Réseau de chaleur, éolien flottant, campus universitaire : les grands projets marquant de 2025 en Bretagne
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Réseau de chaleur, éolien flottant, campus universitaire : les grands projets marquant de 2025 en Bretagne

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La Bretagne continue d’investir pour son avenir. En 2025, de nombreux projets seront lancés ou verront le jour pour construire un futur toujours plus innovant et, surtout, toujours plus durable. Retrouvez ici les principaux investissements à suivre de près ces prochains mois, du côté des entreprises, des territoires, mais aussi des écoles qui forment les acteurs économiques de demain.

Les parties prenantes du projet d’autoconsommation solaire de Denis Matériaux. Au centre du canapé, Renan Denis, PDG de Denis Matériaux — Photo : Rivacom

Denis Matériaux met 9 millions d’euros dans l’énergie décarbonée

Le groupe bretillien Denis Matériaux (576 salariés, 183 M€ de CA), distributeur et fabricant de matériaux de construction, va s’équiper de 14 centrales photovoltaïques sur ses différents sites. Un investissement de 9 millions d’euros pour des mises en service étalées jusqu’à l’été 2025. Denis Matériaux a fait appel pour cela au groupe rennais Nexhos, qui conçoit les centrales, les installe et les exploite ensuite. Son investissement comporte également des travaux de rénovation énergétique et de réhabilitation de toiture. Les centrales en autoconsommation remplaceront l’usage du gaz et produiront à terme 4 000 MWh par an. De quoi couvrir les activités du groupe : fours et étuves industrielles, éclairage, chauffage, mobilités.

156 millions d’euros investis pour créer à Rennes le plus grand réseau de chaleur du Grand Ouest

Rennes Métropole a signé en septembre 2024 un contrat avec Engie Solutions pour créer une société dédiée au contrat de délégation de service public du réseau de chaleur Rennes Sud. Ce contrat de 13 ans va permettre le développement de 32 km de réseaux supplémentaires sur le territoire (46 km existent déjà). Les premiers travaux préparatoires démarreront en 2025. À terme, Rennes Métropole disposera de la plus grande infrastructure énergétique décarbonée du Grand Ouest. 16 000 logements supplémentaires seront reliés à ce réseau de chaleur 100 % renouvelable alimenté par de la biomasse (plaquette forestière, bois bocager, bois de fin de vie, etc.), du biométhane produit en France et la récupération de chaleur fatale. Afin de développer ces infrastructures (réseaux, chaufferies complémentaires…), qui demandent cinq ans de travaux, un investissement de 156 millions d’euros est nécessaire.

Pennavel va investir près de 1 milliard d’euros pour lancer l’éolien flottant au large de Groix

Désigné en mai 2024 lauréat de l’AO5 pour l’installation d’un parc éolien flottant au large de Groix et de Belle-Ile (Morbihan), le projet Pennavel anticipe la construction et la mise en service d’ici 2031 de douze à treize turbines d’une puissance unitaire d’environ 20 MW pour un investissement estimé entre 800 millions et 1 milliard d’euros. Constituée dans le cadre du consortium composé du belge Elicio et de l’allemand BayWa r.e., la société Pennavel a procédé à ses premiers recrutements et devrait à terme compter une trentaine de collaborateurs. Dans le prolongement de la mise en concurrence lancée par la Commission de régulation de l’énergie en juillet 2024, elle espère aussi remporter un deuxième appel d’offres (AO7) pour une extension du parc à une puissance installée supplémentaire de 500 MW. De quoi envisager les perspectives de développement de Pennavel.

Technature investit 10 millions d’euros pour doubler ses capacités de production

Après avoir récemment investi près de 9 millions d’euros dans ses sites de Dirinon et du Relecq-Kerhuon (Finistère), le façonnier cosmétique finistérien Technature (175 salariés, 23,5 millions d’euros de chiffre d’affaires) poursuit son expansion. En plein essor, il prévoit d’investir 10 millions d’euros supplémentaires dans un nouveau site de production à Brest qui devrait employer entre 60 et 80 salariés d’ici l’été 2025.

Pierre Morvan a repris l’entreprise Technature en 2010 — Photo : Jean-Marc Le Droff

BCF Life Sciences va mobiliser 65 millions d’euros sur le site de Pleucadeuc

Passé dans le giron du groupe portugais Sonae (48 000 salariés et 9 Md€ de CA), le morbihannais BCF Life Sciences (220 salariés, 53,5 M€ de CA en 2023) va décliner un important programme d’investissements. Une enveloppe de 65 millions d’euros va être consacrée à la montée en puissance de ce spécialiste de l’extraction d’acides aminés à partir de plumes de volailles. En amont de cet investissement, BCF Life Sciences a organisé sa sobriété hydrique. L’industriel vient de construire une station de traitement d’effluents et de réutilisation des eaux usées traitées (Reuse).

La Cooperl construit son nouveau siège social

La construction a débuté au printemps 2024 et devrait durer deux ans : la coopérative agricole et agroalimentaire Cooperl (2,92 Md€ de CA en 2023, 7 400 salariés) va se doter d’un nouveau siège social. Situé à Lamballe-Armor (Côtes-d’Armor), comme l’ancien, le nouveau bâtiment se révèle à la hauteur de l’entreprise costarmoricaine : 6 900 m², sur quatre niveaux, au sein d’une parcelle de 18 000 m², il pourra accueillir 350 postes de travail. Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué.

Domaine des Ormes : 7 millions d’euros pour un nouveau cœur de domaine en 2026

À Epiniac (Ille-et-Vilaine), le site de loisirs et tourisme Le Domaine des Ormes (151 salariés, 19,7 M€ de CA en 2023) investit 7 millions d’euros dans un nouveau bâtiment qui ouvrira aux visiteurs en 2025. Ce nouveau projet d’envergure pour la famille de La Chesnais, propriétaire du site de 200 ha et qui propose 4 000 places d’hébergement, est situé au centre du domaine. Sur 600 m², il disposera d’un restaurant, d’un bar avec terrasse, d’une épicerie, d’une boutique de souvenirs et produits locaux et d’une boulangerie-pâtisserie-sandwicherie. Une autre salle de 500 m² modulable avec "rooftop" sera dédiée aux événements d’entreprises ou à des spectacles.

Squiban engage 10 millions d’euros dans une nouvelle usine

Après avoir fait entrer Unigrains à son capital, le groupe finistérien Squiban (320 salariés, 70 M€ de CA), spécialisé dans l’installation de serres, la gestion de l’énergie et le génie climatique, va investir 10 millions d’euros dans une nouvelle usine de production de postes haute tension à Bédée, en Ille-et-Vilaine. La nouvelle unité, qui viendra compléter celle de Plescop, devrait être opérationnelle pour la fin 2025. En parallèle, Squiban investit 3,5 millions d’euros dans la construction d’un nouveau siège social qui devrait sortir de terre à la même période.

Serre de tomates équipée par l’entreprise finistérienne Squiban — Photo : Squiban

Un campus universitaire sort de terre à Lannion

C’est un projet au long cours puisqu’il devrait se terminer dans plusieurs années. Mais le campus universitaire va voir le jour à Lannion (Côtes-d’Armor). En face de l’IUT de Lannion, qui dépend de l’université de Rennes et qui forme environ 1 000 étudiants chaque année, vont se greffer différentes offres de formation, sur une requalification d’une zone occupée précédemment par Orange. L’Enssat (École Nationale Supérieure des Sciences Appliquées et de Technologie) de Lannion devrait en faire partie.

Delta Dore : 2 500 m² supplémentaires en 2027

Delta Dore (820 salariés, 180 M€ de CA), entreprise bretillienne experte des équipements pour la maison connectée, va investir 5 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle usine pour compléter son outil actuel à Bonnemain. Objectif : répondre à l’équipement des foyers français en thermostat connecté, qui sera obligatoire en 2027. Ces 2 500 m² supplémentaires vont s’ajouter aux 5 000 m² actuellement dédiés à la production. Leur construction doit démarrer début 2026.

Le Cnam Bretagne va ouvrir une école d’ingénieurs à Ploufragan

L’Institut Boussingault, école qui forme la filière alimentaire de Bac + 1 à Bac + 8, va ouvrir ses portes à la rentrée 2026. La construction a commencé en 2024, près du Cnam, dont l’institut est une émanation, à Ploufragan (Côtes-d’Armor). "L’Institut s’appuiera sur un lien fort avec les milieux professionnels (Groupe Lactalis, Groupe Le Graët, association bretonne des industries agroalimentaires, Rob’Agri) et sur des partenaires de l’innovation tels que l’Anses, le Centre de ressources technologiques Innozh et la Cité des métiers des Côtes-d’Armor", communique le Cnam.

L’IMT Atlantique investit 13 millions d’euros pour loger ses étudiants

L’IMT Atlantique, grande école d’ingénieurs généralistes et centre de recherche, investit massivement pour loger ses étudiants. Près de 13 millions d’euros sont ainsi mobilisés à Brest, pour moderniser plus de 500 chambres réparties dans six bâtiments, et construire 80 logements neufs d’ici 2026.

Linfini va ouvrir une filature de lin dans le Finistère

Linfini, entreprise finistérienne qui veut transformer du lin breton, a reçu des subventions de l’État à hauteur de 2,2 millions d’euros. De quoi booster la société, en cours d’acquisition d’une friche de 4 500 m² dans le Pays de Morlaix (Finistère) pour y créer une filature. L’investissement immobilier et industriel s’élève à 6,5 millions d’euros. La livraison est prévue fin 2025. Au total, la société devrait investir 13 millions d’euros.

Tim Muller (à gauche), DG adjoint de Linfini, et Xavier Denis, PDG, annoncent le lancement de leur filature de lin fin 2025 à Pleyber-Christ dans le Finistère — Photo : Matthieu Leman

Redon : revitalisation d’un ancien site Stef pour 5 millions d’euros

À Redon (Ille-et-Vilaine), le projet Confluences 2030 vise à réinventer la ville et ses quartiers portuaires. Dans le cadre du ZAN, un projet d’aménagement de 14 000 m² émerge sur l’ancienne friche industrielle Stef (entreprise de transport et de logistique frigorifique, fermée en 2009). Pour revitaliser la zone, 5 millions d’euros sont prévus, dont 1,5 million apporté par l’État dans le cadre du Fonds vert. La friche accueillera à terme des logements, des activités tertiaires et de grands équipements (médiathèque, piscine, formation…). Le premier aménagement qui doit y être livré, en 2026, est celui du Campus ESPRIT Industries, pensé pour 700 étudiants.

30 millions d’euros pour l’usine 5.0 de FenêtréA

30 millions d’euros d’investissements sont mis sur la table par FenêtréA (600 salariés et 85 M€ de CA) à Beignon (Morbihan). Le menuisier industriel fait construire 11 000 m² pour sa nouvelle usine. "Ce sera l’usine de fenêtres la plus automatisée d’Europe, une usine 5.0", indique Dominique Lamballe, son PDG. L’objectif est multiple : fabriquer des fenêtres très innovantes. "Ce seront les fenêtres de demain que nous imaginons d’ores et déjà", glisse le dirigeant. La volonté est aussi de répondre à une demande croissante et à l’essor du marché de la rénovation, qui représente 75 % de l’activité de FenêtréA.

Dominique Lamballe, PDG de FenêtréA — Photo : Ségolène Mahias

See You Sun : 600 millions d’euros pour de nouvelles centrales solaires

À Rennes, le développeur, constructeur et exploitant d’ombrières solaires See You Sun (70 salariés, 50 M€ de CA en 2023) a levé 46 millions d’euros en 2024. Son objectif : massifier l’installation de ses centrales sur tout le territoire national. Alors qu’elle a déjà implanté 800 équipements, la PME familiale vise les 6 000 centrales d’ici à cinq ans, en œuvrant pour l’autoconsommation. Un programme qui va nécessiter 600 millions d’euros d’investissement. Pour atteindre cet objectif, See You Sun ouvre des agences locales, embauchant entre une et dix personnes par région.

16 millions d’euros investis pour le futur campus cyber

Vannes conforte sa place de troisième pôle universitaire breton après Rennes et Brest. À la rentrée 2025, la ville disposera d’un vaste campus dédié aux sciences des données et à la cybersécurité. Ce projet est ambitieux dans ses contours et dans son financement qui atteint 16 millions d’euros hors taxes. Établi sur 4 500 m², le lieu doit accueillir 1 000 étudiants, majoritairement des alternants, à la rentrée 2025. Ils disposeront de 30 salles de travaux dirigés, de deux amphithéâtres dont un sera accessible pour des événements d’entreprise, diverses manifestations, etc.

Le futur campus cyber et datasciences prendra place au cœur de l’écosystème numérique de Vannes — Photo : GMVA

Heuliad mise sur les plastiques recyclés avec son usine morbihannaise

L’usine d’Heuliad sera opérationnelle, début 2025, dans le Morbihan, à Elven, sur la zone du Gohelis. 13 millions d’euros sont investis par Silvadec (Morbihan) et Acteco Recycling (Loire-Atlantique). Pour le leader européen de l’aménagement extérieur en bois composite et l’acteur de la gestion globale de déchets, la volonté était de mettre sur pied une nouvelle filière recyclage. Silvadec utilisera une bonne partie des volumes produits sur ce site industriel de 20 000 m². Une dizaine d’emplois vont être créés au sein de cette usine.

Rehlko investit 15 millions d’euros de plus dans son usine de Brest

Le site de production brestois de Rehlko, (ex-Kohler Energy ; 9 000 salariés, 3 Md€ de CA), vient de bénéficier d’un ambitieux plan d’investissement de 15 millions d’euros sur les trois dernières années, pour augmenter ses capacités de production, de stockage et de transport. De quoi porter la surface couverte de son usine de production de groupes électrogènes à 42 800 m². Et les investissements ne s’arrêtent pas là, puisque Rehlko prévoit d’investir 15 millions d’euros supplémentaires dans les trois années à venir pour augmenter ses capacités de production de groupes de forte puissance.

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