Née en 2016 à Grenoble, Collaborative Energy (5 salariés, CA non communiqué), qui a développé des éoliennes de 12 mètres de haut (contre 120 mètres en moyenne pour les éoliennes standards) à axe vertical couplées à de la production d’énergie solaire, pour une production d’énergie 24 h/24, a transféré son siège social à Guingamp (Côtes-d’Armor) en décembre 2025.
Cette implantation bretonne s’explique par plusieurs raisons. La première est la localisation de la fabrication des éoliennes de l’entreprise, qui implique des acteurs morbihannais, bretilliens et costarmoricains. Les pâles sont produites chez SMM Composites, à Lorient, tandis que la partie électronique l’est chez Ovalt, sur ses sites de Rennes et Lamballe-Armor (Côtes-d’Armor), et que le support vissé qui remplace le béton pour fixer les éoliennes dans le sol est fabriqué chez Titan Préfa, à Plouisy (Côtes-d’Armor).
Un premier projet à échelle réduite dans les Côtes-d’Armor
La seconde raison est le développement d’un "projet à échelle réduite" sur le territoire de Guingamp Paimpol Communauté (Côtes-d’Armor). "Ce sera le premier projet qui intégrera des turbines produites en série", explique Christophe Lévêque, co-fondateur et président de l’entreprise qui construit parallèlement un site pilote en Région Sud alliant éolien, solaire et hydroélectricité et qui regroupe les bâtiments publics de deux communes rurales, un viticulteur, une coopérative agricole et 100 appartements. Pour un taux d’autoconsommation totale prévu de plus de 80 %. Les clients visés de la TPE sont des professionnels de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de l’industrie mais aussi des collectivités territoriales.
Un projet pour des acteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire
Le projet breton, dont la construction devrait débuter à la fin de l’année 2026 pour une mise en service courant 2027, alimentera des acteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire, dont un serriste. "Ce sont de gros consommateurs d’énergie, l’équivalent de 2 000 foyers par an au total, reprend le chef d’entreprise. Dix éoliennes couplées à un hectare d’installation solaire seront installées dans un premier temps, ce qui permettra d’assurer 20 % de leurs consommations. À terme, 40 autres éoliennes pourraient être ajoutées, pour assurer 50 % de leurs consommations." Le projet s’élève à un peu moins d’un million d’euros.
Vers une levée de fonds de plusieurs millions d’euros
Pour développer ses ventes d’éoliennes (un deuxième projet est en cours de discussion en Bretagne), Collaborative Energy, qui a intégré en 2025 le Village by CA Côtes-d’Armor, mène une deuxième levée de fonds. Après celle de 2024 qui lui a permis de récolter 1,8 million d’euros, notamment auprès de Bpifrance mais aussi de particuliers, invités à participer via la plateforme Enerfip. Cette levée de fonds en capital développement, dont le montant pourrait s’élever à "plusieurs millions d’euros", selon Christophe Lévêque, permettra de développer la supply chain en Bretagne et développer de nouveaux projets d’installations d’éoliennes.
Une génération d’éoliennes "souveraines et citoyennes"
Ses machines veulent prendre une part du gâteau "gigantesque" d’un éolien de plus petit format que le "grand éolien", et plus local. "C’est de la production d’électricité verte, en cycle court, qui respecte la biodiversité et les ressources naturelles, et n’utilise plus de béton ; elle est citoyenne car elle est à taille humaine, ses coûts sont comparables au solaire et les projets peuvent inclure des communes, comme dans le projet pilote où il y en a deux ; Et elle est souveraine, car les machines sont fabriquées à 100 % en France", résume l’entrepreneur.
Collaborative Energy fournit les machines mais son rôle ne s’arrête pas là. L’entreprise costarmoricaine propose des projets clés en main qui incluent les études technico-économiques et les autorisations administratives, évidemment déterminantes.
"Nous sommes très satisfaits d’être en Bretagne car en plus du vent, les élus ont volonté de développer les énergies vertes et leurs filières industrielles", assure Christophe Lévêque.
La TPE est aussi en train de travailler avec la profession sur des évolutions de la réglementation des CPPA (Corporate Power Purchase Agreements), qui sont des marchés de gré à gré entre producteur d’énergie et consommateurs, souvent des entreprises.