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Éolien en mer : un plan ambitieux se dessine au-delà des parcs d'Oléron au large de la Nouvelle-Aquitaine
Nouvelle-Aquitaine # Eolien # Aménagement du territoire

Éolien en mer : un plan ambitieux se dessine au-delà des parcs d'Oléron au large de la Nouvelle-Aquitaine

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Les acteurs économiques de l'éolien en mer et la Région Nouvelle-Aquitaine ont présenté un plan d'action ce 14 avril pour développer la filière. Alors que les premiers lauréats des parcs d'Oléron devraient être connus mi-2025, trois autres projets sont envisagés au large de la façade sud Atlantique.

Cinq parcs sont envisagés au large de la façade Sud-Atlantique (dont les deux d'Oléron) pour produire 7 GW d'ici 2050. "C'est 340 éoliennes en posé ou flottant", estime Sandrine Gourlet, présidente du directoire du port de La Rochelle — Photo : Elicio

D'ici 2050, les éoliennes envisagées au large de la façade Atlantique de Nouvelle-Aquitaine devraient produire 7 GW, soit l'équivalent de la consommation en électricité de 10,5 millions de personnes. "C'est loin d'être négligeable", commente le préfet Etienne Guyot, rappelant l'objectif national de 45 GW à cet horizon.

Cinq parcs au large d'ici 2050

Selon une carte établie en février par le ministère de la Transition écologique, cinq parcs sont envisagés au large de la façade sud Atlantique. Pour rappel, Oléron 1 (appel d'offres 7) et 2 (AO9) comprendront chacun entre 40 et 72 éoliennes pour une production de 1 GW chacun. Le premier, sur 180 km2 en éolien posé en grande profondeur et à 39 km des côtes, doit être mis en service en 2032 et raccordé par RTE à la Charente-Maritime. Le second, sur 250 km2 en posé ou flottant à plus de 40 km de la côte et attendu pour 2034, sera raccordé à la liaison électrique Gironde-Loire-Atlantique (Gila). Les lauréats des marchés, pour lesquels neuf entreprises se sont positionnées, devraient — enfin — être connus mi-2025 et début 2026.

Eolien en mer : zones prioritaires de développement retenues au large de la façade Sud-Atlantique — Photo : Dreal

En 2035, le parc Golf de Gascogne sud (AO10) s'étendrait sur 250 km2 pour produire 1,2 GW, tout comme Golf de Gascogne nord (AO11) prévu pour 2040. "L'AO10 sera engagé à partir de 2026 avec un candidat désigné fin 2026", précise Jonathan Lemeunier, directeur de projet éolien en mer de la Dreal Nouvelle-Aquitaine. Le plus lointain (2050), Golf de Gascogne ouest, sur 838 km2, n'a pas encore de puissance définie et "fera l'objet de concertations supplémentaires dans les dix années à venir".

Des retombées économiques colossales

Une étude portée par le Grand Port maritime de La Rochelle, Innosea 2025, estime à 2,2 milliards d'euros la valeur ajoutée captée en région sur 15 ans issue des quatre premiers parcs. Les prévisions d'emploi chiffrent à 1 700 temps plein les postes créés d'ici 2040. 165 entreprises ont déjà été identifiées sur l'ensemble de la chaîne de valeur de l'éolien sur le territoire régional, et 53 ont déjà travaillé sur ce marché.

Répartition des tâches dans les quatre ports

Parmi les acteurs clés, les quatre ports de commerce néoaquitains (Bordeaux, La Rochelle, Bayonne, Rochefort) ont déposé un projet conjoint en janvier répondant à l'appel d'offres France 2030 de l'Ademe et doté de 183 millions d'euros pour adapter les infrastructures. L'attribution est attendue à l'automne.

200 millions d'euros

"Un certain nombre de travaux ont déjà été réalisés et toutes les autorisations administratives sont obtenues pour les poursuivre", affirme Sandrine Gourlet, présidente du directoire du port de La Rochelle. Le projet prévoit que Bayonne soit dévolu à la production et l'exportation des éléments en acier pour les composants, notamment les flotteurs ; Bordeaux permettrait l'assemblage des flotteurs et leur mise à l'eau au Verdon ; La Rochelle assurerait l'intégration des éoliennes sur flotteurs, le stockage des mâts, pales et turbines, et la maintenance des parcs (sachant que l'infrastructure a déjà été mobilisée pour les parcs de Yeu-Noirmoutier et Saint-Nazaire) ; Rochefort se propose de stocker et expédier les ancres et chaînes. "En tout c'est 200 millions d'euros d'investissement", résume Sandrine Gourlet.

L'enjeu pour la région

La France est en retard sur l'éolien en mer, la Nouvelle-Aquitaine plus encore, en dépit de ses 720 km de littoral. Mais "2025 sera l'année de la montée en puissance de la filière des énergies marines renouvelables" promet la Région, qui entend bien peser pour que des entreprises locales œuvrent à la construction, à la maintenance, à la déconstruction et au transport de ces colosses.

"On a tout intérêt à se retrousser les manches pour construire toute une chaîne de valeur depuis les universités."

"On a tout intérêt à se retrousser les manches pour construire toute une chaîne de valeur depuis les universités", analyse Alain Rousset. Le président de Région, vantant les multiples atouts du territoire, a souligné notamment "la puissance de feu autour des matériaux composites" grâce aux acteurs de l'aéronautique, le rôle que pourrait jouer le dirigeable de Flying Whales dans le transport, le projet Capémar — campus professionnel des énergies marines renouvelables — lauréat France 2030 porté par l'université de La Rochelle, qui doit structurer les formations à horizon 2030.

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