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Les flocons en laine de mouton de Mos-Laine isolent un premier chantier
Moselle # Textile et mode # PME

Les flocons en laine de mouton de Mos-Laine isolent un premier chantier

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La coopérative Mos-Laine a fourni quatre tonnes de flocons de laine de mouton en vue d’isoler une salle communale à Ancy-Dornot (Moselle). Ce premier chantier résulte de l’obtention d’une appréciation technique d’expérimentation, synonyme d’assurabilité par l’entreprise mosellane fondée en 2021.

Stéphane Ermann, président de Mos-laine, mise sur la fabrication d’isolants thermiques, de paillages pour l’aménagement paysager et de feutres pour l’industrie — Photo : Philippe Bohlinger

Le premier chantier de réhabilitation thermique recourant aux flocons de laine de mouton fabriqués par Mos-Laine va démarrer ce 6 février à Ancy-Dornot, en Moselle. Au total, quatre tonnes de laine transformées par cette société coopérative d’intérêt collectif (Scic) seront insufflées par SBI Bâtiment dans les combles d’une salle communale. L’utilisation de ce matériau biosourcé, prescrit par l’architecte Laurent Marciniak (Atelier22), marque un tournant dans ce projet entrepreneurial lancé en 2021.

Après trois longues années d’attente, la Scic installée à Réchicourt-le-Château (Moselle) a en effet décroché en décembre 2025 un précieux sésame ouvrant à ses flocons de laine à souffler la possibilité d’être utilisés dans le cadre de marchés publics. Le Centre scientifique et technique du bâtiment a délivré à cet isolant thermique une appréciation technique d’expérimentation (Atex) synonyme d’assurabilité dans le cadre d’une décennale, quel que soit le chantier.

Passage à l’échelle industrielle

Pour Stéphane Ermann, éleveur ovin et président de Mos-Laine, l’enjeu consiste maintenant à passer à l’échelle industrielle afin de répondre à de futurs marchés. L’aménagement en cours dans 1 800 m² d'ateliers et 600 m² de stockage sur la friche de l’ancienne cité-usine Bataville, en partie située sur la commune de Réchicourt-le-Château, va permettre de développer la production. "Ce projet essentiel pour notre avenir a failli capoter après qu’un des trois établissements de notre pool bancaire nous a lâchés en août 2025", rappelle Stéphane Ermann. Mais Mos-Laine est finalement parvenu à réunir la totalité des fonds indispensables à son projet, à savoir 3,4 millions d’euros dont 1,7 million d’euros versés en subventions par la Région Grand Est, la banque publique Bpifrance, le Département de Moselle et l’agence de l’eau Rhin-Meuse.

La coopérative Mos-Laine a collecté 20 tonnes de laine brute en 2025 — Photo : PNR de Lorraine

Lignes de production de feutre de paillage et de feutre haut de gamme

Ce début d’année, Mos-Laine a commencé à prendre ses quartiers dans le bâtiment de production réhabilité par la communauté de communes de Sarrebourg Moselle sud avec l’aide de l’Établissement public foncier du Grand Est (EPFGE). Outre une ligne de fabrication de laine à souffler, y seront installées une ligne de feutre de paillage, ainsi qu’une ligne de feutre haut-de-gamme. La première permettra de répondre aux besoins des pépiniéristes et paysagistes en quête d’un feutre qui se dégrade naturellement. La seconde vise à répondre à la demande des industriels de l’aéronautique et de l’automobile en barrière acoustique ainsi qu’à celle des professionnels de l’habillement (béret, veste, etc.).

"La fabrication de feutre haut de gamme constituera à terme le socle de l’activité de Mos-Laine. Les usines allemandes ont jusqu’à 55 semaines de délai pour ce type de produit ! Mais, il nous reste à conquérir ces marchés. C’est pourquoi nous venons de recruter une directrice commerciale, en la personne de Valérie Lagoda", détaille Stéphane Ermann.

Objectif de 90 tonnes de laine transformées par an

L’entreprise, qui ne compte qu’un salarié pour l’instant, espère traiter 90 tonnes de laine de mouton par an en vitesse de croisière, des volumes qui pourraient mobiliser 7 salariés et générer un total de 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires annuel. En 2025, les 140 éleveurs ovins du Grand Est associés au sein de la Scic ont réalisé un chiffre d’affaires de 150 000 euros. Ils ont collecté 20 tonnes de laine dans la région : une partie a été envoyée dans le Nord chez Union textile de Tourcoing pour revenir sous forme de fil (800 kg), le reste de la matière première a rallié l’est de la Belgique pour y être lavé et traité, puis transformé en panneaux isolants semi-rigides pour le bâtiment.

"Nous ne pouvons pas produire ce type de panneaux semi-rigide à Bataville, car c’est un process coûteux qui nécessite une étape de cuisson. En revanche, nous envisageons de fabriquer, en complément des flocons de laine, des rouleaux d’isolants non thermo-liés", précise le président de Mos-Laine. La procédure d’Atex pourrait être plus rapide pour ce produit, une partie des tests (tassement, résistance au feu, etc.) ayant déjà été réalisés.

Moselle # Textile et mode # BTP # PME # Investissement industriel