Morbihan
BCF Life Sciences investit 65 millions d'euros pour doubler sa production
Morbihan # Agroalimentaire # Investissement

BCF Life Sciences investit 65 millions d'euros pour doubler sa production

S'abonner

Désormais composante du groupe portugais Sonae Sparkfood, BCF Life Sciences va mettre en place un important programme d'investissements. 65 millions d'euros seront injectés pour doubler ses capacités industrielles, poursuivre son essor à l'international et atteindre les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici cinq ans.

Yannick Riou est le nouveau directeur général de BCF Life Sciences. Il succède à Renaud Sergheraert à la direction de la PME que préside Jacques Pidoux. — Photo : Ségolène Mahias

BCF Life Sciences écrit une nouvelle page de son histoire. Cet hyperspécialiste de l’extraction d’acides aminés à partir de plumes de volailles a rejoint le groupe portugais Sonae (48 000 salariés et 9 Md€ de CA). Cette acquisition, qui a eu lieu en juillet, se fait au profit de Sparkfood, une filiale de Sonae. Sparkfood est un fournisseur international d’ingrédients pour différentes industries. La transaction s’est conclue pour un montant de 175 millions d’euros. Si Sonae détient désormais 89 % du capital, 11 % restent dans les mains des dirigeants et des salariés actionnaires de BCF Life Sciences.

Aux côtés de Jacques Pidoux, président de BCF Life Sciences, Yannick Riou succède à Renaud Sergheraert dans les fonctions de directeur général. Passé par Diana Food, Diana PetFood, Yannick Riou apportera son expertise dans ses secteurs d’activité mais aussi sur le volet international où il dispose d’une solide expérience.

Une troisième usine sur site

L’acquisition par Sonae permet surtout un important plan d’investissements de 65 millions d’euros que détaille Jacques Pidoux, président de BCF Life Sciences. "Nous allons doubler la capacité industrielle de l’entreprise. Pour cela, nous allons construire BCF 3. Il s’agira de notre troisième usine sur site." Ce projet industriel prendra forme à l’horizon 2027 - 2028 et sera financé, à hauteur de 50 %, par l’enveloppe d’investissements annoncés. "Tout cela a été projeté avant le rachat. Sonae est à nos côtés dans le cadre de cette ambition. BCF 3 répond à une demande forte du marché. Nous entendons y répondre. Cela sécurise aussi nos clients en offrant une nouvelle capacité industrielle", précise Jacques Pidoux. Une quarantaine d’emplois supplémentaires seront créés dans ce cadre.

100 millions d’euros de chiffre d’affaires

Ce nouveau site de production répond à l’essor de BCF Life Sciences. L’entreprise de 220 salariés a réalisé 53,5 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2023 contre 50 millions sur l’exercice précédent. La PME a recruté 140 nouveaux salariés depuis sa reprise, en 2009 par Jacques Pidoux, Renaud Sergheraert, co-dirigeant jusqu’au mois d’octobre et la famille Lagarde. Dans le même temps, le chiffre d’affaires a été multiplié par trois. Désormais, elle ambitionne de devenir une ETI et d’atteindre les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans.

Car, outre ses investissements capacitaires, BCF Life Sciences poursuit son développement commercial notamment dans le secteur des biostimulants. L’entreprise est présente sur différents marchés : la nutrition et la santé humaine (pharmaceutique, compléments alimentaires ainsi que la nutrition infantile et médicale), la nutrition animale (féline et canine) et végétale avec notamment les biostimulants pour une agriculture durable et dans le domaine de l’aquaculture.

"Nous réalisons 65 % de nos ventes à l’export. Nous avons mis en place une organisation avec des équipes en proximité", détaille le dirigeant. La PME dispose ainsi de bureaux commerciaux en Asie et aux États-Unis.

6,1 millions d'euros investis pour sa sobriété hydrique

En plus de muscler son outil de production, la société est très fortement engagée dans la mise en place d’une trajectoire énergétique à l’horizon 2027. Plus précisément, BCF Life Sciences va réduire ses consommations énergétiques. Parmi les premiers sujets abordés figure une action majeure en termes de sobriété hydrique et de la réutilisation des eaux usées traitées. Pour ce faire, elle a investi 6,1 millions d’euros, financés à hauteur de 44 % par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, dans un équipement innovant, comprenant une station de traitement des effluents et de production d’eau recyclée. Cette installation a été réalisée et est coexploitée avec l’entreprise Ovive, la PME nordiste spécialisée dans le traitement des effluents.

Le processus industriel retenu repose sur l’utilisation d’eau prélevée dans les nappes phréatiques et permet de rejeter quotidiennement 600 m³ d'effluents traités via la station d’épuration de Pleucadeuc. Grâce à cette nouvelle installation, BCF Life Sciences prévoit de réduire ses prélèvements d’eau dans le milieu naturel de 25 %, tout en visant un réemploi annuel de 80 000 m³ d'eau. "C’est un choix engagé mais aussi d’avenir. La situation hydrique se complique, même en Bretagne. Nous sommes allés au-delà des normes avec l’idée de maximiser cette ressource", témoigne Jacques Pidoux.

La PME va poursuivre sa réduction de consommation d’énergies : d’ici 2027, elle entend baisser de 30 % ses consommations de gaz et d’électricité, par rapport à 2021.

Morbihan # Agroalimentaire # Santé # Chimie # Investissement # Investissement industriel # Capital # Made in France # RSE