseau de canalisations vieillissant. "C’est une réflexion globale que l’on doit avoir avec l’ensemble des acteurs", conclut José Bairros.