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La filière ovine du Grand Est se met en ordre de marche pour la montée en puissance de Mos-Laine
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La filière ovine du Grand Est se met en ordre de marche pour la montée en puissance de Mos-Laine

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Préparant son démarrage sur son premier site industriel en Moselle d’ici quelques mois, le fabricant de matériaux d’isolation en laine Mos-Laine s’assure le soutien de la filière ovine, de partenaires financiers et des collectivités. En parallèle, la SCIC travaille à faire certifier ses produits afin d’accélérer leur mise sur le marché.

Stéphane Ermann est le dirigeant de Mos-Laine — Photo : Anabelle Filoche

Département comptant l’une des plus fortes densités de moutons du Grand Est, la Moselle s’apprête à accueillir la première usine de Mos-Laine, fabricant de matériaux d’isolation en laine, dont le démarrage est prévu pour fin 2026-début 2027. Le résultat de près de dix ans de travail pour la filière ovine de la Région, qui s’est ensuite structurée sous forme d’une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) dès 2021 pour porter ce projet. "Nous sommes une vraie force économique : il faut ancrer la production de laine et sa transformation sur notre territoire", lance Stéphane Ermann, président de Mos-Laine et de la chambre d’agriculture de la Moselle et éleveur ovin.

Mos-Laine commencera la production sur son nouveau site fin 2026-début 2027 — Photo : Anabelle Filoche

Mos-Laine valorise jusqu’à 20 tonnes de laine tous les ans. Et vise les 90 tonnes lorsqu’elle sera passée à échelle industrielle, soit la transformation de la laine de 45 000 brebis chaque année. Une marche qu’elle franchit grâce à un investissement de 3,4 millions d’euros pour s’installer dans 1 800 m2 de bâtiment et 600 m2 de stockage. L’investissement a été soutenu financièrement par la Région Grand Est, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, Bpifrance et le Département de la Moselle. Si Mos-Laine (1 salarié) atteint ces volumes, elle pourrait générer près d’1,5 million d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Des éleveurs jusqu’en Champagne-Ardenne

"Nous voulions que ce soit le monde agricole qui porte ce projet, pour établir une juste rémunération des agriculteurs", poursuit le dirigeant. Fédérant 144 éleveurs, la SCIC portant ce projet a vocation à rassembler des agriculteurs de tout le Grand Est, région comptant près de 240 000 brebis, dont 45 000 en Moselle.

Mos-Laine est une SCIC réunissant 144 éleveurs — Photo : Anabelle Filoche

La laine des éleveurs du Grand Est est d’abord collectée par Mos-Laine, afin d’être triée avant d’être envoyée au lavage. Pour éviter des trajets superflus, la matière première est également collectée à partir de deux entrepôts, situés dans les Ardennes et à Sarrebourg, en Moselle. "L’idée serait d’implanter également un entrepôt dans la Marne", anticipe Stéphane Ermann.

Les collectivités se mettent en ordre de marche

En Moselle, le futur site industriel de Mos-Laine est situé sur l’ancienne cité usine du fabricant de chaussures Bata, inoccupée depuis les années 2000. "Pour nous, il y avait deux principaux enjeux : faire revivre un site avec une grande histoire et faire en sorte que cette chaîne de valeur reste chez nous. Avant, la laine était envoyée dans les pays étrangers, ce qui était désastreux. Notre attente, c’est que la production industrielle démarre le plus vite possible", avance Fabien Di Filippo, maire de Sarrebourg.

Mos-Laine prépare l’obtention d’autres Atex — Photo : Anabelle Filoche

De futures Atex en perspective

"Conserver cette production, c’est aussi protéger écologiquement notre territoire. Quand il y a de l’élevage, il y a de la prairie et il y a du stockage de carbone", complète Stéphane Ermann. "Il y a une volonté politique de soutenir cette filière. La laine a des qualités environnementales, techniques et thermiques", cite Laurent Marciniak, architecte du cabinet Atelier 22, basé à Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle. Ce dernier a déjà réhabilité thermiquement plusieurs bâtiments publics avec de la laine de mouton, dont récemment une salle communale d’Ancy-Dornot, en Moselle. "C’est plus léger, il y a une meilleure régulation hygrométrique, la laine a de bonnes qualités acoustiques et écologiques également", énumère-t-il.

Pour autant, une partie de la filière est encore freinée pour s’engager dans la rénovation thermique avec de la laine de mouton. En décembre 2025, Mos-Laine a décroché une appréciation technique d’expérimentation (Atex), synonyme d’assurabilité dans le cadre d’une décennale, quel que soit le chantier, pour son isolant à souffler sous combles en laine de mouton. Le résultat de trois ans d’études et de tests. Mais tous les produits de Mos-Laine n’ont pas encore décroché d’Atex. "Nous visons l’obtention d’autres Atex : il nous en faut une pour nos panneaux rouleaux isolants. Mais il ne faut pas oublier que c’est un budget important pour nous. La réglementation française est extrêmement dure et nous freine", avance Stéphane Ermann.

Moselle # Textile et mode # PME # Écosystème et Territoire # Investissement # RSE