Le 17 février 2025, la première pierre de la nouvelle usine de production de pales d’éoliennes offshore de Siemens-Gamesa a été posée au Havre. Un signal fort pour le secteur, qui demande cependant la création d’un consortium européen pour mieux encadrer et protéger la filière.
L’éolien offshore pâtit d’un manque de visibilité après 2027
En 2025, la France dispose trois parcs éoliens offshore en activité et de trois autres en construction. Le gouvernement s’est fixé un objectif de 50 parcs en service avec une capacité de production de 45 GW en 2050. Un cap ambitieux pour lequel l’alliance France Offshore Renewables demande plus que des paroles.
Derrière cette alliance, six clusters régionaux : Normandie Maritime, Bretagne Ocean Power, Neopolia, Aquitaine Blue Energies, Wind’Occ et SudEole. "Nous avons reçu des messages encourageants, mais nous souhaitons que les choses aillent plus vite, et avoir de la visibilité, car les plans de charge s’arrêtent à 2027", souligne Delphine Lefrançois, déléguée générale chez Normandie Maritime.
Des "retards accumulés par l’État" qui fragilisent la production
Une préoccupation, alors que des signaux mettent en doute sur "la capacité de production industrielle française à long terme", évoque France Offshore Renewables dans son communiqué. La filière prend pour exemple l’avenir incertain de l’usine GE Vernova à Montoir-de-Bretagne, qui a déjà perdu un tiers de ses effectifs fin 2024, et dont le carnet de commandes est complètement vide après 2027. Un cas qui pourrait se répéter au vu des "retards accumulés par l’État dans la planification de l’éolien en mer", relève l’alliance des clusters.
Face à la concurrence, l’éolien en mer attend des mesures protectionnistes
La principale difficulté pour l’éolien en mer français reste toutefois la concurrence internationale. "Dans le contexte géopolitique actuel, nous faisons face à la concurrence déloyale sur les marchés, de la part des Chinois, très subventionnés, et des États-Unis", souligne Delphine Lefrançois. D’où l’importance de "mettre en place des règles protectionnistes dans les appels d’offres". Des règles "pour pouvoir faire vivre la chaîne de valeur française, mais plus largement européenne", insiste la déléguée générale de Normandie Maritime, alors que France Offshore Renewables a déjà commencé à échanger avec d’autres acteurs européens.
Le prix du MWh doit également "permettre de rémunérer l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, des emplois créés, des investissements industrialo-portuaires réalisés et de l’innovation développée, tout en restant compétitif pour les consommateurs", rappelle la filière. Autant de garanties nécessaires à l’éolien en mer pour envisager l’avenir de manière pérenne.